‹ Les derniers BretonsChapitre 18 sur 32 · LES DEUX FRÈRES · texte numérisé non relu

LES DEUX FRÈRES

« Sije vaisà la guerre, comme j'en ai la volonté, où mct- Irai-je ma femme, à qui laisserai-je ma douce amie à garder? — Envoyez-la dans ma maison, mon frère ! envoyez-la, si vous m'aimez ! et je la mettrai dans une chambre avec mes filles qui sont des filles nobles !

« ' Peu de temps après elle était belle à voir, la cour du manoir du Faouët, toute pleine de gentilshommes, chacun avec une crois rouge sur l'épaule, chacun sur un grand cheval, chacun avec une bannière, s'en venant chercher le seigneur pour aller à la guerre.

« • Il n'était pas encore sorti du château, que tous, grands et petits, commencèrent à dire à la jeune femme : — Quittez votre robe rouge et mettez-en une blanche; mettez une robe de toile blanche pour aller à la lande garder les moutons.

« Pendant sept ans la pauvre jeune femme ne fit que pleurer » mais après ce temps, elle commença à chanter.

«Et un jeune gentilhomme, qui revenait de l'armée, entendit nne douce vois qui chantait dans les landes.

(1) M. de la Villemarqué a fait imprimer, depuis la publication des derniert Bretons, une version des Deux Frères dans laquelle se trouvent quelques itrophes que nous ne connaissions point, et qui prouvent l'eiactitude de notre iupposition. Nous avons ajouté ces strophes dans notre nuuTelle édition en let mar(iuant d'uo *.

• * — Halte ! mon petit page, prends la bride de ce cheval ; j'entends une vois d'argent chanter sur la montagne, j'entends une petite voii doiue sur la montagne chanter; il y a aujourd'hui i.'[À ans que je l'ai entendue pour la première fois.

« * — Bonjour, jeune Ulle de la montagne; vous avei.dcnc bien dîné, que vous chantez si joyeusement. — Jai bien diaé, grâce à Dieu ! d'un morceau de pain sec que j'ai mangé ici.

■ — Dites-moi, je vous prie, fllle jolie, où je pourrai trouver un lit et de la litière pour mon cheval. — Messire, allez chez mon beau-frère, et vous trouverez un bon lit; allez chez mon beau-frère, et votre cheval aura de la litière fraîche.

« Merci, jeune fille; mais, dites-moi, votre état est-il donc de garder les moutons? — Mon mari est à l'armée, et c'est pourquoi je garde les moulons.

0 C'était un beau jeune homme, mon mari, et il avait des cheveux blonds, des cheveux blonds comme les vôtres, messire. — Regardez-moi bien, jeune femme; ô regardez-moi bien, et prenez garde si vous me connaissez.

« Quand il arriva chez son frère, il dit : — Bonjour et joie dans celte maison : Mon frère, où est ma femme que je vous avais confiée?

« * — Toujours vaillant et beau ! asseyez-vouj, mon frère. Elle est allée à Kem perlé avec les dames ; elle est allée à Kemperlé, où il y a grande fête; quand elle reviendra, vous la trouverez

« * — Non, dit l'homme de guerre, elle n'est pas sortie ; mais je l'ai trouvée dans les landes qui gardait les moutons, et elle est là qui pleure derrière la porte.

« Honte à toi, mon frère ! Si je ne respectais la maison de mon père et de ma mère, j'aurais déjà lavé le seuil avec ton sang. »

MARIANMC.

« En 1G9", il arriva un malheur dans la ville de Lannion ; il arriva un malheur à une jeune fille qui était servante dans une hôtellerie.

« Deux mallôtiers vinrent dans la maison pour manger de»

tripes fraîches, jouer aux caries et se divertir. Quand ils eurent bu et mangé ils demandèrent Mariannie pour les reconduire.

« Mariannie avait une maîtresse dont le cœur était plein de tendresse. Elle lui donna une lanterne avec une lumière, et elle lui dit : — Mariannie, conduis chez eux ces gentih-hommes. « — Mariannie , dirent les hommes dans le cheniiD, souîBez cette lanterne , éteignez cette brillanle lumière. — Comment voulez-vous, messie'irs, que je vous conduise alors au logis?... « Mais il se.d fait comme vous le désirez, car à cette heure les honnêtes gens sont à dormir.

« Allons , Mariannie, dirent-ils bientôt, venez avec nous au logis, nous vous mettrons entre trois sortes de vin et vous en boirez. — Merci, messieurs, merci; mais ma maîtresse a de quatre sortes de vin, et j'en bois quand il me plaît.

« Et ils allaient toujours !... Mariannie tremblait et cherchait aux fenêtres quelque lumière de malades pour la rassurer. Les hommes causaient bas entre eux : la pauvre fille commença à pleurer 1

« Mais elle avait une maîtresse dont le cœur était plein de tendresse ; et elle se mit à parcourir les rues, cherchant sa servante, car elle ne revenait pas. — Monsieur le sénéchal, vous dormez bientôt! Monsieur le sénéchal, ma fille Mariannie ne revient pas !

« Quant ils arrivèrent au pont de Sainte-Anne, ils trouvèrent la jeune fille morte, et la lanterne était près d'elle encore.

« Adieu, Mariannie; adieu, pauvre enfant; adieu, la plus belle jeune fille dont le pied ait foulé le pavé de Lanoion *. »

Dites-moi si vous connaissez quelque chose de plus charmant que ce guerz ? ^'est-ce pas ime ballade composai pour faire pleurer des enfants et des femmes'? Quelle adorable vision que cette Mariannie, naïve sœur

(1) La version de ce chant, pobiiée par M. de It Villemarqné, S'éloigne tellement de la nôtre, que nous avons lieu de croire lea deox guerz composés par des aoteurs ilifTérents. Les ressemblancps s'expliqneraien' par !,i fidélité qua mettent les poeteâ Ugioas à suivre daas tous ïes détail» l'évèavaent i}a'i!$

POÉSIES DE LA BRETAGNE. 16o

des jeunes filles de Goethe, pauvre enfant qui n'apparaît îh que pour mourir! Et quelle rapidité dans le récit, comme le drame court croissant et terrible! Les réflexions pieuses elles-mcmes ont disparu ; le narrateur breton oublie un instant qu'il est cbrclien pour ne parler que comme un Lomme. Comparez a ce guerz celui des Trégo'àt, si solennel, si sombres, si religieux, si entrecoupés d'élans cbréliens et de sentences morales. Quel frappant contraste 1

LES TRÉGOAT.

« Ce fut auprès de la croix de Kerrouzy qu'arriva fe malheur (si grand , hélas !) : Jean Guilchen et sa femme y forent lues. Une nièce était avec eut , une nièce âgée de quinze ans.

« Quelqu'un cria, en frappant à la porte, et demanda du feu pour allumer sa pipe ; Jean Guili hen vint ouvrir, un tison a la main. Hélas '. il ne savait pas qu'il ouvvait à la raort !

« C'étaient des hommes qui venaient par vengeance. Au moment où Guilchen parut , ils le frappèrent si malheureusement qu'il îomba la face sur terre. Il était là, le malheureux, perdu sans retour; cl ils le frappaient encore jusqu'à mourir!

« Sa femme Mahirite s'approcha deui. Par les plus poignantes prières, elle leur demanda le temps de revenir à Jésus, son uédempteur, avant de s'en aller de la vie.

a — Ob ! laissez-moi me convertir du plus profond de mon cœur ; laissez-moi me convertir à Jésus, mon conducteur ; à la vierge Marie, reine des anges ! Que j'entre dans la joie, ô mon Dieu! avant la fin de ma pauvre existence!

a Un des assassins dit à celui qui frappait : — Ne regarde pas à de pareilles raisons ou tu manqueras ton cou^J, ceuï qui passeront nous prendront, et nous aurons la mort.

« Dés que l'assassin entendit ce que lui disait son compagnon,

i! saisit la femme par les cheveux, souleva sa tête, et la frappA

si malheureureusement , qu'il la fil tomber à terre, raouraale

sous ses pieds.

« Il scrail dur le cœur, dur le cœur qui ne foadrait pas ea

larmes à la pensée que la petite Glle était là demandant la vie aux meurtriers , au nom de la passion du Christ.

« Elle priait Dieu, et ces misérables lui répondirent : — Nous verrons si tu dois vivre, quand nous aurons uni avec ceux-ci.

« Comprenez, chrétiens, ce créve-cœur ! L'enfant, la pauvre enfant attendait mourir, et les deux autres étaient sans vie, les deux autres nageaient sur une terre détrempée de leur sang ; et la rage des assassins était encore affamée !

« Un d'eux lui dit: — As-tu reconnu celui quia frappé? — Je l'ai reconnu, dit l'enfant ; mais si vous me laissez la vie, jamais je ne le dénoncerai.

« Mais dés que le malheureux entendit qu'il était reconnu, il frappa !... Un bras de la pauvre enfant fut brisé.

«Et, sans pitié, comme elle était tombée, il saisit une fourche de fer et il la lui enfonça dans le crâne. — Cela est vrai, car ceux qui entrèrent dans la maison , le lundi matin , après l'assassinat, me l'ont raconté ainsi.

« Mais ce n'était point assez pour eux d'avoir tué, il leur fallait un massacre. Les monstres saisirent des escabeaux, et ils frappèrent sur les cadavres. Les membres furent rompus , les têtes ouvertes!... O chrétiens, quel malheur !

« Glorieuse vierge Marie , mère de la compassion, reine des anges, donnez-moi le courage de dire au peuple le nom des deux malheureux qui firent le crime. — C'étaient Jean et Laurent Trégoat.

« Le treizième jour du mois de mars, ils furent pris et conduits en prison, à la manière des criminels ; comme ils y entraient, on leur présenta les armes qui avaient tué trois chrétiens.

« On leur demanda s'ils les connaissaient. — Trois fois on leur fit cette question et ils ne répondirent rien. On les conduisit à Lannion , et les armes sanglantes après eux. — Le peuple criait vengeance !

« Depuis le treizième jour du mois de la paille blanche (juille't), ils ont été mis à mort. — Glorieuse Vierge, priez votre fils po^ar ces pauvres pêcheurs.

« Quand le dernier fut emmené de la prison pour mourir, son conducteur lui dit: — Si l'on vous rendait la liberté, ne

déclareriez-vous aucun complice? II n'a fait d'autre réponse que de courber sa tête.

« Et quand il est arrivé sur l'échafaud, il s'est levé de toute sa hauteur ; il a regardé tout le monde avec un air bien capable de faire pleurer , il a joint ses mains et s'est plié vers "^e couteau pour rep'lre son âme à Dieu.

« Hommes , jeunes et vieux, regardez ce malheur, qu'il entre dans vos cœurs, et disons ensemble pour le repos de leurs âmes un De profundis. »

Les guerz que nous venons de traduire ne»raconteût que des événements lugubres ou sanglants ; mais il en est aussi de consacrés à de mélancoliques aventures d'amour. Le plus célèbre est celui de l'Héritière de Kérouîas.

L'HÉRITIÈRE DE KÉROULAS*.

« Que l'héritière de Kérouîas est heureuse d'avoir une robe de satin bleu pour danser avec les gentilshommes !

« Ainsi disait-on dans la salle quand l'héritière y entra pour danser, car le marquis de Mesle y était avec sa mère et une suite nombreuse.

« Et rhéritiére de Kérouîas disait : — Oh ! que ne suis-je petit pigeon bleu, comme ceux qui se perchent sur le toit de Kérouîas , pour entendre ce qui se trame entre sa mère et la mienne !

« Ce que je vois me fait trembler ! Ce n'est pas sans projet qu'ils sont venus de Cornouaille, quand il y a dans la maison une héritière à marier !

« Avec sa fortune et son nom, ce marquis-là ne me plaît pas ; mais j'aime Kerlbomas depuis longtemps , je l'aime et l'aimerai jusqu'à mourir !

« Et Kerthomas aussi était inquiet, en voyant ceux qui étaient arrivés à Kérouîas ; car il aimait l'héritière , et ou l'entendait souvent dire :

« -— Je voudrais être petite sarcelle, nageant sur l'étang où

(1) Voyez le Barxat-Breii poor les Tariantes de ce guers.

on lave ses vêlements : oh ! avec quel bonheur je baignerai mes yeux dans ses eaux !

« Car la petite bécassine qui fait sa nichée sous la glace du marais a moins de fraîcheur autour d'elle que je n'ai damour au fond de mon cœur !

L'héritière dit à sa mère: — Depuis que le marquis est arrivé ici, je suis triste jusqu'au plus profond de mon cœur.

« Ma mère ! madame, je vous en supplie , ne me donnez pas au marquis de Mesie ; donnez-moi plutôt à Pennaurun , ou bien au seigneur Salaiin !

« Mais donnez-moi plutôt à Kerthomas ; c'est lui qui est le plus aimable! II vient souvent dans cette maison , et vous lui permettiez de me faire la cour !

« * — Dites-moi, Kerthomas, êtes-vous allé à Kastelgall'î — Je suis allé à Kastelgall, mais je n'y ai rien vu de bien.

« * Je n'y ai vu qu'une salle enfumée, des fenêtres à demi brisées et deux grandes portes qui chancellent.

« * Qu'une grande salie enfumée , où une vieille femme malpropre hachait du foin pour ses chapons, faute d'avoine à leur donner.

« * — Vous mentez, Kerthomas, le marquis est riche; les portes de son château brillent comme de l'argent et les fenêtres comme de l'or.

« * Changez donc de pensées , ma fille; je ne mets d'importance qu'à ce qui vous est un avantage ; les paroles sont données, vous serez la femme du marquis de Mesie.

« * La dame de Kéroulas parlait ainsi à l'héritière, parce que la jalousie était au fond de son cœur, et qu'elle aimait Kerthomas.

« — Kerthomas m'avait donné un anneau et un signet d'or ; je les avais acceptés avec dçs sourires de joie, hélas ! je vais les lui rendre en pleurant !

« Reprenez votre anneau, Kerthomas ! reprenez votre sceau avec sa chaîne d'or; puisqu'il ne m'est plus permis de vous donner ma main comme à un époux , je ne puis garder vos dons !,.»

^l) Terre du marquis de Mesie.

c Bien dur eût été le cœur qui n'eût pas pleuré parmi tous ceux qui étaient à Kéroulas , en voyant la pauvre héritière baiser les portes quand elle sortit !

« — Adieu, grande maison de Kéroulas, tu ne me re verras jamais ! Adieu, vous tous qui deaieurez ici prés! adieu maintenant et pour toujours!

« Et les pauvres de la paroisse pleuraient ; mais l'héritière les consolait : — Taisez-vous , pauvres , ne pleurez pas ; venez me voir à Kastelgall.

« Je donnerai l'aumône tous les jours, et, trois fois la semaine, je ferai une charité de dix-huit quartiers de froment ; je donnerai aussi de l'orge et de l'avoine.

« Le marquis de Mesle dit à sa jeune femme, quand il l'entendit : — Vous ne ferez pas l'aumône tous les jours , car mes biens n'y sufûraient pas !

« — Marquis de Mesle ! sans prendre dans ce qui vous appartient, je ferai l'aumône tous les jours, car l'heure est venue d'amasser des prières pour mon âme !

Dès son arrivée à Kastelgall , l'héritière demanda si l'on ne trouverait pas un messager pour porter une lettre à sa mère.

« Un jeune page répondit à l'héritière , quand il l'entendit : — Écrivez si vous le voulez , il se trouvera des mefsagers.

« Alors elle écrivit une lettre et la remit au page, le priant de la porter, sans s'arrêter, à sa mère de Kéroulas,

« Lorsque la lettre arriva , la mère causait dans la salle avec des gentilshommes, parmi lesquels étaient Kerthomas ; et dès qu'elle eût parcouru la lettre, elle s'écria : — Faites seller mon cheval à liustant, car je pars aujourd'hui pour Kastelgall.

« La dame de Kéroulas dit en arrivant à Kastelgall : — Qu'y a-t-il donc dans cette maison , que les portes sont tendues si tristement?

« -~ L'héritière, qui était venue ici, cette nuit est décédée.

'I •— Si l'héritière est morte , malheur! car moi je suis sa roére, et j'en suis cause.

« Elle m'avait dit souvent : — Ne me donnez pas au marquis de Mesle, donnez-moi plutôt à Kerthomas, qui est plus doux à mes yeux.

« Kerthomas et la pauvre mère, accablés par ce malheur, se

sont tous deux rendus dans un cloître, et ils ont consacré à Dieu le reste de leurs jours. »

Le Klo'ârek de lAoudour diffère essentiellement du guerz précédent par l'esprit et par la tournure. Ce chant appartient évidemment à l'époque des premières velléités de révolte de la paysantaille. Rien ne manque à la ballade pour exprimer cette première hardiesse du vassal qui perd le respect, ni la dédaigneuse et fière nonchalance, ni l'aigre sarcasme, ni le défi bref et péremptoire. Ce n'est rien moins qu'un prologue de Marseillaise fait plus de deux cents ans a l'avance. Il y a bien encore pourtant, dans tout cela, je ne sais quelle soumission équivoque à de vieilles habitudes, une sorte de religion royaliste qui grimace. L'insurrection reste entre chair et peau, et n'a point pleine conscience d'ellemême. Le paysan tire son chapeau devant le roi et lui demande grâce d'avoir tué des hommes nobles ; mais il obtient bien vite celte grâce, et on lui permet de porter son pen-bas, comme le gentilhomme son épée. C'est l'élévation du manant en attendant l'abaissement du seigneur.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que cette espèce d'affranchissement se révèle fort prématurément en Bretagne, et qu'a partir de l'époque où la noblesse abdiqua sa nationalité pour se faire française, les populations armoricaines commencèrent à secouer avec impatience le harnais féodal. La Ligue fut dans notre province une expression claire et vigoureuse de ces dispositions. Ce fut une vraie croisade de pastoureaux. Il y eut émeute des hommes à fourches contre les hommes à corset d'acier, et l'aristocratie ne put maintenir son pouvoir qu'en passant au galop sur le ventre des paroisses révoltées. Si jusqu'à nos jours les gentilshommes ont con*

lervé quelque action sur nos paysans, il faut l'attribuer à l'influence de la richesse ou du bienfait, nullement au respect pour la naissance. L'aristocratie du sang est presque aussi profondement dédaignée au fond de nos bourgs que dans les villes les plus constitutionnelles. Des deux royautés qui dominaient le grand édifice de la féodalité, la seigneurie et l'église, la dernière seule a résisté, en Bretagne, a l'expérience des générations.

Le guerz du Kloàrek de Lâoudour, outre qu'il constate un fait privé, a donc une véritable valeur politique ; c'est plus qu'une ballade, c'est un document pour l'histoire.

Page 1