‹ Les dernières persécutions du troisème siècleChapitre 27 sur 50 · III · texte numérisé non relu

III

franchit le Tigre. La Perse allait tomber dans ses mains. Jamais depuis Trajan les aigles romaines n'avaient volé si loin. Carus, ébloui de sa fortune, se laissait appeler dieu (1). Hélas! le dieu n'était pas immortel. Dans son camp, au milieu d'un orage, il disparut, comme Piomulus : la maladie, la foudre, un assassin peut-être^ l'avait tué (2).

Garinus et Numérien restaient seuls Augustes (3). Rien de plus dissemblable que les deux frères. Nuniérien était doux , humain , excellait dans tous les travaux de l'esprit : on le compte parmi les bons versificateurs, et une statue lui fut élevée dans la Bibliothèque Ulpienne comme au premier des orateurs de son temps (4). Garinus avait tous les vices d'un Néron et d'un Élagabale, sans y joindre même ce sentiment dépravé de l'art et cette poésie malsaine dont les pires empereurs jetèrent quelquefois sur leurs forfaits le pâle rayon. On ne cite de lui que des actions viles et des paroles basses. Pendant son séjour en Gaule il s'entoura d'êtres ignobles, auxquels il abandonnait, comme par dérision, les charges et les dignités (5).

(1) DEO ET DOMINO CARO. Eckhel. t. VIT, p. 509.

(2) Vopiscus, Carus, 1, 8; Aurelius Victor, De Cccscaihus; Epitome; Eutrope, Brev., IX; Zonare ; Le Syncelle.

(3) Ils avaient probablement reçu ce titre du vivant de leur père; voir Eckhel, t. VII, p. 516; Renier, Inscriptions de l'Algérie, 2726; Wilmanns, Exempla inscr. lat., 1053.

(4) Vopiscus, Numerianics, 11.

(5) Vopiscus, Carinus, 16, 17. Le biographe prétend qu'en moins de trois années il eut neuf épouses ; une seule est connue par les monnaies et les inscriptions, Magnia Urbica : Corpus inscript, lat., t. Il, 3394. Elle portait les titres d'Augusta et de Mère des camps en 283.

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