CAMPAGNE DE HUGUES CAPET
<c rons auprès d'autres princes, de manière à ne plus devoir « à vous et à lui qu'une bienveillance à titre gratuit. Si vous « l'acceptez, conservez à moi et aux miens les maisons que a j'ai élevées à grands frais, ainsi que leur mobilier. Nous « vous prions aussi de ne porter aucune atteinte aux églises ce qui nous sont échues par de solennelles et légitimes danaa tiens selon la coutume du diocèse. Pour le reste nous ue « vous importunerons pas. Vous attacherez à votre service, ce par ces bons procédés, un homme désormais indépendant. ce Mais si vous transgressez ces conditions, il sera évident que, ce comme je l'entends dire, vous avez donné tous nos biens « en fief à nos envieux, au moment même où nous dirigiuns « les plus subtiles négociations selon vos désirs. Nous ne « pourrons alors oublier les maux passés si des indices préce sents en rappellent le souvenir \ »
Hugues Capet, ayant rassemblé une armée de six mille hommes, mit ses menaces à exécution. Il se jeta sur le Laonnois, le Vermandois, le Soissonnais et le pays Rémois, qui formaient à Charles comme une principauté, et résolut de réduire son rival par la famine. Il ravagea, brûla, dévasta de fond en comble cette malheureuse région, avec une telle férocité qu'il n'épargna même pas la cabane d'une vieille paysanne tombée en enfance ^ Cette ardeur de destruction ne s'apaisa
1. Libelhis repudii Gir. Arnulfo archiepiscopo (Gerbert. lettre 178). Cf. la trad. de MM. Barthélémy (p. 253-254) et Sepet (p. 162-163). ^ Au concile de Mouzon en 995, Gerbert, accusé d'avoir voulu supplanter Arnoul dans l'archevêché de Reims, se justifiait en disant : L'héréiJie « simoniaque me trouvant fermement attaché à Pierre (la papauté) « me repoussa et présenta Arnoul. Je lui rendis cependant plus qu'il a rC aurait fallu de fidèles et bons services, jusqu'au moment où, « comprenant, soit par d'autres, soit par moi-même, qu'il aposta^^iait a publiquement, après lui avoir écrit une lettre de rupture, je Tabano donnai lui et ses apostats, non pas avec l'espoir et le dessein d'ob- « tenir son siège, comme le prétendent mes ennemis, mais par « frayeur des machinations d'un homme qui agissait dans Tombro. ju
2. Le fait est rapporté par Richer lui-même qui traite cependant Charles de tyran (IV, 37) et Hugues de « magnanime ». — A l'en croire, l'expédition du roi aurait suivi immédiatement la prise de Reims. Nous^ avons vu qu'il y eut en réalité une année d'intervalle entre ces deux faits. — Gerbert accompagna Hugues et Robert dans cette expédition. Il avait auprès d'eux le plus grand crédit. Un de ses amis, Josbert, abbé de Saint-Thierry-lès-Reims, n'avait pas eu le temps de mettre en sûreté dans Reims les récoltes du monastère. Gerbert par*