‹ Les derniers CarolingiensChapitre 177 sur 376 · ALLIANCE DE LOTHAIRE ET DE HENRI DE BAVIERE · texte numérisé non relu

ALLIANCE DE LOTHAIRE ET DE HENRI DE BAVIERE

connaître à leurs amis ces desseins alarmants. Ce dernier écrivit en novembre-décembre 984 à Notker, évêque dfi Liège dont la fidélité avait peut-être besoin alors d'être encouragée : « Veillez-vous, père de la patrie, vous dont la fidélité pour « le parti de l'empereur était si fameuse ; ou bien êtos-vous « aveuglé par la mauvaise fortune et l'ignorance des événe* « nements ? Ne voyez-vous pas les droits divins et humains c< bouleversés à la fois? Voilà qu'on délaisse ouvertement « celui auquel vous avez promis votre foi (Otton III) à cause « des bienfaits de son père, foi que vous devez conserver « avec dévouement. Les rois des Francs s'approchent en a secret du Brisach germain sur les bords du Rhin ; Henri, « déclaré ennemi public, ira à leur rencontre pour le 1*^^ fé- « vrier. Prenez toutes les mesures de résistance, mon père, <c pour empêcher la ligue contre votre Seigneur et votre « Christ. La royauté de la foule, c'est Tanarchie dans les a royaumes. Il est difficile de n'être d'aucun parti; choi- « sissez donc le meilleur \ Quant à moi que les bienfaits « d'Otton ont rendu entièrement fidèle à son fils et son héri- « tier, mon parti a été pris sans hésitation. Nous connais- « sons les desseins ténébreux de Henri, les projets agressifs « des Français. Quelle en sera l'issue, nous rignorons^ <c N'admettez pas au partage du trône un homme dont vous « ne pourriez ensuite vous débarrasser ''.»

Alors pour la première fois l'archevêque de Reims songea à se rapprocher des Robertiens et à les opposer aux Carolingiens. Il alla trouver Hugues Capet et lui assura que la cour impériale voulait renouveler avec lui et son fila Robert

1. Cette phrase me semble indiquer que Henri jouissait de la faveur populaire et que la fidélité de Tévôque de Liège en était ébranlée. En effet, une charte de Notker donnée à Liège à cette époque, le 28 octobre 984 (Pacte porte 989, mais l'indiction XII permet de corriger 984) est datée : « imperii vero Henrici anno primo, » (Hariulf, Chron. CeniuL, 1. III, c. 30.)

2. Le texte porte « non ignoramus », c'est probablement une étourdie pour nescimus. Comment Gerbert aurait-il pu prévoir la suite des projets de Henri et de Lothaire ?

3. Lettre 39 (éd. Havet, p. 37), secrète, c'est à-dire écrite en caractères tachygraphiques qui, n'étant pas compris en France, ont été kisséa en blanc dans le manuscrit de Saint-Mesmin des lettres de Gerbert. Voy. Havet, Introd., p. lvi-lxx.

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