‹ Les derniers CarolingiensChapitre 147 sur 376 · SIEGE DE PARIS · texte numérisé non relu

SIEGE DE PARIS

fleuve \ — Lothaire, surpris à son tour quand ses troupes étaient lienciées *, n'avait pu opposer aucune résistance ; il lui fallut aller au delà de la Seine demander secours à Hugues Gapet. Il se réfugia à Étampes et y convoqua ses vassaux, pendant que Hugues Capet s'enfermait dans Paris pour défendre le passage de la Seine. Ne pouvant traverser le fleuve dont la rive gauche était défendue par les Français,

1. Richer (III, 74). — Ann, S. Quintini Viromand.: « 978. Otto im- « perator Laudunensem pagum vastat. » — Ann. S. Dionysii :« 978. « Ottho filius Otthonis, rex Saxonum ante muros Parisiorum venit. » — Ann, Hildesheim.: « 978. Eodem anno imperator cum magno exer- « citu Galliam invasit ac devastavit. » — Ann. Weissemburg. : «978. ... « Heinricum ducem ad suam graciam recepit atque in Franciam per- « rexit. » - Ann. Magdeburg. : « 978. Eodem anno Otto imperator cum « magno exercitu Galliam, quae dicitur Karlingia, invasit ac devas- « tavit. » — Ann. S. Medardi Suess. : « 980 (sic). Saxoni Franciam « vastaverunt, et a Francis cum imperatore suo Ottone fugati sunt.» — Ann. Sangallenses maiores (voir p. 98, n. 1). — Alpertus (Jbid.). — Chronicon Rainaldi Andegav.: « 977 («te). Otto imperator Parisius venit cum « ingenti exercitu.»— Chr. S. Florentii Salmur.: « 978. Otho imperator « Parisius venit cum magno exercitu. » — C'est alors qu'apparaît pour la première fois la fameuse expression de furor leutonicus dans Aubry des Trois-Fontaines. — Chr. S. Maxentii Pictav. : « 978. Otho impera- « tor apud Parisium fuit, sed Franci fugaverunt eum. » — GeAta ep. Camerac, I,c. 97 (suite, voir p. 98, n. 1): «Et nesuapremissalegatioregem « Lotharium fallat, prescripta quidem die in regnum ejus pervenit, « prosperisque usus successibus, primo Remensium, deinde Laudu- « nensium sed et Suessionensium, novissime vero partes Parisiorum « diversa peste vastavit. Paternis tamen moribus instructus, aecclesias « observavit, immo etiam oppulentis muneribus ditare potius estima- « vit. » — Sigebert copie les Gesia et Alpertus. — Othlon, Vtta s. Wolfkangi : « Cum Caesar Otto médius, propter injuriam sibi factam « Francorum partes invadenshostili manu usque Parisium perveniret » ... (suite, p. 104, en note).— Thietmar (voir p. 98, n. 1).— Rod. Glaber, « Hist.: ... Franciam ingressus venit usque Parisius (/ôirf.). » -^ Ann, A Uahenses : « Cum festinatione omnes vires regni sui coadunavit et « insecutus est eum usque ad fiuvium Sigonem et usque ad monaste- « rium Sanctî Dionysii et eum non apprehendit, quia fugiendo « evasit. »

2. « Sic etiam, versa vice, Lotharium adurgens, eo quod militum « copiam non haberet, fluvium Sequanam transire compulit et geme- « bundum ad ducem ire coegit. Turbati ergo repenttno hosittan « adventu rex Stampas adiit. » (Richer, III, 74). Ce passage prouve contre les Gesta ep. Camer., Thietmar et les Ann. Altahenses que Lothaire ne reçut pas le défi d'Otton II pendant son retour d'Aix-la- Chapelle, mais très peu avant l'invasion ; de sorte qu'il ne put rassembler à temps ses vassaux licenciés. — Cf. Richer (c. 75 et 77).

[978] SÎÈOE DE PARIS 101

Otton fit ravager le Parisis par ses valets d'armée et brûler les faubourgs. Un des guerriers allemands alla jusqu'aux portes bardées de fer qui défendaient le passage du Grand- Pont, insulter tes Parisiens; et les défier en combat singulier. Un des assiégés , du nom dlves, accepta la lutte ^ tua T Allemand et fut récompensé par le ducV

Pondant ce temps, Lothatre, GeofFroi Grisegonelle, gonfalonier du roi*, Henri, duc de Bourgogne^» avaient rassemblé leurs troupes et se dirigeaient vers Paris au secours de Hugues Capet. L'armée impériale était affaiblie par la fatigue et les maladies, elle souffrait sans doute aussi de la disette dans un pays désert et ruiné ; Thiver approchait. Otton II ne jugea pas bon de s'attarder plus longtemps et

1, Rîcher (Ilf, 76). — ïl a certainement existé un va.Hsal de Hugues Capet du nom d'Ives. Trois ans après ces événements, le duc se trouvant à Senlis contirmait la cession faite à Tabbaye d'ïïomblières, par ce perisonnage. d'une forôt, prés du village de Ghavigny en Verrnandofs moyennant douze sous de cens annuel à la saint Ré m y (1" oct.) Voy. Pièce justt'f. n" 4* — fîuL Franc. Senon. : « Post haec Otto imperalor coiigregans exercittim suum venit Pari- (f si us ; ubî interfectus est ncpos ipsius Ûîtonis cum aliis pîuribus ad H poi*tam civitatis, incen^o suburbio illius* Jactaverat namque se o extollendo dicens, quod lanceam .sua m înfigeret in portam civitatis M Parisiorum- h— Selon Jean d'Ypreâ {Ckronicon Siihien&é)^ ce serait Tompereur lui-môme qui aurait dardé sa lance dans la porte de Paris en s^écrîant : « Hue usque sufticit. !> Ce trait légendaire, Vlfist. Franc. Senon. l'avait fiéjh attribué au duc Ardennaîs Helpon, tué devant Sens en 959 (voir p. 29). — Tous f'es r€^<"its ont une teinte légendaire; elle s'accuse surtout dans les Gc$te$ des comtes dWnjou, rédigées au su* siècle, où le héros et le vainqueur du duel est Geofïroi (îrïsegonelle, comte d'Anjou. — M Mourin a eu la naïveté d'accepter en toute coti fiance la narration des Gesta conmilum A?idegavensium et de la paraphraser longuement, — Cf. Matthaei (p S3-24).

2, C'est son titre traditionnel (Chftnson de fiofand, éd. L, Gautier. vers 106). G esta comulum Andegavens. —Les Gesta ep. Camerac, nous montrent que (reoiTroi avait une grande autorité dans Tarmée puisqu'il se permet de répondre aux messagers d'Otton II avant le roi lui même (voir p. 105). Je pense que Geoffroi a pu réellement porter la bannière royale.

3, Rod.Glaher. Hù(.: « Lothariusexomni Franciaatque [hirgiindiami- « ïitari manu inunumeoaeta persetnitus est OttonisexercitQm(etc.). » — Le témoignage de Raoul Glaher ifest pas très sur; il est pourtant bien probable que Jlenri a répondu à Tappel de l.olhaire, et surtout de son frère Hugues Capet, Le fait est d'ailleurs attesté par une chronique bourguignonne, VilUioria Francorum Senonensis. Voir p. 104 (en note).

Page 1