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SOft AUALBÉKON ET SA THKORIË t)E I.A ROYAUT» [B9T,
« VUS intérêts privés. Grâce à sa bienveillance vous aurez fl en lui un père. Qui en effet a mis en lui sou recours et n\ u a point trouvé protection? Qui, enlevé aux soins des sien*. u ne leur a pas été rendu par lui ^ ? **
Ce discours mérite de retenir rattention. Tout d'abord nous admettons son authenticité, non pour la forme, mais pour le fond. Il nous semble impossible que Kicher lait inventé. Il est fort probable qu'en sa qualité de moine de Saint^Rémy et de disciple de Gerbert, il assista avec son maître à rassemblée de Senlis, qu'il y écouta le discours de Tarchevéque, dont il était ladmirateui' convaincu, et qu'il nous en a transmis la substance. A tout le moins il Ta recueilli d'après les îufor- Diations qui circulaient dans le clergé rémois. Plus d'un passage trouve d'ailleurs sa confirmation dans des chroniques qui n'ont rien emprunté à Richer,
Le lait capital du discours de rarchevéque, c'est qu'il prétend que la naissance est insuffisante pour succéder au trône. Que faut-il penser de cette théorie? Etait-elle conforme aux habitudes ei à l'opinion du temps? Au s« siècle, un roi, pour être légitime souverain, devait réunir trois conditions ; la naissance, 1 élection, le sacre*. L'importance relative de ces trois conditions n'était peut-être pas très claire, même aux yeux des contemporains. Adalb^ron, lui, n'hésite pas â sacrifier la première. Est-ce un retour aux vieux usages germaniques de rélectton? En aucune manière. L'archevêque tirô cet argument de ses connaissances plus ou moins précises de l'histoire de l'Empire Romain ; c'est un arcbaisme pédantesque^ En réalité, la condition fondamen* taie poui'régner, c'était d'appartenir à la race deCharlemagne. Adalbéron et Hugues le reconnaissent eux-mêmes; le premier, dès le début de son discours, avoue que si l'assemblée s'est réunie pour discuter l'élection d'un roi, c'est que Louis