‹ Les dernières persécutions du troisème siècleChapitre 14 sur 50 · LE MARTYRE DE SAINT SIXTE · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE SAINT SIXTE

quand l'Église cessera d'entretenir des intelligences dans le palais, combien pèseront, malg-ré leur nombre, des fidèles obscurs, sans chefs, sans argent, sans lieux de réunion? Pourquoi noyer dans le sang des petits une Église déjà virtuellement détruite? Le peuple ne sera menacé que s'il tente de reconstituer la corporation dissoute, en tenant des assemblées et en fréquentant les cimetières. Il tombera, dans ce cas, sous le coup de l'édit rendu Tannée précédente , que celui de 258 aggrave , mais n'abroge pas.

Les rigoureuses mesures votées par le sénat furent appliquées sans retard. On rechercha l'évêque de Rome. Mais, avant d'être arrêté. Sixte II avait eu le temps de remplir un des plus graves devoirs de sa charge. Il avait fait enlever du cimetière du Vatican, sur la voie Cornelia . le corps de saint Pierre, de celui de Lucine, sur la voie d'Ostie, le corps de saint Paul, craignant que les monuments extérieurs, cippe ou « trophée (1) », qui s'élevaient sur les tombes des apôtres n'attirassent l'attention des païens au moment où ceux-ci prendraient possession des cimetières : par son ordre on transporta secrètement ces reliques sacrées dans une crypte de la voie Appienne, au lieu dit ad catacumbas (2} , où elles resteront pendant

(1) 'Eyàj Oî Ta xpoTîa-.a twv àTîOffTÔÀwv ï/ui oîî^ai. 'Eàv y^P Ge/.tjtic; àjtî/.Oeïv Ènl tèv BaTixavov, r) ètiI Tf,v ôoôv triV 'Qa-îav , E-IipriTSi; xà xpô- :Taia Tûv TajTr,v lop'JcraiiÉvwv xti,') ixxXriiîav. Paroles de Caius , prêtre romain du commencement du troisième siècle, citées par Eusèbe, Hnt. Ecct., II, 25, 7.

(2) La date de cette translation , Bosso et Tusco consnlihus (A. D.

de longues années à l'abri des perquisitions de la police et même du zèle indiscret des pèlerins (1).

Tranquille désormais sur le sort d'un aussi auguste dépôt, Sixte attendit en paix les persécuteurs, ne cessant pas de tenir des assemblées et de célébrer le culte chrétien. Mais il ne pouvait plus réunir les fidèles dans le cimetière de Calliste, connu officiellement de l'autorité romaine comme la propriété de l'Église et surveillé par la police. Le 8 des ides d'août (6 août), il vint offrir le saint sacrifice de l'autre côté de la voie Appienne , dans une des chapelles souterraines du cimetière de Prétextât. Cette nécropole n'était probablement pas entrée encore dans le domaine ecclésiastique : propriété privée, elle échappait au séquestre. Cependant l'inviolabilité des « lieux religieux » cédait aux prescriptions nouvelles, ordonnant de saisir immédiatement l'évèque et son clergé. Le cimetière fut envahi. Au moment où les soldats entrèrent, Sixte, assis dans sa chaire, adressait la parole aux fidèles. Il fut emmené, ainsi que les ministres du culte. Les assistants demandaient à mourir avec lui; mais^ satisfaits de leur importante cap-

258), est donnée par le martyrologe hiéronyniien et le calendrier i)hilocalien. Sur les récits divergents de la translation des deux apôtres ad catacumbas, et la solution vraisemblable de la question , voir Duchesne, le Liber Pontificalis , 1. 1, p. civ-c\ii; Marucchi, Osservazioni intorno alcimilero délie catacumhe nella via Appia. dans Bomische Quartalschrift fur christl. Alterthûmer, 1892; Stevenson, Osserv. sulla iopografia délia via Ostiense, dans Nuovo Bull, di arch. crist, 1897, p. 319.

(I) Voir De \S'aal, Die Apostehjruft ad Calacumbas an der via Appia, Rome, 1894.

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