Lellres de GerheH, éd- Havet, lettre 85. Juin-août
[986] HAINK DE LOUIS V POUR ADALBKRON 191
France, Dans l'intervalle, problablement sous Tiafluence de son oncle Charles, il se détacha tout à fait de sa mère Emma, de sa ^raad'mère Adélaïde, enfin d'Adalbéroti. Depuis longtemps sans doute il se défiait de ce denuer, le considérant à juste titre comme un homme dangereux, qui, ayant trahi son père, ne pouvait que hii être funeste à lui-même. Le roi était d'un caractère a la fois faible et violeni ; ces deux défauts se combinent souvent ; sa jeunesse le portait aux réi^olutions extrêmes. 11 en vint rapidement a haïr Tarchevêque de Reims et à vouloir s'en débarrasser atout prix. Livré à ses propres forces, il n'était peut-être pas en mesure d'exécuter ce projet. Il se résolut à se soumettre en apparence à l'ascendant de Hugues Capet, dans le dessein secret de lui faire partager se^ griefs conti*e Adalbèrou et de mettre les ressources du duc de France au service de sa haine. Dans un entretien qu'il eut avec lui et un certain nombre de ses conseillers, Louis le flatta en exagérant ses forces et les recommandations de son père mourant \ « J'ai voulu placer en tous, i< dit-il, mes desseins, ma volonté, ma fortune. » Mais il ajouta: ce Adalbéron* archevêque de Reims, Thomme le plus « scélérat de tous ceux que la terre supporte, méprisant l'au- <f torité de mnn père, favorisa en toutes choses Otton, l'ennemi a des Français: il l'aida à conduire une armée contre nous ; H il Taida à ravager les Gaules, et, eu lui fournissant des «f guides, il lui donna les movens de rentrer chez lui sain et tt sauf ainsi que son armée ^ Il me paraît juste et utile u d'arrêter ce misérable pour lui infliger la peine d'un si « grand crime, et pour porter en même temps la crainte au « cœur des méchants qui voudraient suivre ses traces \ »