Peut être Gerbert lui-même? » (Havet. p 146, n
4. Lettre 164 de Gerbert. Cf. trad. de MM. Barthélémy (p. 243^244) et Sepet (p. 161).
260 LETTRE I>'aKïïOLL A ECBEftT [989-990;
rage d'Aacelin, comme nous le verrons bientijL Arnoul roulait dissimuler sa ti^ahtsoa aux évêques lorrains et tout particulièrement a Ecbert doLit ii recherchait ramitiê.Gerbert éorivil en son nom à Tarchevcque de Trèvei : « Naviguant sur une a mer agitée, nous faisons naufrage et nous gémissons. NnlJe « part de rivage sur» nulle part de port tranquille. C'est près t< de vous que nous cherchons le repos. Vous avez en effet (I de quoi donuer sans vuus appauvrir, de quoi enrichir celui « qui recevra. Nous sollicitons de votre affection et de votre « charité une entrevue à Reims pour la veille des kaleodes « d'avril (lundi :n mars 990;, si notre amitié a acquis quelque (t droit uu si elle peut espérer en acquérir'. j>
Quand Arnoul, après avoir livré la ville de Reims^ fut sur le point do laisser éclater ses véritables sentiments, il ûi écrire par Gcrbert une seconde lettre : « Le glaive, bienheu- « reuï père, m'a percé jusqu'à Tàme; de toutes parts des « armes ennemies nous menacent. D*un côté notre foi engagée H aui rois de France nous enchaîne; de Tautre, soumis à la u puissance du prince Charles qui réclame pour lui le troue, ff BOUS sommes contraints ou de changer de maîtres ou de a rester en prison"; la seule espérance qui nous reste est « l'union en quelque sorte fraternelle que la prévoyance divine « a formée entre nous et qui nous engage à porter mutuelle- « ment nos fardeaus:. C'est donc vers vous que je me réfugie " comme vers un rempart solide, vers Tautel de la prudence et » Tinterpréte des lois divines et humaines. Les conseils qne « vous donnerez à vos fils seront pour eux comme des oracles « du ciel\ »
Toutes ces précautions étaient vaines; la trahison d' Arnoul avait transpiré. Ecbert refusa de se rendre au rendez-vous et répondit a Arnoul par une lettre d'une ironie sévère \ Il y
1. Gcrbert, lettre 166, Cf. trad. de M. E, de Barthélémy (p. 247).
2. « Aut exules fieri cogimur. » Nous avons déjà dit que le mot extil signifie souvent prisonnier dans la lan^^ue du moyen âge- Ce passage on ea une nouvelle preuve. La traduction a exilé » serait absurde. J.'inlérôt de Charles étati de retenir l'archevêque en prison et non de Texiler.
3. Id., lettre 168, Cette lettre et la précédente ont été écrites à la fin de Tannée 989 ou tout au début de 99D.
4. « Querimoniam quam ex persona Ar(nulfi) archiepiscopi subor-
[990] ENTREVUE DE CHAVTONON 261
avait près d'un an qu'Arnoul refusait de comparaître au concile de Senlis. Gui, évêque de Soissoas» résolut de faire auprès d'Arnoul une démarche définitive. Vers juin ou juillet 990, il eut avec lui une entrevue à Chavignon près île Laon', en présence de clercs et de laïques. Il le somma poux la troisième et dernière fois de se rendre à Senlis auprès de ses confrères et de répondre à l'appel du roi. Arnoul répondît qu'il n'osait y aller sans être accompagné des comtes Eudes et Herbert^ parce qu'il craignait qu'on lui fit violence. Peu satisfait de ce prétexte, l'évêque de Soissons s'offrit comme otage ainsi que son frère Gautier et son père ^ ; Arnoul pourrait de la sorte aller et revenir en toute sûreté. Gui se déclara prêt à confirmer sur-le-champ cette promesse par serment. Arnoul avoua alors que pendant sa captivité, il avait prôté serment de fidélité à Charles et lui avait fourni des o tiges. Il lui était donc impossible de s'éloigner sans sa permission, L'évêque de Soissons éclata en reproches indignés : *< Quels « otages sont pour toi préférables? Est-ce ton frère Richard, « ton cousin Brunon et le fils de sa sœur^^ qui se sont remis <c au pouvoir des rois^ ou bien tes chevaliers Sohard et Rui- « naud qui ont recouvré leur liberté en donnant leurs enfants « à leur place, et dont tu as adjugé le^ fiefs; [hfmeficia) h tes « prétendus ravisseurs, montrant au grand jour ton activité ce à donner et à recevoir des otages*? Quels serments sont « préférables à ton avis? Ceux que tu as prêtés spontanément
naveram subtili responso peretrinxistis », écrivit Gerbert à Tarchevêque de Trêves quelques mois plus tard (lettre 172).
1. Voir plus bas, p. 264, note 2. Chavignon est k 10 kil. de Lïion.
2. Ce passage confirme ce que nous disions pîus liant (p. 228) de la complicité de ces personnages avec Charles,
3. Il se nommait aussi Gautier et était comte d'Amiens, de Pontolse, de Mantes et de Chaumont en Vexin (Du Cange, Histoire d'Amiens, p. 143).
4. Brunon avait pour sœur Ermengarde, mariée à Otte Guillaume, comte de Màcon. Elle eut trois fils; c'est probablement de Tainé, Gui, qu'il s'agit ici.
5. « In regum potestate constituti. » Le sens est que îitdiard, Gui et Brunon se sont proposés comme otages lor:^ de lelection d 'Arnoul h révêché de Reims.
6. Rainaud et Sehard sont inconnus. Cette phrase est obscure: elle contient une allusion à un événement que nous ne connaissons pas*