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SECOND SIEGE DE VERDUN

taine de mètres, qui est à Touest de la ville et où se trouve maintenant la citadelle, ne permettait de ce côté ni Tattaque ni rapproche des machines de guerre. Il est évident que les Français ne traversèrent pas la Meuse; cela ne leur eût servi à rien et les eût mis dans une position dangereuse, puisque la retraite eût été coupée. Il paraît vraisemblable qu'ils campèrent, soit dans Tespace restreint situé entre la citadelle actuelle et la Meuse (au nord], soit (ce qui est plus probable et coïnciderait mieux avec la description de Richer), au sud de Verdun dans une plaine entourée par le fleuve *.

Les Français commencèrent Tattaque en faisant voler une grêle de flèches et de carreaux d'arbalète * sur les assiégés ; ceux-ci n'en soufirirent pas, étant garantis sur les remparts par leurs grands boucliers ^ Voyant qu'im coup de main était impossible, l'armée française s'installa alors dans la plaine et entoura son camp d'un fossé pour se mettre à l'abri des surprises et des sorties des assiégés. On se mit en devoir de construire une tour roulante, dont Richer nous donne une description minutieuse et intéressante qui prouve que tout art militaire n'était pas complètement perdu au x° siècle *. Pour rouler la tour, on employa l'expédient suivant : quatre énormes pieux furent enfoncés dans le sol à une profondeur de dix pieds, contre les remparts mêmes de la ville ; leur saillie hors du sol était de huit pieds ; des cordes, attachées d'un côté à la tour, s'enroulèrent autour des quatre pieux ; à l'autre extrémité des cordes on attela des bœufs. On comprend que, grâce à ce système de poulie, plus les bœufs s'éloignaient des remparts, plus la tour s'en approchait ; son mouvement était facilité par des rouleaux que l'on glissait par-dessous.

Les assiégés opposèrent une autre tour, mais inférieure en hauteur et en solidité. Néanmoins, entre les soldats qui

1. « Le front accessible par la route de France devait être vers la « porte de la Princerie, au haut de la «place d'Armes actuelle. » (Abbé Clouët, I, p. 352-3. Sur la topographie de Verdun, voy. ibid., p. 457 etss.

2. Arcobalistae. Ce mot désigne le trait lui-même et non l'instrument qui le lance.

3. Preuve qu'à la fin du x* siècle on ne connaissait encore ni hourds ni créneaux.

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