UNE PAGE D'HISTOIRE IX
piiLlicaine Garde de Paris, et les grandes routes Boutes impériales.
Le vieux Jérôme, sonfils et sa fille prennent le titre <V Altesses Impériales et le ministre d'État Fould arrête que les seules personnes ayant reçu le bouton seront admises à suivre les chasses.... ces fameuses chasses dans lesquelles on vit plus tard Leurs Majestés et leurs invités chasser en costume du temps de Louis XY ; il arrête aussi que, seules, les personnes attachées à la maison impériale pourront porter la livrée — vert et rouge, galonnée d'or, cocarde nationale à flanc d'or et gance transversale; quant à MM. Troplong, Baroche, etc., « qui y ont droit » dit le Moniteur', leur beau nom ne marchera plus que précédé du mot Excellence.
Chacun retourne sa casaque, et, laissant le vieux faubourg Saint-Germain bouder tout à son aise et sïnscrireP. P. C. chez MM. de La Rochejaquelein, de Pastoret et de Xoailles-Mouchy que l'on vient de nommer sénateurs, (La Rochejaquelein qui oublie tout, son passé, son nom et le décret du 16 Mars 1815 dont Xapoléon Ier frappa son père ! — de Pastoret, l'ancien conseiller du comte de Chambord, le fils de celui pour qui Louis XVIII avait fait cette devise : bonus semper et fidelis ! — De Xoailies- Mouchy qui s'écriait en 184S qu'il acceptait la République « sans restriction et sans arrière-pensée » et qui réclamait alors bien certainement plus de libertés qu'il ne lui en fallait : liberté de conscience, liberté des cultes, liberté d'association, liberté individuelle, etc. !!) laissant, dis-je, se faire Vunion de la France féodale et chevaleresque avec Vesprit mo~
derne, la réconciliation dupasse avec l'avenir, le inonde officiel danse et prend ses ébats. La brillante société du jeune Empire traite et reçoit avec des magnificences de parvenu; — tout sort de chez Potel et Chabot, argenterie, cuisine et cuisinier, tout! Que voulez-vous, ces gens-là n'ont rien, rien que de gros appétits, on va les satisfaire et le gouvernement annonce aux éplucheurs de budget qui, après la révolution de Février , étaient arrivés à faire sous prétexte d'économie, des situations vraiment dérisoires aux dignitaires de l'État, que tout cela va changer — et les traitements aussi.
La maison d'Orléans est en pleine liquidation — pour cessation de commerce ; on vend la Françoise de Rimini, la Stratonice, la Mort du duc de Guise, le surtout de Fratin (car c'est de l'argent qui dort!), pendant que le Château, comme on disait sous Tarquin l'ancien, fait ses emplettes pour le mariage. Napoléon III, oubliant que ses demandes en mariage n'ont pas été toujours accueillies d'une façon très-flatteuse, oubliant cela et autres choses encore, déclare que sans témoigner de dédain pour personne, il cédera à son penchant et que «sous le dernier règne, l'amour-propre du pays ayant eu à souffrir lorsque l'héritier de la couronne sollicitait infructueusement pendant plusieurs années l'alliance d'une maison souveraine et obtenait enfin une princesse accomplie sans doute, mais dans des rangs secondaires et dans une autre religion » il épousera — lui, le parvenu « titre glorieux lorsqu'on parvient par le libre suffrage d'un grand peuple » une Espagnole mais Française par le cœur, par l'cdu-