UNE PAGE D HISTOIRE XI
cation, par le sang que versa son père pour la cause de l'Empire (ce qui est appréciable de bien des façons) et surtout ayant Vavantage, comme Espagnole de n'avoir pas en France de famille à laquelle il faille donner Honneurs et dignités. Paraphrase de haute économie politique et sociale, de la réponse faite à un peintre qui, ne trouvant aucune ressemblance entre l'Oncle et le Neveu, s'écriait courageusement :
— Mais, Sire, c'est que vous n'avez rien, absolument rien du premier Napoléon.
— Ali! du moins, soupira le troisième, j'ai sa famille !
Et on lit dans la Patrie :
Un arrêté de M. le ministre de la police générale a ordonné l'expulsion du territoire français de Mn''e Solms se disant comtesse de Solms et de M. Wyse, tous deux étrangers. Ces deux personnes prenaient, sans y avoir aucun droit, le nom de Bonaparte, et loin de respecter le nom illustre qu'elle? usurpaient, s'en servaient au contraire pour se livrer à des désordres scandaleux et pour abuser plus facilement de la crédulité de ceux qui les approchaient.
On voit par cette note combien, à cette époque, étaient bornées les connaissances historiques du Ministre de la Police.
Mais revenons au mariage. Eugénie de Montijo,
comtesse de Téba, des Guzman je ne sais plus
au juste desquels, il y en a tant en Espagne ! mais probablement de ceux qui ne connaissent pas d'obstacles, Eugénie de Montijo « douée de toutes les qualités, devient l'ornement du trône » ; Jacques Bonhomme qui sue, -geint et peine dans son coin
apprend avec indifférence que les dépenses des fêtes seront supportées par la liste civile, ce qui lui est cependant donné comme un fait des plus méritoires. Du reste, sur J, 053,260 Parisiens, il n'y a, dit un rapport officiel, que 65,264 indigents !...
Tous les poètes de haute et basse cour sont à leurs vers ; le sieur Barthélémy, qui décidément, tient à manger à tous les râteliers et qui s'intitule lui-même le poétique Blondel de la dynastie Impériale, célèbre cet événement en des vers qui le disputent pour la banalité à ceux que mettent en vente les Méry, les Belmontet de tous étages, les d'Ornano et autres préfets qui s'écrient :
Puis, lorsque d*un lien si tendre Un fils à Tempereur naîtra, Ainsi que devant Alexandre L'univers entier se taira.
Madame Mélanie Waldor, — la pauvre vieille dont on disait déjà en 1842, sur l'air : Passez votre * chemin, beau Sire :
Vous nous ennuyez, grand'mère Grand'inère, vous nous ennuyez, {bis).
l'ait des vers comme ceux-ci :
Célestes concerts, Douce harmonie, Glissez dans les airs. . .
Chantez la grâce unie
Au génie, Chantez Eugénie
Et les amours Durant toujours.