PRISE DE VERDUN
garnissaient les deux tours le combat se continuait aTec acharnement et sans résultat. Lothairet qui s'était approché trop près des remparts, fut atteint â la lèvre supérieure par une pierre lancée par une fronde. Sa blessure ne fît qu'exciter Tardeur de ses troupes. Enfin le roi eut la bonne idée de faire apporter des crochets de fer avec lesquels on harponoa la machine ennemie. Les Fran^;'aîs lancèrent alors des cordes dans les poutres, et en tirant dessus tentèrent de renverser la tour. Celle-ci s'inclinait d'une façon inquiétante; les Lorrains se hâtèrent de Tévacuer. Peu de temps après, voyant que leur résistance était inutile, ils se renrlirent. Lotbaire n'exerça aucune vengeance sur les habitants ; il laissa même la garnison se disperser librement, et se contenta de s assurer de la personne des chefs lorrains. Il les confia à la garde d'Eudes et d'Herbert, qui les enfermèrent dans un château sur les bords de la Marne, puis, de retour à Laon^ il licencia son armée (fin mars 985) \
La prise de Verdun, la captivité de sa famille, étaient im coup terrible pour l'archevêque de Reims ; mais son ami Gerbert ne perdit pas courage un seul instant et déploya plus d'activité que jamais*. Avec sa souplesse et son adresse habituelles, il obtint, chose étrange, des comtes Eudes et Herbert la permission de visiter les prisonniers le 31 mars 985, Il put ainsi, au début d'avril, transmettre leurs recommaudations à leurs parents par une série de lettres que nous traduirons intégralement parce qu'elles témoignent de Tesprit tenace et résolu des prisonniers et de rhabileté de Gerberi*. La première est adressée à deux fils de Godefroi, qui, n'ayant pas pris part au siège, avaient échappé auï mains de Lothaire,