E TCHEN-NING-T
De retour à Hing-Yi-fou, nos camarades reprennent la direction du Yunnan par une route nouvelle. Elle leur permettra d'étudier d'autres groupes de Lolos, et de découvrir plusieurs stèles de haute importance (i). A partir de K'iu Tsing, leur itinéraire se confond avec celui que je parcourrai avec Boyve un peu plus tard, ce qui permettra de contrôler nos deux levés l'un par l'autre.
Enfin, le 8 juillet, nos deux camarades, escomptant mon arrivée prochaine, rentraient à Yunnan-sen. Ils étaient épuisés de fatigue, car ils s'étaient privés du plus élémen-
(il Avec raille efficace du I>. Tap[K)nnicr, et surtout du P. Badie.
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taire confort pendant cette dure randonnée ; mais ils rapportaient les résultats les plus précieux.
D'abord 1300 kilomètres d'itinéraires, dont 350 en pays absolument inconnu, et 350 autres parcourus déjà mais non levés, ce qui permettait de combler d'importantes lacunes sur les cartes et d'y corriger des erreurs considérables ; une trentaine d'inscriptions relatives à l'histoire de la contrée ; onze vocabulaires de dialectes indigènes ; sept manuscrits lolos ; de nombreuses photographies de types, costumes ou paysages caractéristiques ; des mensurations anthropométriques ; des notes détaillées sur chaque peuplade ; enfin des observations de grand intérêt sur les possibilités économiques du pays et sa mise en relation avec notre Indochine.
Par-dessus tout, bien loin de faire valoir les difficultés et les dangers d'une pénétration qui passait pour à peu près impossible, ils révélaient ce fait singulier et inattendu que les Miao-Tseu indépendants n'existent pas, que le pays est habité par des Thaï accueillants, intelligents, ayant un passé historique, et susceptibles de grands progrès comme leurs frères les Siamois, et qu'il faut désormais les faire entrer dans la catégorie des peuples civilisés et dans le cercle de nos préoccupations politiques et scientifiques.
Le capitaine de Fleurelle, par son esprit d'initiative, sa fermeté opiniâtre et calme devant les obstacles, la méthode avec laquelle il avait dirigé cette exploration ; le capitaine Lepage par sa connaissance du chinois et son zèle à recueillir tous les renseignements, avaient réussi à accomplir de la manière la plus heureuse et la plus complète la mission que je leur avais confiée.