‹ Les derniers CarolingiensChapitre 253 sur 376 · HOLE ET PROJETS D*ADALBÉR0N · texte numérisé non relu

HOLE ET PROJETS D*ADALBÉR0N

plus savant» était loin de posséder la même énergie, et son caractère était infiniment plus versatile. Adalbéron a fait un mal énorme à notre pay^i. C*est lui qni a empêché la réunion de la Lorraine à la France, qui devait coûter tant de siècles. Nous sommes tentés à chaque instant de le maudire, lui et son ami Gerbert* fl faut savoir résister à ces sentiments et juger un homme, non pas d'après nos idées du xrx'' siècle, mais d'après celles qui avaient cours de son temps. Même en nous plaçant à ce point de vue, Adalbéron fut certainement coupable de trahison, non pas envers son pays fson pays, c^était la Lorraine)\ maid envers son seigneur. C*étail le seul et juste reproche que pouvaient lui faire les copte m porains. En recevant Tarchevôché de Reiras des maius de Lothaire, il était devenu son vassal pour les immenses possessions de ce diocèse. Il lui devait une reconnaissance, ajoutons même une fidélité absolues. Il n'avait pas à s'inquiéter si Lothaire avait attaqué loyalement ou non Otton II en 978, s*il avait raison de vouloir s'emparer de la Lorraine on 985; cela ne le regardait on aucune façon. Il devait obéir à son seigneur, comme il le dit lui-même*. Il lui fournit bien des troupes pour le siège de Verdun/il ne pouvait faire autrement^; mais il s'appliquait â détruire secrètement tous ses plans, il pratiquait autour des rois un espionnage incessant, et se hâtait de prévenir ses amis d'Allemagne de leurs projets. La trahison éclate à chaque lettre de Gerbert. mais répétons-le bien» trahison envers son seigneur et non envers son pays, trahison non pas au profit de l'Allemagne, mais au profit de

i. Voy. p, 63. Gerbert est hors de cause. Il était Aquitain et avait prêté serment de fidéiitéà rempei^euren recevant l^obbaye de Bobbio- La fidélité qu'il devait à I.oîhaire comme sou ancien sujet pesait à côté d'un bien faible poids. Mais si Cierbert n'est pas précisément cotipable de trabison envers le roi de France, Adalbéron Test très certain nement. Sa position fait exactement le pendant de celle de Gerbert. Comme lui. il est étranger au pays dont il recevra tontes ses digrnîés, mais moins reconnaissant que ïion êcolâire» il ne se fera pas faute de tromper ie roi Lothaire a qui il doit tout. W e.st impossible, on le voit, de disculper Gerbert sans condamner par cela même Tarchevèque de Reims.

Page 1