RÉCONCILIATION DE GERBERT AVEC HUGUES
tt que vouîî vous réjouissez de me voir échappé aux cuniplots H d'hommes pervers et rentré dans la conimuinon de rÉgU3e\»
Gerbert était redevenu le secrétaire de Hugues Capet. C'est en son nom qu*il écrivit à un grand personnage de Lorraine ou d'Allemagne, parent du roi ^ deux lettres fort obscures pour nous et pleines d'allusions â des faits qui nous échappent. Tout ce qu*on y peut distinguer, c'est qu'il existait une brouille sérieuse entre Hugues et le seigneur de son correspondant (OttanlII probablement), querelle entretenue par des gens qui y trouvaient leur intérêt. L'état du royaume de France était tellement troublé que Hugues ne pouvait ni envoyer des messagers (interceptés; par Charles?' ni se rendre à une entrevue avec l'autre roi. Hugues priait son correspondant de pacifier les états et d'établir eotre lui et son seigneur (Otton 111} des relations honorables d'amitié.
Rothard, évéque de Cambrai, suffragant de l'église de Reims, n'avait pas lancé Tinterdit sur les diocèses de Reims et tle Laon, soit qu'il ignorât les décisions du concile de Senlis, soit pour tout autre motif. Les évoques comprovinciaux les lui notifièrent alors par la plume de Gerbert\
Les ambassadeurs revinrent de Rome au début de Tautomne*. En apprenant le triste résultat de leur missionj
1. Lettre 173, écrite au plus tôt en août 990, cf. p. ÎGt, n. 2,
2. Lettres 171 et 175, M. Havet suppose (p. 153» n. 6) la duchesse Béatrice, sœur de Hugues, ou bien un parent de la reine Adélaïde, sa femme, (ju'il semble croire d'origine allemande. Cette dernière hypothèse n'est psis admissible, Ailélaïde était d'origine aquitaine, Vuy, Appendicf^ !X {Adéîaide et Constance).
3. Lettre 176, — L*adresse porte seulement « révère ndissimo patri *i R. y M, Havct conjecture (p. 155^ n. 6J que c'était Rothard, évoque de Cambrai « le scutdes soiTragants de Reims qui fût étranger par la situation de sa ville épiscopale aa royaume de France et ainsi dispensé de prendre une part (iirccte aux mesures requises par le roi Hugues contre f'haries et ses partisans, j» On pourrait encore identifier cet éviH]ue avec Ratbod de Xoyon.
4. Partis à la tin de juillet, ils ne pouvaient guère ^tre de retour avant le milieu de septembre. Ne pouvant prendre la voie de Reiras^ ChâionSj Langres» Eei»anoon, qui était interceptée par Charles, ils durent suivre rancicnne voie romaine de Seniis, Paris» Melun, Sens, Auxerre^ Chalon, Màcon, Lyon, Vienne, Grenoble, Briancon^ Mont- Genèvre, Suse et Turin. Il leur fallut bien un mois pour franchir les *|uÎMie àseizecentskilomêtresquî les séparaient de Rome; et autant pour
268 RUPTURE DE GSRBERT AVEC ARNOUL [t9<ï]
Hugues Capet, furieux et à bout de patience, résolut d'eiécuter lea menaces que contenait la fin de sa lettre à Jean XV et de recourir enfin aux armes contre son rivaL
Ce fut alors que Gerbert, qui n'avait pas encore tout à fait rompu avec Arnoul, lui écrivît une lettre de rupture : « Après « avoir longtemps et mûrement réfléchi sur Tétat de notre « ville [Reîms\ ne voyant point d'issue à ses maux, qui ne tt fut la ruine des honnêtes gens, j'ai enfin adopté un parti K qui puisse à la fois remédier aux floanx présents et garantir « mes amis pour l'avenir. Je change de résidence, je change tf de souveraiu. Je reprends ma liberté et vous abandonne (T ainsi qu'à mes envieux les bénéfices que je tiens de vous; tt de crainte d être accusé ici d'avoir violé ma parole et « stigmatisé pour avoir en quelque sorte contracté alliance « avec votre oncle ;car, selon ma manière de voir, on ne doit tf rien à l'un quand on a engagé sa foi à Tautre. Si nous voqir Ions votre salut, comment pouvons-nous servir votre onclol « Si nous servons votre oncle, comment pouvons nous vou- « loir votre salut? Nous tranchons ce débati nous nous reti-
le retour. Mais leur voyage ne dut pas excéder deux mois en tout, ar on sait qu'ili^ ne restèrent que tmîs jours à Rome. Peut-être étaientiU de retour dès le milieu de septembre. Il n*était pas impossible à des courriers de faire vÏTigt UeneiS par jour. — Le moiue Hichor Ht eu un jotir par de uiauvais cliemin5> la dîiitance de 70 kilomètres qui sépare Orbaîa de Meaux en passant devant Chat eau -Thierry (Hicher, IV, 50). — iNous avons vti que Lothaire franchit en moins de trois jours les 220 kilomètres qui séparent Laon de Coudé en liassigny (voy. p. 3G). — A ce propos, ajoutons qu'au x« siècle, le « mille » se rapprochait beauf'oup plus rie la lieuQ gauloise de 2.222 métros que du mille romain de t,4Si mètres. Quelques exemples suffiront k rindiquer :
lo Sa tut-Thierry est àlï milles de Reims selon un diplôme de Lothaire (Bouquet, IX, 6:î5, A) — B kiL ; l mille — 2,666 mètres ;
2o Solême est k ii milles de Cambrai {Gesta ep. Camer.) ^20 kil, î 1 mille — 2,500 mètres;
3û Vînehy est à 4 milles de Cambrai (Gesia ep. Cartier., c. 103) — 9 kil. ; l raille — 2,250 mètres :
V Toucy est k 10 milles d'Auxerre (Qp/tta ep. AutixAtod.^ zz 20kii. ; 1 mille = 2,000 mètres.
Inutile dé faire remarquer que tout cela n'est que très approximatir — La Ueuc au \» siècle éiait toujours probablement la lieue gauloise : Allant d'Orbais à Meaux, Kicher fait six lieues de trop en passant devant Château Thierry — t2 à 15 kil. : l lieue :^ 2 kil. au moins. 2,5ÛÛ mètres au plus; 2,222 mètres probablement.