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SIÈGE DE PARIS

décida le retour*. Mais auparavant il fit monter en haut de Montmartre une multitude de clercs et leur fit entonner r « Alléluia te martirum », de façon à « étourdir les oreilles de Hugues et du peuple de Paris et à les stupéfier *. » Ceci fait, Tempereur leva le camp (vers le 30 novembre) et se dirigea rapidement sur la Lorraine. Adalbéron de Reims, secret partisan d'Otton, lui fournit des guides*.

Lothaire et les Robertiens ayant refait leurs forces se mirent à sa poursuite. L'empereur, toujours fuyant, s'arrêta un soir de décembre devant T Aisne, près de Soissons. Les pluies d'automne avaient grossi la rivière et rendu le gué presque

1. Richer (III, 77) : « Otto Gallorum exercitum sensim colligi non « ignorans, suum etiam tam longo itinere quam hostium incursu posse « minui sciens redire disponit, et datissignis castra amovenint, etc. » — Gesta ep. Camerac, 1. ï, c. 98 : « Qui cum satis exhausta ultione con- « gruam vicissitudinem se rependisse putaret, ad hiberna oportere « se concedere ratus, inde simul revocato equitatu circa festivitatem « Sancti Andreaejamhieme subeunte,reditum disposuit. » — Cette date du 30 novembre (saint Aqdré) pour le départ d'Otton II trouve sa confirmation dans Thietmar, Chronicon : « In illo itinere, multis infirmitate « nimia compressis, Brun, comes Harneburgensis, miles per cuncta « laudabilis, obiit II. kal. decembris (30 novembre). »— Il ne faudrait pas interpréter deux passages de Richer (III, 74, 75) reproduits par Raoul Glaber, comme signifiant qu'Otton II n'est resté que trois jours devant Paris. Ce serait invraisemblable puisqu'il est entré en France le 1*' octobre et n'est reparti que vers le 30 novembre; Richer, à mon avis, veut dire simplement que le ravage des environs de Paris dura trois jours sans que Hugues Capet pût s'y opposer.

2. Gesta ep, Camerac, I,c. 97 : « Deinde vero ad pompandam vic- « toriae suae gloriam, Hugoni, qui Parisius residebat per legationem « denuntiansquodintantumsublimitatem Alléluia facereteidemcantari « in quanta non audierit; accitis quam pluribus clericis « Alléluia te « martirum » in loco qui dicitur Mons Martirum, in tantum elatis vo- « ci bus decantari precepit, ut attonitis auribus ipse Hugo et omnis Pari- « siorura plebs miraretur. »

3. Voir les invectives de Louis V contre Adalbéron dix ans plus tard (Richer, IV, 2) : « Adalbero Remorum metropolitanus episcopus, homo « omnium quos terra sustinetsceleratissimus,contemptopatris meiim- « perio, Ottoni Francorum hosti in omnibus favit. Eo coopérante, Otto « exercitum nobis induxit; ejus subtilitate, Gallias depopulatusest; eo « itineris duces praestante, indempniscumexerciturediit.» Ce discours me semble tout à fait authentique; Richer, disciple et admirateur d'Adalbéron, n'aurait osé inventer un pareil langage. On peut admettre que les propos de Louis V sont exagérés; mais le dévouement que l'archevêque de Reims montra par la suite à l'empire ne permet guère de douter que le fond ne soit vrai.

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impraticable. La situation était critique: les troupes fran* çaises serraient de près Tarmc^e impériale, elles pouvaient lui tomber sur le dos pendant la nuit. Otton dut son salut à la présence d'esprit de Godefroi, frère d'Adalbéron de Reims, et de Wolfgang, évèque de Katisborme, Ih le décidèrent à franchir la rivièro coûte qiïe coûte, La plus grande partie de Tarmée passa heureusement sur la rive droite ; mais l'obscurité ne permit pas à l'arriêre-gardo de traverser, La suite montra toute la prudence des conseils de Godofroi et de Wolfgang. Pendant la nuit le fleuve grossit encore davantage, et le lendemain matin l'armée deLothaire apparut sur la rive gauche ; bien qu'inférieure en nombre, elle eût par son choc jeté dans la rivière les troupes impériales. L'arrière-garde fut naturellement exterminée; ce qui ne tomba pas sous l'épée fut emporté parle torrent. Néanmoins Otton n'eut à déplorer la perte d'aucun personnage illustre, l'arrière-garde n'étant guère formée que des valets d'armée et des chariots de transport, La victoire des Français se borna donc au massacre des valets et à la prise des bagages*.

1. Richer(III, 77): « Angarias quoq^e accelerare moliti &nnt, amo- « tisque omnibus ibant non segniter nec; s^me metu , Axonae Quvii « vadafestinantesaliitransraiscrant, altivero ingrediebantur, cumexer- « citus a rege raissus a tergo festinantibus atfuit. Quî reperti fuere a mox gladiis hostium fusi sunl, pi lires quidem, at nullo nomme a clari.»— Gesla ep. Camerac (I, c. 98): « Ubî Lothariua Ottonem inse- « quitur, sed Axona fluvio intercuïTeiite pugna difîertur^ .,,, remen- « soque itinere bono successti gestarum rerum gaudens» super Axo- « nam fluvium castra metari precepit. Sed tamenn, quia iste fluvius, si « quando imbras incumbant, in taiitum excrescere solet ut absque na- « vigio effretari non possit, su^'ge rente atque exhortante comité Gode- « fridonequid videlicet inpediTnenti tjintae cnpiae mïiitum in dîfficili a transita contingeret, praeterlegere fe.stinavit, paucis tamen famu- « lorum remanentibus, qui relrof^radienles (nam sarcinas bellicae « supellectilisconvectabant), prc fatîgatione oneHs, teriebris siquidem « jamnoctisincumbentibustransitum incrastîno diiîerre arbîtrati sunt, « Sequenti vero die, collectis q uos potmt I^othari us, 1 i cet in ferior n umero^ « expudoris tamen conscientia preiïuraptionem (^olHgens, occulte usque a ad predictum fluvium hostes proseqaitur, Cujus inproviso impetu et ipsi rei bellicae portatores perterriti^ dum sibi natatu consulere « estimarent, subito excrescenli bus undis. lapsis viribusmortuidimera guntur. Ipsa etenim nocte in lantum excrevit alveolus ut difficultas « importuosi littoris neuter alteri manum runferre potucrit; hoc, ita ft sane credo, Dei voluntate disposito, ne strages innumerabîlisedere- « tur atrimque; licet enim inferior Lotharius^ ut ferunt, sese certa-

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