‹ Les dernières persécutions du troisème siècle (Gallus, Valérien, Aurélien) (volume 2)Chapitre 8 sur 63 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

tempérament ouïe caprice du souverain qui les dicte. Si nous pouvons un jour raconter les persécutions de la fin du troisième siècle, et la lutte suprême par laquelle s'ouvre le siècle suivant, la même impression se dégagera, plus nette encore, du spectacle de princes tour à tour favorables et hostiles aux chrétiens, s' entourant d'eux au début de leur règne, les proscrivant à la fin, ou au contraire commençant de régner par un édit de persécution et terminant par un édit de tolérance; jugeant contre les hérétiques et en faveur des orthodoxes une question de propriété ecclésiastique, puis se tournant contre l'Église ; confisquant les biens de la communauté chrétienne, et les restituant avec éclat ; faisant mettre à mort des chrétiens qui répugnaient au service militaire, et chassant de l'armée des chrétiens qui voulaient y servir ; traitant les adorateurs du Christ tour à tour comme les meilleurs amis et les pires ennemis de l'Empire. En contraste avec cette conduite pleine d'incohérence et de contradictions, l'Eglise a sa politique propre, qui ne se dément jamais. Elle réclame et se fait donner peu à peu sa place dans la société romaine, non comme une force étrangère et conquérante, mais comme l'auxiliaire, la sauvegarde et déjà l'un des éléments essentiels de la civilisation menacée. On a vu, dans le volume précédent, la question ainsi posée par les apologistes du second siècle ; on va voir, pendant la première moitié du troisième.

INTRODUCTION. xv

cette grande politique se continuer sans hésitation et sans défaillance ; la fin du même siècle en préparera le succès définitif, et, quelques années plus tard, Constantin n'aura qu'à le reconnaître et à le consacrer.

15 septembre 1885.

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