‹ Les derniers CarolingiensChapitre 155 sur 376 · ÎÎ2 CONDUITE DE CHARLES EN BASSE-LORRAENE · texte numérisé non relu

ÎÎ2 CONDUITE DE CHARLES EN BASSE-LORRAENE

thaire entendait-il exercer un droit de régale* ; mais on craignit que ce ne lut le prélude d'une invasion du Cambrêsis. Otton lï était alors occupé bien loin à combattre les Polonais' ; du] secours à attendre de lui de longtemps. Dans ces circonstances critiques, Godefroi, comte de Hainaut"^, et .\rnoal de Valenciennes, les deux personnages les plus considérables de la Basse-Lorraine, se décidèrent à avoir recours à Charles, que son titre de duc désignait tout naturellement pour la défense du pays. Ils lui rappelèrent que Temperenr ne Tavait nommé qu*à condition de s'opposer aux incursions de son frère ; ils le prièrent de venir en tonte hâte protéger Cambrai, et faire rentrer les vassaux de révêcbé dans le devoir; il devait leur faire prêter serment de fidélité à l'empereur et exiger d'eux des otages jusqu'au retour d' Otton II, qui nommerait le nouvel évêque. Charles accepta très volontiers ; il réunit des troupes et arriva à Cambrai en compagnie de Godefroi et d'Anioul. Mais ils ne tardèrent pas à s'éloigner avec

sion du Cambrésîs, cela signifie implicitement que cette inva^iion n'avait pas eu lieu encore (lin 978 ou *J79).

L Ce droit n'était pas inconnu aux Carolingiens. Des Capitulaîres de Charles le Simple en font mention ; Hincmar, dans ses lettres au pape Léon IV^ se plaint de la rapacité des officiers royaux à chaque vacance épiscopakv Les s;euls êvécliés sur lesquels Lothaire a conservé le droit de nomination sont (outre ceux du diocèse de ïleims) ceux de Bourgogne et de Champagne, les senk précisément sur qui les Capétiens, ses successeurs, purent de longtemps exercer le droit de régale — sans doute à son exemple. — Voir Iîrii!?iiel, Ds l'Usage des fiefs, ), II, c. 17-20. Vuitry. t. 1, 298-299. Luchaire, t. 1, 117-20,

2, Les Slaves f disent les Gesta ep, Camer.^ qui seuls nous donnent ce renseignement. Giesebrecht déclare que ce ne peut être que les Polonais {Jahrb., p. 56-57),

3. Le 21 janvier 979, Godefroî se trouvait au monastère de Saint- Pielre de Gand avec sa femme Malhilde et son fils Herman, et ià. en présence de son beau-fjls Arnoul le Jeune, comte de Flandre, il faisait don à l'abbaye du domaine de Hollaing. de Teglise de Ramelgies et de plusieurs autres manses dans le Tournaisis. Chose curieuse, cette charte est datée du règne « înclyti regîs Hlotbanî ». (Voy. Van Lozère n, Chartts de Saint- Pisrre^ t. 1, n" 51). — Kalckstein conclut témérairement (p. 346) de cette date que Godefroi, appuyé par son frère Adalbèron de fieïms, s'employait à négocier la paix entre Lothaire et Otton II. En réalité, Tacte est daté du règne de Lothaire parce qu'il est paiisé à Gand et que cette ville faisait partie de la France ; l'èpithèle de « inchi:î » est une formule sans conséfiuence due au scribe qui a rédigé la charte. Bien loin de s'entremettre pour la paii, Godefroî a*empresîie d'appeler contre Lothaire son propre frère.

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