RÉSULTATS NEGATIFS DE LA GUERRE
Germanie Tinvasioii de la France par Otton n^ait pas rencontré une approbation unanime, La légende voulut qu'un ermite eut prédit que tous ceux qui avaient conduit cette expédition mourraient dans les sept ans ' ; pour certains la défaite d'Otton à Basentellu cinq ans plus tard fut le châtiment de ses dévastations et de i^a lutte impie contre des chrétiens *.
De leur côté les Français s'attribuèrent naturellement tout rhonneur de la campagne ', sans réfléchir qn*elle n'avait pas eu de résultat utile, puisque la Lorraine leur échappa encore une fois. Mais la joie d*avoir failli enlever le plus puissant souverain de T Europe et de lui avoir fait essuyer un échec fut plus forte que la raison. Ce sentiment d'orgueil se manifesta, non seulement dans les Annales, mais aussi dans les chartes, et même dans les pays qui n'étaient pas soumis â Tau* torité directe de Lothaire. C'est ainsi qu*un acte de Marmuntier-Iès-Tours porte cette date significative: Data autem haec auctoritas mense marciOf sub magno rege Ulothario^ anno scilicet XX VI., quando impetmn fccii contra Saxones et ftftjavit Imperato7*em^ .
Charles ne put ou n'osa se maintenir dans Laon ; il suivit
i. Aïpertns : « Erat tam tampons in Francia vir sanctitate et spiritu « talis, eus divinitus revelatum est omnes cotisiltû quorum actum eat M !it exereîtas in Franciam duceretur infra sepîern annorum circulos « esse morituros. Cujui> propliedam ita comidetam coUigîraus, etc.» (11 raconte la défaite d'Otton W à lîasenteilo.) « Hoc ultioue divina « actum secundum praedictum saticti illius hominis a mullîs crede- «r batur ut qui in vastationem regiii Frauctinim consilium dederant, « \\m in peregrinis terris sepultura et omnium amicorum solatiis « carerent. »
2. Bruno, Vita S. Adaiberti : « cum esset melÊus pugnare zelo cum paganis, sine reverentia fraternae cUrîstîanitalis congrediuntur cum CaroUnîfi Francis. »
3. Annales S. Medardi; Chr. S. Mnxenlii PictavmsiSy etc. (voy. p^ 57, n. 4). Pour la partialité et l'invraisemblance, Vl/Utoria Francorum Senonensix fait le pendant des G est a episcopumm Canirmcensium (voy, p. 103. n. 1 (à la fin); cf. p, 96 (en note), et p. 101, n. l), Lesérudits allemands (de Giesebrechtà Matthaci) re prod ui.se nt ou combattent Guillaume de Nangis ; c'est peine perdue : Guillaume de Xangis n'est pas original, il se borne à copier mot pour mot Vlfisioria Francorum Senonensis. Le seul renseignement qui lui appartienne en propre est une erreur: il prétend que Lothaire reçut a Metz Thommage dos baroiïs (siic) de la Lorraine; la chronique d'Alpertus (voir p* 97, n. 2) montre que c'est absolument faux.