PRISE DE LAON PAR CHARLES DE LORRAINE
a côtés de larges fossés. Il construisit aussi des machines t( contre Tennemi ; il fit apporter en même temps des bais ff propres à la construction d'autres machines. On aiguisa fl des pieiix et on forma des palissades ; on fît venir des c< forgerons pour fabriquer des projectiles et pour regarnir *f de fer tout ce qui en exigeait. Il se trouvait même là n de ces hommes qui employaient les balistes avec tant cf d'adresse qu*ils traversaient d'un coup assuré deux ouverte tures placées diamétralement aui côtés opposés d*une « boutique, et qu'ils atteignaient avec certitude les oiseaux - « au vol et les faisaient tomber transpercés du haut des «ï airs '• »
Charles n'agit pas seulement en guerrier habile, il voulut user de politique et tacher de s'attacher le plus influent des conseillers de Hugues après Adalbéron, c'est-à-dire Gerbert; il Tinvita â une conférence, Gerbert accepta ; ce qui ne laisse pas d'être assez étonnant^; il aimait à avoir un pied dans chaque parti. Mais il fut empêché de se rendre auprès de Charles par l'état troublé du pays. Les troupes du duc de Lorraine étaient répandues partout et causaient la plus grande frayeur. Gerbert ftt part à Charles de ses craintes et lui demanda des guides s'il voulait avoir un entretien avec lui. Il lui recommandait de traiter avec égards la reine Emma
1. Richer (IV, 16 et 17), trad. Guadet.— Ann. Lauà. ei Leod. : «988, rt Carolus Laudunum ingretlitur. ^ — An?i^ S. Quinfini Virom.: « 938. fit Hoc anno Karoliis Laudunum ingreditur, » — Si^^ebert : « 9â8... Ka- *f roïu3 d«x regnum Francorum ex paterna et avita succesaione sibi * debitum contra ïliijuîanem regem suum nepolera (coQsin) repetît, V eamque bello perurgens Laudunura urbcm capit. »
2. M. Hâvet (p. 105, n. I in fine) prétend que « l'évéqtie de Laon ayant la seigneurie de cette ville, le coup de main de ChaHes ne constituait dans le principe qu*tin acte d'hostilité contre cet évéque et non contre Hugues et Robert, et que ceux-ci ne se décidèrent pas tout de suite â intervenir. » ^- Cette explication qu plutôt cette excuse de la conduite de Gerbert ne me satisfait pas. Laon était tiré* re^ia (lettre 119, p. 109). Si Hugues et Robert n'intervinrent pas de suite, c'est simplement parce qu il^ réunirent un concile et tirent de longs préparatifs miUlaire=î. La nouvelle de la prise de Laon les émut Tivement (^llichcr, JV^ 18) et îl n'y a pas de doute qu'ils considérèrent cet acte comme une déclaration do guerre. Gerbert le savait parfaite* ment et prévoyait qu'ils viendraient assiéger Laon, puisque dans sa lettre à Charles il lui conseille de ne pas se laisser renfermer dans cette ville.