‹ Les derniers CarolingiensChapitre 182 sur 376 · Richer (III, c. 102 à · texte numérisé non relu

Richer (III, c. 102 à

2. Il est curieux de voir que, quelques semaines avant ces événements, Gerbert songeait à prendre du repos, â s'adonner à Tétude. — Voy. ses lettres à Ebrard, abbé de Saint-Julien d'Aurillac (a" ^^ ^^ la n. 7, p. 41 de M. J. Havet) et â son amî Rainiond, moine d'Aurillac (no 45, p. 43 et 44). Il déclare dans celle-ci « préférer le repos assuré des lettres aux affaires incertaines de ïa guerre. 5* C'étaiÊ jouer de malheur.

3. II nous a paru préférable de donner les documents eui-raêmfls dans toute leur éloquence plutôt que de les paraphraser.

« A Adalbéron, évêque désigné * de Verdun et à Herman, « son frère. Heureux ceux à qui la vertu d'un père donne un « exemple à suivre. Votre père vous mande de ne pas vous « laisser abattre par cet événement soudain. Conservez « intacte la foi que vous avezjurée au fils de César; défendez a toutes les places contre l'ennemi ; enfin ne livrez aux « Français ni Charpeigne, ni Hatton-Chatel^ ni aucune autre « des villes dont votre père vous a laisssé la garde, séduits « par le vain espoir d'obtenir ainsi son élargissement ou c< effrayés par son supplice et celui de votre frère Frédéric '*. ce Que Tennemi sente qu'il n'a pas pris Godefroi tout entier et « vous serez les libérateurs du pays. Tels sont les ordres « que votre père magnanime a donnés à ses nobles fils le ce 31 mars. Il m'a chargé de les transmettre sachant que je

1. « Adalberoni vocato episcopo Verdunensi. » En elTet, Adalbéron n'avait pas encore reçu la consécration. Son oncle, Tarchevêque de Reims, avait décidé Tannée précédente de se rendre à Trêves le 18 décembre ; et Ecbert avait promis à Godefroi de consacrer Tévêque de Verdun le samedi 3 janvier 985 (voir lettres 42 et 43). Mais l'archevêque de Trêves ne tint pas sa parole ; il différait encore cette ordination en juillet 985 (v. lettre 63), sans doute pour ne pas déplaire à Lothaire dont il était partisan. Les habitants de Verdun repoussèrent même énergiquement le fils de leur comte quand il eut été consacré après la mort de Lothaire (Voir l'Invective contre Verdun, lettre 79). — Herman était comte du pagus d'Eiffel depuis 978 au moins, (Beyer, no* 250 et 251). Il était aussi comte de Dasbourg et d'Einhara en Brabant (Gesta ep. Camerac, 1. II, c. 45.).

2. Auj. Scarponne, sur la Moselle, à 6 kil. S. de Pont-à- Mousson ; Hatton-Chatel, Meuse, arr. de Commercy, commune de Vigneulles.

3. Un sentiment tout à fait analogue se trouve exprimé dans la « Chanson des Loherains. » Bernard est fait prisonnier par Bègues qui menace de lui couper la tète s'il ne lui livre son château de Naisil; or, celui-ci est au pouvoir de Fauconnés, fils de Bernart.

Et dit Bernars: « J'en proierai mon fil ... A sa voix clére a escrier se print : « Entendez moi, Fauconnés, sire fis ; a Rens le chastel por moi, car je suis prinz. » Dist Fauconnés: « Por néant l'avez dit. « Se je tenoie l'ung pié en Paradis, « Et l'autre avoie au chastel de Naisil, « Je retrairoie celui de Paradis « Et le mettroie arrier dedans Naisil. » Bernars l'oït, s'en a geté un ris.

(La Chanson des Loherains, éd. P. Paris, 1833, t. I, p. 232-233).

ff lui suis tout dévoué ainsi qu'à vausV >» Il leur renouvelait en même temps la recommandation déjà faite Tannée précédente de rechercher Talliance des Rober tiens ^: if Nous écriai vons rapidement une lettre obscure et sans adresse. Le roi « Lolbaire ne gouverne la France que de nom, Hu^es en « est le maître véritable. Si vous aviez sollicité avec nous <( son amitié et rapproché son fils (Robert) de celui de César « {Otton III), vous ne seriez pas maintenant victimes de-l'hos* " tilité des rois de France . »

Toutes ces recommandations, Gerbert le-s répétait û la comtesse Mathilde,. femme de Godefroii et k Sigefroi, dis homonyme du comte de Luxembourg. A [a première il disait : « Que ma dame Mathilde cesse de se lamenter i< Votre illustre époux, Godefroi, le premier entre ses égm%. tt redoutable à ses vainqueurs eux-mêmes, l'ordonne aiîjsi. H Egayez votre esprit, car la Iriatesse desséche le corps ei « trouble les pensées. Conservez, vous et vos fils, une a fidélité inviolable à Timpêratrice Tbéophano toujours tt auguste. Ne faites aucun traité ave^ lea Fntnrais ses « ennemis et repoussez les propositions des roi^ de France. « Occupez et défendez toutes les forteresses de telle sortt; » que vos adversaires ne les puissent entamer; no vous « laissez ébranler ni par Tespoir de la délivrance de x^^w (S mari, ni par la crainte de l'exposer à la murt, lui et voire « fils Frédéric. Voilà ce qu'il m'a rocommandé lui-même le « 31 mars près de la Marne; je vous transmets fidèlement se^s « instructions.'^))

An second : « Poussés par la vive afl'ectîon que nous resflt sentons pour vos parents^ aujnurdliui eitilés', nous srtmmes " allés les entretenir la veille des kalendes d'avril, près de

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