HUGUES CAPET ET JEAN XV [SW
te h tnn seigin?ur le roi, ou bien ceux qu'un ennemi armé t'a {{ arrachés par violencf>? n Gui lui rappela ensuite se^ serments prêtés à Hugues Capet, les conventions en langue vulgaire conclues avec les é^'êques (Arnoul avait juré que s'il était un jour fait prisonnier, il s'enfuiraiÈ aussitôt qu'il eu pourrait trouver Toccasion}. L'évéque de Soissons l'invita à tenir ce serment à Tinstant monie. La chose était facile; Gui était accompagné d'une troupe nombreuse de chevaliers vaillant?*, Arnoul n'avait qu'une faible escorte. Celui-ci refuj^a naturellement, et Gui retourna à Senlis, certain désormais de la trahison de TarchevOqueV Le concile tle Sentis et le mi résohirent alors d'en appeler au souverain pontife et d'en obtenir la condamnation et la déposition d'ArnouU Ce fut là une Fielleuse inspiration. Hugues devait s'en repentir pendant trmt le reste de son régne, et aussi son fils Robert, Les messagers, porteurs des lettres des évi^ques et du roi, partirent pour Rome à la fin de Juillet 990 ^ Tls étaient accompagnés de quelques clercs de Brunou, qui, ne pouvant obtenir Je Charles la remise en liberté de leur évêque (il avait sans doute refusé de prêter serment au duc}^ allaient supplier le pape de lancer la malédiction contre le ravisseur.
Voici la traduction des principaux passages de la lettre de Hugues Capot a Jean XV ;Ia lettre des évoques ne fait que répéter les mêmes griefs et est moins curieuse) : « ...Arnoul, « fils de Lothaire* après avoir commis contre notre personne « et notre royaume les plus grande forfaits, avait trouvé en f< nous un père. Nous lavons gratifié de rarclievêché de i< Reims; il nou,s a prêté un serment qui annulait totïs les tt engagements passés et futurs. lia transmis surunchirograpbe tt le texte de ce serment, l'a lu à haute voii, souscrit et fait n souscrire- Il a fait jurer aux chevaliers et aux bourgeuis d de nous demeurer fidèles s'il arrivait jamais que lui-même c< tombât au pouvoir de l'ennemi. Or. au mépris de tous ces « engagements (nous en avons des témoignages certains), il a
î. Discours de Gui {Acte» du concile de Sainî-Basle, c. 30; Oileris. p, 216^217).
2. Lors du concile de J^^aint-Oasle (t" juin 99 1)^ il ny avait pas^ onze moiii pleins que cetre îirnhasîsa<lo était partie {.Xcie» du conc^ de Bash. n. 27; Olleris, p. 203). File partit doue au plus tôt le 17 juillet 990.
[MO] ÉflHEC DE l'ambassade DE HUQUES 2f>3
u lui-même livré les portes de sa cité à Tennerai; le clergé n et le peuple qui hii étaient confiés sont devenus sa proie ot » ont été réduits en captivité. Il prétend qu'il est le jonet de « rennemi ; pourquoi a-t-il contraint bourgeois ot chevaliers *i à se parjurer? Pourquoi réunit^il des troupes contre nous, u pourquoi fortifie-t-il sa ville et ses châteaux contre nous ? « S'il est captif, pourquoi refuse-t-il d'être délivré? S'il est m victime de la violence, pourquoi refuî^e-t-il d'être secouru? ï* S'il est libre, pourquoi n'est-il pas auprès de nous? On le « mande à la cour; il refuse de s'y rendre. Il est appelé par les ii archevêques et les évOques comprovinciaux ; il répond qu'il a ne leur doit rien. C'est donc à vous, successeur des ApOlres, H qu'il appartient de statuer sur le sort de ce nouveau Judas; it sinon craignez que le nom du Seigneur ne soit blasphémé par « nous et qu'excités par un juste ressentiment et par votre a silence, nous n'entreprenions la ruine de la ville et Tintt cendie de toute une province/Vous serez sans excuse devant H Dieu, votre juge, si vous laissez notre requête sans réponse a et sans jugement* jj,
Jean XV fit d'abord un excellent accueil aux ambassadeurs. Mais, dès le lendemain, ses bonnes dispositions étaient changées. Le départ des ambassadeurs avait été appris de Charles et de ses partisans. Son ami et parent, le comte Herbert le Jeune^ imagina de rendre leur mission inutile. H les fit suivre par des envoyés à lui, qui, aussitôt arrivés à Rome, usèrent d'arguments éloquents ; ils offrirent au pape de grands présents, entre autres un magnifique cbeval blanc. Aussi les malheureux messagers de Hugues durent se morfondre pendant trois jours devant les portes du palais papal sani5 pouvoir obtenir de Jean XV une nouvelle audience. Quand ils connurent le motif de cette disgrâce, ils comprirent qu'il était inutile de prolonger leur séjour à Rome et reprirent tristement le chemin de France*.
1, Actes duconeUe de Saini-Basle, c. 25 (OHeris. p. 202-203),
2. Actes du concile de Sninl-Basle, c. 27 (Olleris. p. 203-204). ^ Gerbert, lettre à ^Vilderod: «Interea leL'atîs et liter'isfiynodiins Romanus 9 pontifex, ut ecdesiae turbatac siibvenîat ammouetur. Sed nnine le* « gatis neque literis consulenlibas consulit. j^ — La papauté se prétendil plus tard calomniée. Les évèquesdu Concilium Caitseiense qui lui