‹ Les derniers CarolingiensChapitre 161 sur 376 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Da traiiè de Martfui à Iê. mort de Ltoikatre.

Si l'attaque soudaine de Lothaire deux ans auparavant avait été une témérité, la paix dti Margut, clandestine et corome hontexiife, fut une faute des plus graves. Elle tit perdre à Lothaire le prestige que lui a\ait acquis sa lutte contre Tempereur^ et, conséquence toute naturelle, lui aliéna un grand nombre de ses sujets. Pour prévenir une entente douteuse entre Otton II et Hugues, pour éviter avec celui-ci une lutte future, incertaine, Lothaire truuva mojen de s'attirer sa colère immédiate. Le roi devait bien penser que son traité avec Otton serait découvert ti^t ou tard et que le duc ne se ferait pas faute alors de s'allier lui aussi avec Tempereur. Lothaire couiplait, il est vrai, sur Tappui de celui-ci ; mais il se flattait étrangement. L'intérêt d'Otton était d'affaiblir Tun par Tautre ses anciens adversaires; d'ailleurs il n y avait pas à compter sur ses secours, puisqu'il partit pour T Italie peu après Tentrevue de Margut**

De retour à Laon, Lothaire se rendit compte que tout se découvrirait bientôt. Alors, commettant faute sur faute, il tint le duc de France à Técart de toutes les affaires, les décidant seul avec ses propres serviteurs» II arriva ce qui devait fatalement arriver; ou apprît bien vite que le roi avait Irai lé secrètement avec Otton II, et ce fut partout une explosion de

1. Otton II quitta TAlIemagne en novembre 980. Lotliaire prévoyaitil ce voyage ? Le discours que Iïicher(IJI 79) prûte à ses ambassadeurs auprès d "Otton II le donne à croire: « quod t>i ex vobisaHer in uliimas o suoram regnonim gentes ire dîsposuerit, ait e ru m acsi fratrem a fidunifiue suarum rerum tutorem habebit 13. Si Lothaire a eu connaissance du départ prochain de Tempereur pour l'Italie^ il a conimis une sottise inexcusable en faisant la paix avec lui ; en Italie, Ûtlon n*était plus dangereux comme ennemi, il était împtiissant comme amî.

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