‹ Les dernières persécutions du troisème siècle (Gallus, Valérien, Aurélien) (volume 2)Chapitre 38 sur 63 · LE CULTE DE 1)L\NE ET LES MARTYRS D'ASIE · texte numérisé non relu

LE CULTE DE 1)L\NE ET LES MARTYRS D'ASIE

condition es-tu? — Né libre, mais esclave du Christ. — Quelle est ta profession? — Homme du peuple, vivant de mon négoce. — Tu es chrétien? — Oui, quoique pécheur. — N"as-tu pas connu les décrets récemment portés par les invincibles empereurs (1 ? — Quels décrets? — Ceux qui ordonnent à tous les chrétiens d'abandonner leur frivole superstition, de reconnaître le vrai prince à qui tout qst soumis, et d'adorer ses dieux (2). — J'ai connu l'ordonnance impie portée par le roi de ce siècle, c'est pourquoi je me suis livré. — Sacrifie donc aux dieux. — Je ne sacrifie qu'à un seul Dieu, à qui je suis heureux d'avoir sacrifié dès l'enfance. — Sacrifie, afin d'être sauvé; si tu refuses, je te ferai périr dans les tourments. — C'est là ce que j'ai toujours désiré : c'est pourquoi je me suis livré, afin d'échanger cette vie misérable et courte contre la vie éternelle. » Le proconsul le fit i)attre de verges, et rendit ensuite la sentence suivante : « Puisque Maxime a refusé d'obéir aux lois et de sacrifier à la grande Diane, la di^^ne clémence a ordonné qu'il serait lapidé, afin de servir d'exemple aux autres chrétiens. » On conduisit le martyr hors de la ville, et on exécuta la sentence. Ce genre de mort n'était pas celui que désignaient ordinairement les magistrats romains; mais

(1) Dèce s'élail associé dès 250 son tils aine avec le litre de César.

(2) Ut omnes christiani, relicta superflua superstitione, cosnoscanl veruia principem cui oinnia subjacent, et ejus deos adorent. Acta S. Maximi, dans Ruinart, p. ti't. Cette phrase caractérise bien l'idée toute politique de la persécution de Déce.

les lois leur laissaient une grande latitude dans le choix des supplices. Probablement la lapidation fut ordonnée ici afin de contenter la foule des fanatiques adorateurs de Diane, qui souffraient impatiemment les outrages à son culte (1) : le rapprochement avec d'autres Actes du même temps et de la même région permet de supposer que des serviteurs zélés delà déesse s'offrirent d'eux-mêmes à remplacer les bourreaux.

Lors du passage du proconsul à Lampsaque, un chrétien nommé Pierre lui fut présenté. Invité à sacrifier à Vénus, Pierre s'y refusa. Étendu sur la roue, il persistait dans son refus : le proconsul lui fit trancher la tête (2). De Lampsaque, Optimus se préparait à partir pour Troas (3). Dans cette ville, où saint Paul fonda une chrétienté et ressuscita un mort (4), les fidèles étaient nombreux. Mais le départ du proconsul fut retardé par une démarche des autorités municipales de Lampsaque, qui lui amenèrent trois chrétiens, André, Paul et Nicomaque. On les mita la torture. Nicomaque, qui avait paru le plus ardent, faiblit tout à coup, quand il lui restait à peine un souffle de vie. « Je suis prêt à sacrifier aux dieux, » s'écria-t-il d'une voix mourante. Presque aussitôt après le sacrifice il expira, se roulant dans les convulsions du désespoir, déchirant

(1) Actus apostolorum, xix, 23.

(2) ActaSS. martyrum Pétri, Andrae, Pauli. et DionysUv virginis, 1, dans Ruinart, p. 147.

(3) Cum multa ambitione. IhicL, p. 148. Il devait faire son entrée solennelle, comme nouveau gouverneur. Sur ces entrées, voir Edm. Le Blant, les Actes des martyrs, g Gl, j). 176.

(i) Actus apost., XX, 5-13.

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