A une quinzaine de kilomètres de Laon
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soïi paissage, menaça Reims, et revint se renfermer dans Laon avec un butin considérable ^
Ces soucis et ces alarmes continuels eurent le résultat le plus funeste pour la santé il'Atlall>éron ; il fut atttnnt d'une fièvre ardente. Il prévit tout de suite la gravité de son état et le dénouement fatal ; et, avant que le délire le saisit, il envoya des messagers à Paris auprès de Hugues pour le prier de se rendre auprès du lui le plus tni possible. Il craignait que Charles ne mît à proUt sa maladie et sa mort pour mettre la main sur Reims. Sou Mêle Gerbert était alors absent, sans doute en mission auprès des comtes de Troves et de Chartres ; il était loin de se douter de Tétat de son maître et ami, et lui écrivait pour se plaindre de ne recevoir ni lettre ni message de sa part^ lui demandait s*il devait différer son voyage pour se rendre à une conférence royale t^ui se tiendrait à Chelles et si lui-inème devait y prendre pa^t^
Aussitôt après avoir reçu le message de Tarchevéque, Hugues Capet quitta Paris, accompagné seulement des persounages qui l'erittturaienî alors; mais il vojagea avec ti'op de lenteur et quand il entra à Reims, le 23 janvier 989, Adalbéron venait d*expirer le jour même.
K Le roi montra de vifs regrets aux funérailles du pontife; « et ce n'est pas sans verseï^ des larmes qu'il exprima le cha- « grin qu'il ressentait- Il fit ensevelir le corps en grande et pompe ; il consola avec une extrême bonté les cit<jyeiis
1. Si^ebei*t: Ckronogr.: « 989. Siccitasraagna vernalis, unde et satio (t primitiva impedlta, et famés ingens secuta est. Fertur annonam tf pluis:ie de ciulu in Uasbanio. Alii etiam pisciculos parvos de cœlo « pluisse ferebant. Nix nimia decidit; imber pQstea continiiusqui autoiD- (f nalem Kationem umnirnodo deneiraret » (Naus reproduisoiiii ces détails parce rjirils prouvent que les renseignements que nous fournit Sigcbert sont empruntés à une source oontemporaine). « Karolusdux Montema- B cutum RxpuL;nat, Sue^sîonîs uaque vabtaiido perarcedit; inde Remim « ap^'i-etUtur et î.audunum muîta cum preda revertitur. ^ Nous plaçons l'expédition de TbaHe^ un peu avant la mort de l arche v6qiie parce que Uidier nous rapporte que relïii-ci, avant de mourir^ craignait que « Charles ne se m parût de ïîeinjs comme il js'i*iatt déjà emparé dautn*? a places. » On pourrait d'ailleurs plaeer les dèvaîitatiouïs de Cliarlesi à la lin de 98â, après la levée du siège d'octobre.
2, Gerbert, lettre 149.
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« privés de leur seigneur*. Ceux-ci, interrogés sur leurs « dispositions à se montrer fidèles au roi et à lui conserver a leur ville, jurèrent fidélité et s'engagèrent à la défense de « leur place. Le roi, après se les être attachés par serment « et leur avoir accordé la liberté de se choisir le seigneur « qu'ils voudraient, prit congé d'eux et revint à Paris*. »
Il convient maintenant de porter un jugement sur cet homme extraordinaire qui, à la fin de sa vie, fut le personnage le plus considérable de la France et peut-être même de l'Europe occidentale. Il fut au-dessus de son temps, non seulement par son zèle pour la réforme de son église, mais surtout par son esprit politique, sa persévérance, son courage, son attachement inébranlable aux Ottons^ Son disciple et ami Gerbert,
1. L'archevêque de Reims était en même temps comte de Reims. Voy. p. 183.
2. Richer (IV, 24). Chron. Mosomag, : a .... ita ergo administrato « praesulatus sui officio per pien um decemnovalis cycli ambitum, fide et
« operibus bene consummatus (Adalbero), X. calendas februarii ad
« aeterna bonorum praemia admissu.s est. » Sur la date de la mort d'Adalbéron, voir plus haut, p. 224, n. 4., et M. Sepet (i?ew. des quest. hist., p. 146, n. 1). Voy. son épitaphe : Ann. Bened,, t. IV, p. 55. Nous avons déjà dit que les historiens allemands se sont complètement trompés à ce sujet. Kalckstein en particulier est tellement rempli d'erreurs, son récit est si confus à partir de 984 quMl en devient presque illisible. Sans doute il n'a pas eu à sa disposition une édition de Gerbert comme celle de M. Havet qui nous est d'un si grand secours. 11 lui était possible néanmoins de donner une narration plus exacte en s'inspirant des auteurs antérieurs, Wilmans avait posé le principe que l'ordre chronologique de la correspondance de Gerbert était l'ordre même de l'édition de Duchesne (qui suivait celui des manuscrits) M. Sepet avait démontré après Olleris que Tannée de la mort d'Adalbéron est 989; le P. Colombier, que le 2« siège de Verdun est de 985. Avec ces points de repère on pouvait donner un récit d'une exactitude passable. Kalckstein n'en a rien fait et la fin de son ouvrage est loin de marquer un progrès sur les auteurs précédents. Nous jugeons donc peu utile de le citer et de relever ses innombrables erreurs. Les deux auteurs à consulter antérieurs à M. Havet sont le P. Colombier et M. Sepet.
3. L'abbé Clouët dans son Histoire de Verdun en est visiblement indigné. L'historien allemand de Witte lui-même n'est pas sans s'étonner du zèle excessif de l'archevêque de Reims en faveur d'Otton III (p. 42). Quant à Gerbert « aucun étranger, dit-il, n'a mérite à plus « juste titre le nom de patriote allemand. » C'est là une méprise. Au X* siècle, il n'y avait pas plus de patriotisme alleinand que de patriotisme français. Gerbert était dévoué à l'idée de l'empire romain, c'est tout difTérent.