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HUGUES CAPET ET OTTON III

Hugues, Robert, OttonlIIet peut-Mre Conrad. Sans doute les rois devaient y confirmer les décisions arrêtées à Stenay entre la reine Adélaïde et rirapératrice Théophano, le 22 août 988 *.

Adalbéron fut certainement mêlé à cette affaire. Le 23 décembre il reçut une lettre du roi Hugues Tavertissant que ses envoyés arriveraient à Reims le 28 décembre, pour s'entretenir avec son frère Godefroi et un évêque lorrain (dont le nom est inconnu) au sujet de la « paix des princes et de celle « de l'Église ». L'archevêque transmit immédiatement Tépitre royale à ce prélat inconnu et le supplia en même temps d'çtre exact à Tentrevue pour que lui-même ne passât pas pour un traître. Ce personnage manqua au rendez-vous malgré les plus pressantes adjurations. Dans les deux ou trois derniers jours de Tannée 988, l'archevêque de Reims lui récrivit une lettre à laquelle il joignait la copie de la première et lui demanda définitivement ce qu'il comptait faire*.

Adalbéron avait reçu presque en môme temps une seconde lettre de Hugues Capet qui lui demandait d'intervenir dans les affaires de l'abbaye de Saint-Denis. Le roi voulait, à ce qu'on croit, la soumettre à la réforme bénédictine* et se débarrasser de l'abbé Robert ; il désirait que l'archevêque de Reims le déposât. Celui-ci montra beaucoup plus de réserve que dans les affaires de Fleury-sur-Loire ; il refusa de « mettre « la faux dans la maison d'autrui w, c'est-à-dire d'usurper sur les droits de Tévêque de Paris et de son métropolitain l'ar-

Verdun et à un évêque de Lorraine pour le 28 décembre (voir page suivante).

i. Voy. p. 226.

2. Gerbert, lettres 144 et li6. Les mots « paternitati vestrae » montrent bien que le destinataire est un évêque; il ne devait pas être très éloigné de Reims puisque 7 jours (23-28 décembre) devaient suffire pour qu* Adalbéron lui transmît la lettre du roi Hugues et qu'il fit le voyage de son siège épiscopal à Reims; enfin il était Lorrain et voisin du comte Godefroi. Le destinataire des lettres ri4 et 146 peut donc être identifié, soit avec Ecbert de Trêves, soit plus probablement avec Adalbéron de Metz.

3. Odilo, Vita Maioli : « (Hup:o Maiolum) ad se venire rogavit inten- « tione ut monasterium sancti Dionysii ejus consilio et adjutoriomelius « quam tune erat ordinari posset. » Hugues Capet avait une affection particulière pour ce prélat qui mourut en 993. Hugues, peu de temps avant sa mort, fit un pèlerinage à son tombeau. Miracula Maioli {Historiens de France, X, 363).

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[988-989] succès DE CHARLES 235

chevêque de Sens, et fit observer que Tabbaye de Saint-Denis avait une situation si éminente qu'il fallait le consentement solennel des évêques de la province pour déposer un de ses abbés. Il consentait seulement à prendre Tavis d'hommes sages et religieux et à le transmettre à la mansuétude du roi si celui-ci ajournait toute solution V

La position de Tarchevêque n'était pas seulement des plus délicate, elle était redevenue dangereuse. Non seulement il s'occupait toujours des négociations avec les comtes Eudes et Herbert ^ mais il lui fallait repousser les attaques du chevalier Dudon, vassal de Herbert de Vermandois; il se trouvait pour lors sans troupes et était obligé d'écrire à un personnage de Lorraine, Tarchevêque de Cologne probablement, de lui en envoyer le plus tôt possible sous la conduite du comte Sigebert^. Pour comble de malheurs, Charles, enhardi par la seconde retraite de Hugues à l'automne précédent^ sortit de Laon et se répandit dans toute la contrée ; il s'empara de Montaigu*, s'avança jusqu'à Soissons en dévastant tout sur

1. Gerbert, lettre 145. Sur l'abbé Robert, voy. Gallia ChrUt., VII, p. 361.

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