LES LORRAINS RBPRRNNENT VERDUN [9S
cité UQ parti favorable au roi de France \ Laissant la garde de Verdun à sa femme Emma, Lothaire revint à Laon (milieu ou fin de février 985), et licencia ses troupes ; mais il leur fit promettre d'être prêtes à tenir campagne au premier signal. L^armée, dont il s'était acquis la faveur par des présents, protesta de son zèle et de son dévouement.
Lothaire fut bien inspiré de prendre ainsi ses précautions. Là prise de Verdun avait été un coup de main auquel personne ne s'attendait. A cette nouvelle, les princes lorrains marchèrent sur la ville. GodelVoi^ son fils Frédéric, Sigefroi de Luxembourg, iejeuneduc de Haute-Lorraine, Thierry, Bardon et Gozilon ^ la reprirent par surprise. Ils s'introduisirent avec une troupe d'élite par le quartier des marchands, situé sur la rive droite de la Meuse, mais relié par deux ponts à la cité proprement dite. Ils en chassèrent la garnison française et la reine Emma. En prévision d'un nouveau siège, ils rassemblèrent dans Verdun ries provisions de toutes sortes, réquisitionnèi-ent les marchands et les paysans des alentours; ils firent couper du bois dans les forêts de l'Argonne pour fabriquer dos armes et des machines ; les forgerons apprêtèrent des traits de toutes sortes. On réunit mille rouleaux de cordes, de grands boucliers, cent machines de guerre.
Pendant ce temps, Lothaire était demeuré à Laon, incertain s'il devait s'emparer par force de la Lorraine ou se rattacher par la douceur et la persuasion. Quand il sut la prise de Verdun et les préparatifs des ennemis, il rappela son armée, décidé cette fois à conquérir définitivement la Lorraine, et ce fut à la tète de dix mille hommes qu'il se dirigea contre Verdun. Les dispositions des assiégés et la situation rendaient un siège en règle des plus difficiles. Verdun était alors, à Texception du faubourg des marchands, situé tout entier dans un méandre de la Meuse qui l'entourait presque complètement. Le plateau rocheux haut d'une ving-
!. Gesia ep. Camerac.(t. I, c, 105) ; « Jnterea mortUD Wifrido Vir- « duneusium episcopo, multis profecta epîscopaliuin railitum resis- «f tentibus, atùjuot vero conseniienîibuK^ iirbem cum presumta vendi- <( catione Lutharius ingrediUr. a — Cf. T Invective contre Verdun C LeiîreM de Gerùert, 79).
2. Peut-être frères de révoque de Laon. Voy. p, 87, n. 3, et plus loin p. 158, n. 5,