‹ Les dernières persécutions du troisème siècleChapitre 15 sur 50 · LE MARTYRE DE SAINT SIXTE · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE SAINT SIXTE

ture , OU craignant de s'embarrasser dun trop grand nombre de prisonniers, les soldats négligèrent les simples fidèles. Conduit devant un des préfets (du prétoire ou de la ville), qui, dit saint Cyprien, siégeaient en permanence pour juger les chrétiens. Sixte fut condamné à être décapité sur le lieu même où il avait été surpris célébrant les saints mystères.

Pendant qu'on le ramenait, le premier diacre, Laurent, absent lors de l'arrestation, accourut pour dire à « son pape » un dernier adieu. La tradition leur prête un touchant dialogue. « Où vas-tu, père, sans ton fils? Où vas-tu, prêtre, sans ton diacre? » demandait Laurent d'un ton de doux reproche. « Mon fils, répondait le pontife, je ne t'abandonne pas. De plus grands combats t'attendent. Cesse de pleurer; tu me suivras dans trois jours (1). » Laurent pouvait être arrêté sur l'heure; mais les persécuteurs, dans un dessein secret, semblèrent ne pas le voir. On arrive au cimetière, on descend dans la crypte même où Sixte avait annoncé la parole de vie. Il s'assied pour la dernière fois dans sa chaire et présente la tête au bourreau : plus grand que cet empereur qui voulut mourir debout, il reçut le coup mortel en évêque, présidant, du siège despontifes, TÉghsc persécutée (2),

(1) Saint Anibroise, Offic, I, 41.

(2) Le mot de Prudence, Péri Steplianon , JI, 21, sur « Xystus adfixus cruci 11, qui semblerait indiquer un autre genre de mort, est une métaphore, et ne doit pas être pris à la lettre. Voir à la fin du volume. Appendice C.

entouré de ses diacres, qui furent exécutés après

lui (1).

(1) Quatre diacres, Janvier, Magaus, Vincent, Etienne, furent mis à mort tout de suite après Sixte; deux autres, Felicissimus et Agapitus , périrent le même jour en un autre lieu. Quand les chrétiens eurent recouvré l'usage de leurs cimetières, le corps de Sixte fut transporté dans le caveau des Papes, au cimetière de Calliste; on enterra près de lui les quatre compagnons de son martyre, et, au fond de la chapelle papale, derrière l'autel, fut mise la chaire ensanglantée. Les deux autres diacres, Felicissimus et Agapitus, eurent leur tombe au cimetière de Prétextât. L'histoire du martyre et de la sépulture de saint Sixte et de ses compagnons peut être reconstituée en rapprochant saint Cyprien {Ep. 80), l'inscription damasienne du tombeau de saint Sixte et celle du tombeau des saints Felicissimus et Agapitus, et les Devoirs de saint Ambroise, I, 41. Voir De Rossi, Roma sotterranea, t, I, p, 181,247; t. II, p. 25,26, 87-97, et pi. I , I A , II, n° 2 ; BuUettino di archeolorjia cristiana, 1863, p. 1-4. 18,91; 1870, p. 42; 1872, p. 76, 77; 1874, p. 36, 37; Arraellini, Scoperta d'un grnffito storico nel cimitero di Preteslalo, Rome, 1874; Duchesne, le Liber Pontificalis, t. I, p. 155 et 156, notes; Rome souterraine , p. 119, 122, 208-211, et pi. XV; Kanzler, dans JSuovo BuUettino di arch. crist., 1895, p. 172- 180 et pi. IX-X.

La persécution à Rome et en Occident.

Après le martyre de saint Sixte, l'État prétendit procéder à la liquidation des propriétés de l'Église romaine. L'édit venait de dépouiller tons les sénateurs, nobles, chevaliers chrétiens, et les femmes du même rang : une masse énorme de biens était ainsi donnée au fisc, qui, dans sa pénurie, dut se jeter avidement sur cette proie. On se figura que la dissolution des communautés chrétiennes, entraînant la confiscation de leur pécule , aug^menterait considérablement le butin. En fait, les persécuteurs se trompaient; en droit, ils faisaient un acte illégal. « Les collèges illicites, écrit un jurisconsulte , peuvent être dissous; mais s'ils possèdent des biens, leurs membres ont la permission de se les partag-er (1). » Autrement dit, les propriétés susceptibles de partage en nature se diviseront entre les anciens associés ; celles qui ne peuvent être partagées seront l'objet d'une licitation, dont le prix leur sera distribué; enfin celles que des lois spéciales mettent hors du commerce , comme les sépulcres communs, devront être respectées, bien que l'usage en puisse être interdit. Tel était le droit; mais, pour les communautés chrétiennes, l'État le

'(1) CoUegia si qua fuerint illicila, dissolvuntur. Sed permiUitur eis, cum dissolvuntur, pecunias coninuinos, si quas habent, dividere, pecuniamque inter se partiri. Marcien, au Diyeste, XLVII, xxii, 3.

change ou le -siole. Après s'être saisi de leurs immeubles religieux et funéraires, il cherche aujourd'hui à s'emparer de leur patrimoine mobilier.

Mais il ne pouvait l'évaluer sans l'aide du premier diacre. C'était le principal personnage de la communauté chrétienne après l'évêque (1). La préfecture urbaine, qui, dans les moments de tolérance, avait peut-être entretenu des rapports avec lui comme avec

1,1) La situation du premier diacre était très grande à Rome, à cause de l'importance de l'administration dont il était ctiargé. Tout le temporel dépendait de lui : il dirigeait les travaux des cimetières, gouvernait le nombreux personnel qui y était attaché, percevait'ies revenus ecclésiastiques, conservait les archives, dispensait les pensions et les aumônes. A lui fait probablement allusion une inscription parlant du MINISTRATOR CHRESTIANVS (Boldelti, Osservazioni sopra i cim., p. 414; De Rossi, Borna sotterranea , t. III, p. 526). Cet emploi mettait, dans une certaine mesure, sous sa dépendance le clergé, les confesseurs de la foi, les veuves, les orphelins, les pauvres, en un mot tous les pensionnaires de la communauté chrétienne, et jusqu'aux Églises lointaines auxquelles celles de Rome faisait parvenir des secours. Aussi était-il ordinairement désigné pour succéder à « son pape », comme disent les inscriptions (De Rossi, Inscriptiones christianae urbis Romae, t. 1, p. 115; Roma sotterranea , t. III, p. 46 et pi. V, no 3; Bulleltino di archeologia cristiana, 1868, p. 8), c'està-dire au pontife sous lequel il avait exercé sa charge. Les exceptions à cette règle étaient rares ; on n'y dérogeait guère que si le premier diacre avait été écaité comme indigne (ce fut le cas de Nicostrate, lors de lélection de Corneille) ou était prédécédé. Parlant des usages de l'Église romaine au troisième siècle, Euloge d'Alexandrie dit que l'archidiacre montait au trône pontifical en vertu d'une coutume invétéiée, et que l'ordonner prêtre avant lélection était lui ùter tout espoir du rang suprême (Photius, Bibliotk., cod. 172, 280). Le jour viendra où les diacres considéreront comme une injustice d'être promus au sacerdoce, et où un concile sera obligé de faire un canon spécial pour les rappeler à la modestie : De diaconibus Urbicis ut non sib'i tanium prxsumant (Concile d'Arles, 314, canon 18). Cf. Bulleltino di archeologia cristiana, 1866, p. 9.

les syndics (1) de tous les collèges rég-ulièrement constitués, le savait chargé des recettes et des dépenses de la caisse ecclésiastique, dépositaire des clefs et des livres de comptes (2). Aussi, lors du martyre de saint Sixte, les persécuteurs s'étaient -ils gardés de faire périr Laurent (3) avec les six autres diacres. Ils l'avaient réservé, espérant se servir de lui. Le préfet de

(1) Quibus autem permissum est corpus habere collegii, societatis, sive cujusque alterius eorum nomine, proprium est ad exemplum Reipublicœ habere res communes, arcam communem, et actorem sive syndicum per quein, tanquam in Republica, quod communiter a^i (ierique oporteat agatur, liai. Gaius, au Digeste, III, iv, 1, § l.

(2) . Hic primus e septem virls

Qui stant ad aram proximi, Levita sublimis gradu Et cœteris prœstantior,

Claustris sacrorum pia'etat, Cœlestis arcanum domus Fidis gubernans ciavibus, Votasque dispensans opes.

Prudence, Péri Stephanôn, II, 37-44.

(3) Les détails du martyre de saint Laurent sont connus par des écrivains des quatrième et cinquième siècles, qui paraissent avoir parlé d'après la tradition orale, sans avoir sous les yeuï des documents écrits. « S'il y a jamais eu de véritables Actes de ce saint, dit Tillemont {Mémoires, t. IV, art. sur saint Laurent), ils ont été perdus avant le quatrième siècle, puisque saint Augustin et saint Maxime de Turin, au lieu de les citer, citent seulement ce qu'ils avaient apj)ris du saint par la tradition. Mais cette tradition ne peut nullement être méprisée, puisqu'il n'y a pas un siècle entre son martyre et saint Ambroise. » Elle parait se fixer pour la première fois dans le livre des

■Devoirs de l'évêque de Milan, qui y fait allusion en deux endroits différents {O/f., I, 41; II, 28). Après saint Ambroise, Prudence est le premier qui raconte le martyre de saint Laurent ; l'hymne II du Péri Stephanôn, écrite selon toute apparence avant que le poète ait quitté les aO'aires publiques, est antérieure de quelques années aux sermons de saint Augustin sur le même sujet {Serm. 303,304, 305,306), et

9i LE SECOND ÉDIT DE VALÉRIEN.

Rome, Cornélius Secularis (1), fit venir Laurent, et lui ordonna de livrer le trésor confié à sa garde. Le diacre demanda le temps de le réunir et de l'inventorier (2); mais, prévoyant la confiscation^ il avait d'avance converti en numéraire les vases précieux et distribué en aumônes toute la réserve de l'Église (3).

précède d'un demi-siècle environ ceux de saint Maxime {Sej-in. 53, 55, 56). Prudence a-t-il emprunté son récit au livre de saint Arnbroise, ou puisé seulement à la même tradition? J'incline vers la seconde hypothèse : la narration de Prudence n'est pas seulement plus riche et plus détaillée que celle d'Ambroise, ce qui s'expliquerait parla différence entre une composition poétique, où l'imagination se donne libre carrière, et un livre de morale semé de traits historiques, comme le traité des Devoirs ; mais encore la version du poète s'écarte sur divers points accessoires de celle de l'évêque : tous deux me paraissent avoir traduit librement une tradition déjà formée quant aux grandes lignes, encore un peu llottante dans les détails, historiquement certaine dans l'ensemble.

(1) Son nom est donné par la liste des préfets de Rome de l'almanach philocalien.

(2) Dum tola digestim mihi Christi supellex scribitur.

Péri Siephanôii. II, 129, 130.

Ce mot prêté par Prudence à saint Laurent n'est pas invraisemblable. Les anciens avaient coutume d'inventorier les trésors des temples; voir dans le Corpus inscriptionum latinarum, t. VIII, 6981, 6982, la curieuse synopsis des res sacrée de Cirta. Mais Laurent fait allusion à un autre genre d'inventaire. Les pauvres que nourrissait l'Église romaine étaient inscrits, immatriculés {matriculœ pauperum) par régions, sinon dès le temps de saint Clément, comme le dit l'auteur inconnu de sa Passion (y.a6' ey.acTOv peycôjva xax' ùvû[x.a el/ev YîYpafx- (lÉvovi;), du moins dès les deuxième et troisième siècles. Cf. De Rossi, De origine, historia, indicibus scrlnii et bibliotkecse Sedis apostolicx, 1886, p. XII, XXIV.

(3) « Personne n'eût osé dire à Laurent : Tu n'aurais pas dû distribuer les trésors de l'Église et vendre ses vases sacrés! Il est nécessaire qu'il y ait des hommes de foi sincère et de sage prévoyance qui agissent ainsi. Celui qui se servirait des biens de l'Église pour son usage

Il revint le lendemain, suivi des pauvres que nourrissaient les chrétiens : « Voici, dit-il, les trésors de l'Église, » du même accent dont Cornélie montrait à une dame romaine les jeunes Gracques , en disant : « Voici mes joyaux. » De ce trait, à la fois héroïque et spirituel, le préfet se sentit piqué au vif. 11 condamna Laurent à être brûlé. On étendit le martyr sur un gril (1), En lui faisant subir le lent supplice du feu, le persécuteur cherchait à lui arracher avant la mort la révélation des richesses de l'Église : c'était en même temps la peine capitale et la torture. On raconte que Laurent eut la force de dire au juge : « Ce côté est assez cuit, fais-moi retourner; » puis : « Goûte maintenant (2). » Ayant lancé cette dernière raillerie, l'intrépide diacre leva les yeux au ciel : il mourut en priant pour Rome. Avec lui furent immolés le prêtre Sévère, le sous-diacre Claude, le lecteur Crescent et le portier Romain. Les corps de saint Laurent, de saint Crescent, de saint Romain, et probablement de leurs deux compagnons, furent enterrés dans le cimetière de Cyriaque, sur la voie Tiburtine (3).

personnel serait un prévaricateur; mais celui qui les emploie à secourir les pauvres et à racheter les captifs fait acte de charité. » Saint Ambroise, Officia, II, 28.

(1) Cf. dans la lettre des Églises de Lyon et de Vienne (Eusèbe, Hist. EccL, V, 1) la aîSripa -/.aOÉôpa ou le Tv^yavov dans lesquels furent brûlés plusieurs des martyrs de 177. Voir Histoire des perséculions pendant les deux premiers siècles, 2^ édit., p. 407, 410, 415.

(2) De même Atlale à Lyon [ibid., p. 410), brûlé dans la chaise de fer rougi au feu, s'écrie : « Vous êtes de vrais mangeurs d'hommes! »

(3) Et post passionein beati Xysti, post terlia die, passus est beatus Laurentius, cjus diaconus, un id. Aug. et subdiaconus Claudius et

Dans une crypte voisine , sur la même voie, fut enterré, le 13 août, un autre martyr dont la mort glorieuse effaça les erreurs (1). Le célèbre docteur Hippolyte (2) — le seul chrétien des premiers siècles auquel les contemporains aient élevé une statue (3) —

Severus presbyter et Crescenlius lector et Romanus ostiarius. Liber Pontificaiis, Xystus II; Duchesne, t. I, p. 155. Les noms des compagnons de saint Laurent ne sont donnés au complet que dans le Liber Pontificaiis : la Passion nomme seulement un Crescentio aveugle et un Romanus, non clerc, mais soldat. Le Liber procède donc ici d'un document autre que la Passion, et meilleur. « Les calendriers du quatrième et du cinquième siècle ne mentionnent point les compagnons du martyre de l'archidiacre. En revanche, les itinéraires du septième siècle indiquent, près de saint Laurent, les tombes des martyrs Crescentius et Romanus (DeRossi, Roma soiterranea, t. I, p. 168, 179). Les deux autres, Claudius et Severus, ne sont connus que par le Liber Pontificaiis. Rien de plus vraisemblable, eu égard à ce qu'on sait de la persécution de Valerien, que cette exécution de plusieurs membres du clergé. » Duchesne, ibicL, p. 156, note 6. La crypte de Crescentio a été découverte par M. de Rossi dans le cimetière de Priscille : voir Compte rendu du 2^ congrès scientifique international des catholiques, 1891, Sciences historiques, p. 53, et Bull, di arch. crisl., 1888, p. 105. Le graffîto écrit près de cette crypte : S.\LBA. ME DOMNE CRES- CENTIONE MEAMLVCEM contient peut-être, dans ses derniers mots, une allusion à la guérison de la cécité de Crescentio.

(1) Sur la cry[)te de saint Hippolyte, voir à la fin du volume. Appendice D.

(2) Les circonstances du martyre d'Hippolyte sont connues par linscription dainasienne de son tombeau et la peinture vue près de ce tombeau par Prudence {Perl Stephanôa, XI, 19-150). Sur la valeur de ces sources et sur les motifs qui me font identifier le martyr Hippolyte avec le docteur de ce nom, voira la fin du volume. Appendices E, F.

(3) Sur la base de la statue sont gravées des tables chronographiques et la liste des ouvrages d'Hippolyte. Elle fut découverte en 1551 dans les ruines de sa basilique, sur la voie Tiburliue. Cf. Bullettino di archeologia cristiana, 1881, p. 29; 1882, p. 42, 43; Northcote et Brownlow, Christian art, p. 262-265; Kraus, Real-Encyklopûdie der christlichen Aller thUmer, t. I, p. 660-664. M. de Rossi pense que la

était parvenu à une extrême vieillesse. Il avait sous Maximin confessé le Christ, et partagé en Sardaig-ne l'exil du pape Pontien (1). Kendu à la liberté sous Philippe , il se laissa entraîner, neuf ans plus tard, au schisme novatien. Il fut, à la suite de l'édit de 258, arrêté comme chrétien et prêtre. En marchant au supplice, il reconnut son erreur, et pria tous ceux qui avaient mis en lui leur confiance de revenir à l'unité de l'Église (2). Ou dit que, par un affreux jeu de mots, le juge ordonna de le traiter comme l'Hippolyte de la Fable, et le fit lier à des chevaux qui le déchirèrent dans une course furieuse. Le fait, attesté par la peinture qui ornait sa tombe au quatrième siècle, n'a en soi rien d'incroyable. A Rome, la peine capitale, dit un jurisconsulte du troisième siècle, « consiste à être jeté aux bêtes, à souffrir d'autres peines semblables, ou à être décapité (3). » Cette large définition laisse

statue avait été érigée du vivant (l'Hippolyte et que sa place primitive fut dans une bil)liothèque chrétienne, publique ou privée, de Rome; voir Inscr. clirist. urbis Romae, t. I, p. lxxx; De origine, liistoria, indicibus scrinii et bibliolhecx sedis apostolicx, p. lix, lx. Les bibliothèques, à l'époque romaine, étaient ornées des statues ou des portraits des auteurs dont elles contenaient les ouvrages; ibid., p. ux.

(1) Voir Uisloire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 2« édit., p. 209.

(2) Des vers, attribués par un manuscrit à saint Augustin, font de même allusion à un diacre du quatrième ou cinquième siècle qui, d'abord donatiste, se convertit à l'unité catholique et fut martyrisé (mais par les donatistes eux-mêmes} :

Ante aliquot lompus cum donastita fuisset, Conversus paceni pro qua nioreretur amavit, etc. Bull, di arcli. crist., 1886, p. 9.

(3) Capitis pœna est, besliis objici. vel alias similes pœnas pati, vel animadverti. Marcien, au Digeste, .XLVIII, xix, 11, § 3.

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