‹ Les derniers CarolingiensChapitre 188 sur 376 · CAPTIVITÉ DB GODEFROI DE VERDUN · texte numérisé non relu

CAPTIVITÉ DB GODEFROI DE VERDUN

ce que ferait Sigefroi. Mais Tintrépide Godefroi resta sourd à toutes les propositions de Lothaire. Il faut dire qu'elles étaient fort dures. Il n'aurait obtenu la liberté qu'à condition

Adalberonis frater soit à Gibuin, soit à Gozilon ? Gozilon et Bardon nobles lorrains, étaient frères (Richer, Fil, 103). Le premier était comte du pays &'Osning ou d'Ardenne (Mabillon, De re Diplomatica, p. 576 ; Stumpf, n? 825). Le second, d'après cette phrase, avait un fils ' qui portait le même nom que lui : il est probable en effet que Barde est un ablatif (pour Bardone) plutôt qu'un génitif (pour Bardae), comme Tavaient supposé les premiers éditeurs. D'après une des interprétations possibles de ce passage et d'après une autre qu'on verra plus loin (lettre 135), il semble que Gozilon et Bardon étaient frères d'Aldabéron ou Ascelin, évèque de Laon ». (Havet, p. 56, n. 12). — Cependant à la lettre 125, (t6tc/., p. 114, n. 1). écrite au nom de Tarchevèque de Reims contenant ce passage «nepotem meum B.», M. Havet semble admettre que Bardon et Gozilon étaient frères non d'Adalbéron de Laon, mais d*Adalbéron de Reims, et que ce B. est le fils homonyme de Bardon Cette interprétation ne nous parait pas acceptable. Il faudrait en effet admettre comme prouvé que Barde est un ablatif, et non un génitif ; cette hypothèse, pour être vraisemblable, n'est pas absolument sûre ; de plus on connaît l'incertitude du mot nepos au X* siècle; il s'applique à une parenté souvent assez éloignée. — Ce passage pourrait tout au plus nous faire croire qu'il y avait une parenté entre l'archevêque de Reims, Bardon et Gozilon, mais qu'ils fussent frères nous ne le pensons pas. — Au contraire, la lettre 135 nous parait indiquer formellement que Bardon et Gozilon étaient frères de révoque de Laon. «... pro auxilio capti confratris nostri A., utque B. « et G., vestra exortatione, digniores se repraesentent germanos in a tanto discrimine rerum ». En effet, en septembre 988, Adalbéron (de Laon) était bien prisonnier. L'archevêque de Reims, qui écrit cette lettre (135), gourmande l'indifférence de Bardon et Gozilon pour le sort de leur frère (digniores se repraesentent germanos), — Ceci posé, il n'est plus difficile de ponctuer la lettre 58. Changer Gocilo en Gocilonis est une absurdité, car cela donnerait à entendre que l'évéquede Laon était prisonnier en 985, ce qui n'est pas. Le prisonnier c'était Gozilon, au témoignage de Richer (III, 103); d'ailleurs rien n'autorise cette façon de corriger les textes ; j'en dirai de même du changement d*Adalbero en Adalberonis, Il faut laisser intactes les leçons données par les ms. et se contenter de mettre une virgule après GibeuuiniLS^ un point après Adalbero. Il faut traduire frater Gocilo par « son « frère Gozilon », en sous-en tendant ejiu se rapportant à Adalbéron. Cela n'a rien d'impossible ; cette lettre 58 ayant été écrite avec rapidité et concision, on conçoit l'omission du mot ejus. Enfin cette interprétation est la seule qui puisse se concilier avec la lettre 135. Si Bardon et Gozilon n'étaient pas frères d'Adalbéron de Reims et de Godefroi, lis pouvaient être leurs parents plus ou moins éloignés. Dans une lettre adressée à leur frère Ascelin qu'il tutoie, l'archevêque de Reims lui rappelle l'exemple de Godefroi, son parent par alliance^ {a f finis), Voy. lettre 136, éd. Havet, p. 122.

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