SON
« Comme un champ de fleurs que les herbes amères ont recouvert, mon cœur est enveloppé sous les angoisses. Ma pcin« tsi continuelle ; je bois ma douleur dans l'air, et je suis comme la tourterelle quand elle a perdu la moitié d'elle-même.
« Mon ccB'-.r aimant s'est brisé en deux parties quand j'ai appris celle nauvclle : quelques-uns de mes amis m'ont dit que es médisants étaient occupés à faire un bouquet pour moi cl ma bien-aiiroc.
« Un bouquet pour nous séoarer, ma maîtresse jolie et moi ;
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un boiiqupt composé de quatre fleurs: chagrin, mélancolie, peine d'esprit cl soucis.
« O misérables calomniateurs ! partout où vous allez, la souf' france vous suit. La peste est douce prés de vous. Vos paroles excitantes seraient capables de remuer les pierres et de les faire se mordre.
« Mais vous que j'aime, oh ! soyez fidèle, et je le serai ; soyez fidèle, et les langues méchantes ne pourront rien pour nous séparer ; nos cœurs ressembleront à un roc dans la pleine mer au moment de la tourmente.
« La pierre fondamentale de l'amour a été posée entre nous, grâce à Dieu ! Vous êtes sage, ma maîtresse, et, vous le savez , pour vaincre il faut savoir combattre. »
Le sône suivant , les IlirondeUes , publié par M . de la Villemarqué dans son Barzas-Breiz , est moderne. 11 a été composé par deux jeunes paysannes de Cornouaille : c'est l'expression charmante d'un amour vague et qui ne s'est point encore avoué a lui-même.
« Il y a un petit sentier qui conduit du manoir à mon viU lage;
« Un sentier sur le bord duquel on trouve un buisson d'aubépine
« Tout chargé de fleurs qui plaisent au fils du gentilhomme.
« Je voudrais être une fleur d'aubépine, qu'il me cueillit de sa main blanche ,
« Qu'il me cueillit de sa petite main blanche, plus blanche que la fleur d'aubépine.
« Je voudrais être une fleur d'aubépine , pour qu'il me plaçât sur son cœur.
« Le Ois du gentilhomme s'éloigne de nous quand l'hiver entre au logis ;
« Et s'en va vers le pays de France comme les hirondelles dans leur vol.
« Quand revient le temps nouveau, il revient aussi vers nous;
« Quand les bleuets naissent dans les prés et qae l'avoine fleurit dans les champs ;
« Quand rhnntont les pinsons et les petits linots ;
« Il revient à la suite des fêles ; il revient pour nos pardons !
« Je voudrais voir des fleurs et des fêles chez nous en chaque saison ,
« Et voir les hirondelles voltiger par ici, toujours.
(f Je voudrais les voir voltiger toujours au bout de notre ehemincc. »
SONE.
« J'avais choisi une jeune fîlle, une jeune fille que j'aime toujours; mais, hélas ! mon pauvre cœur, la jeune fille t'a délaissé.
« Quand je croyais être aimé, mon cœur était bien joyeui; maintenant que je suis détrompé, mon cœur est bien affligé.
« Douce enfant, si tu me rencontres, ne me regarde pas, car je ne pourrai soutenir le regard d'un amour trompeur.
« Douce enfant , quand je serai seul , si tu me vois , ne me parle pas, car tes paroles feraient trop de peine à mon cœur.
« Quand j'entends une tourterelle chanter sur la branche, je dis : — La tourterelle est joyeuse, sa compagne n'est pas loin.
«Douce enfant, quand je serai mort, tu viendras sur ma pierre et tu diras : — C'est la pierre d'un jeune homme mort d'amour. »