INTRODUCTION. V
suppliait ïe gouvernemenl de répandre dans cette malheureuse contrée la langue de Voltaire et de Rouéseau, celte langue si éloquente et si gracieuse dans la bouche d'un paysan champenois ou d'un gamin de Paris.
Puis, au milieu de t,outes ces relaîion contradictoires , fruits d'une observation de huit jours faite en chaise de poste , dans un pays inconnu dont on ne comprenait pas le langage, et que l'on avait parcouru sans guide , chacun choisissait ce qui lui convenait le mieux : la Bretagne devenait à la mode , et l'on faisait, à ses dépens, des romans, des voyages, des statistiques, des études archéologiques , des articles littéraires ou géographiques, qui nous jetaient, nous autres provinciaux, dans une véritable stupéfaction. Ainsi? M, lîippolyte Bonnelier nous apprenait que dans l'ile de Sein l'usage existait de lapider les jeunes filles qui avaient des amants ; que les tailleurs du Finistère étaient les continuateurs des druides, et parlaient une langue particulière qui était du grec altéré : que la tête du gui se célébrait encore en Bretagne i^ et que le
(1) M. Hippoljte Bonnelier dit qne la fête du gni se célébrait encore aa commencement de la révolution, et qu'on y jetait le cri de Gui-na-néj qu'il traduit par vm(à le Gui. J'ignore dans quelle langue Gui-na-né «ignifle voilà le Gai, mais à coup sir ce n'est ni en celtique ni en grec. Du reste , cette p-étenJue féls du Gui et le cri que l'on iette à son «ttruyani existent encore. Voici ce que j'ai dit à ce sujet daaa mes commentaires sur C«mi-<7 .
« Le cri jeté à T'iccas'on de cette fête, qui se célèbre Ters les derniers jotirs de décembre, esi Egui-na~né, nom dans lequel on a touIu voir au Gui l'an neuf. On a dit è ce sujet que l 's Bretons avaient conservé cet aiage depuis les druides, et que le cri de au Gui l'an neuf est celui qu'il» pouisaient lor; da la moisson da gui , an reuouYellemeat de l'année, iilaif