‹ Les derniers CarolingiensChapitre 292 sur 376 · Gmealogiae Francicae plenior auerdo, t. II, p. 257 et ss · texte numérisé non relu

Gmealogiae Francicae plenior auerdo, t. II, p. 257 et ss

5. P. 105-112 de l'édition de 1754, 1. 11, p. S6de l'édition de Paquot.

date de la mort de Gerberge est inconime. Elle fut enterrée à Sainte-Gertrude de Nivelles, dunt son mari et son fils étaient aYOuèiï V On n*est pas sur si elle eut seulement Hetiri pour âls ou si elle laissa encore Baudry (appelé aussi Lambert) et une fille, Malbilde',

1 . Une prétendue èpitaphe de Gerberge ^e trouve dans Thymo (Hutoria Hrabaniine titplomaîica). Ernst en a déjà contesté Tauthenticité {Mém. sur les comtes de Louvain, p. 24). — On trouve dans Jacfpies de Guyse (éd. Fortia dlrbari, LX, dh 40. p. 40i) une quinzaine de vers sur Charles, Olton et Gerberge, et entre autres ceitii-oi : « Namine <K Gerbergajn quae mibi visa fuit, « qui pourrait faire croire qiïe Fauteur était contemporain. Ces vers sont dus en réalité à Guillaume 11, abbé de S.-Troud de 1277 à 1297, qui les a insérés au livre 11 de ses Chroniques(voy. la contin. des Gestes des abbés de S.-Tmnd. Mon. Gam. SS.. X, 404). Hirsch {Jahrb. li, dmUchen Reichs unter ilnnrich IL, 1, p. 329, note 2),

2. En faveur de cette dernière opinion citons le passage suivant : « 1038. Hcnricu^ Lovancnsis cornes domi suae perimitur a captîvo «e Hermanno. eique succedit filins su us Otho; oui iminatura morte preft venta succedit patruus ejus Baldricus qui et Lambertuso (Mon Germ. SS.. VI, p. 358). .Mais ce récit est unique. 11 ne se trouve que dans la Chronogrtiphia de Sig^bert de Gembloux, ou plutôt c'est une des additions faites par Anselme au texte de ^on maître Sîgebert. — Baiidrv- Lambert apparaît encore dans deux récits des Mirades ei transiatiom des rdiques de sainle GuduU', qui datent du milieu et de la Su du X] siècle {Actn SS , Janvier I). C'est par son nom que se termine ie

premier: <i usque ad tempera comitis Lacnbertl nepatis de qtio

w praelocuti sumus ducis Carolo j> {Àcla SS.^ Janv. f, 523).^ La 2' narration prétend que le 17 janvier 1040 (ou JÛ41) il transporta dans l'église de S, -Michel de Bruxelles les reliques de sainte Ondule^ que Charles avait jadis arnené à S.-Géry (V, p. 113, n. 1), et fonda la collégiale de S. -Michel : « Millesimo quudragesimo anno incarnaiionis « dominicae, xv* indiclione, Damaso aposiolicae se dis présidente a summo pontifice, Henrico IL régnante, dedieatum est in monte « Brnsellae tetnplnm, XVI. kl. dec, ad laudem nostri redemptoris, in « bonore s. Archangeli Michaelis, a Gerardo Cameracensi episcoi>û. tt Lambert us vero qui et Baldricus cames, llenrîco fratri succeden^i « cujuîï praeseutia tune uncla extiterunt illic dccenter ordinata, eadein (t die illud corpus sanctissimus (siV) de ecclesiaS. Gaugerici eumcpis- « copo ceterisqne sacrîs ordinibus leva vit atque cum siunmo honore K in ecclesia S. Mîchaelis reposuit. Et annuerile in omnibus usore >iia « Oda, quae fuit Gozolonis ducîs filia^ ad serviendum Dec sauctaeque V Gîidilae virgini ibi clericos eonstituit et ad usas eorum ipsam ecde- ■ siam cum decimis. ei alîa plura legalîter eoïitulit. Amen » (AdaSS-, janvier, l, 530). La charte de Lambert- Baudry (jiubliéc dans ijutkens, éd. 1724, p. 26 des Preuves) poJ'te comme date .' « Actiim publiée Brucu sellae anno Uom. inc, 1047, iud. 15, Leone IX. in apostolica sede VU., « régnante Heinrico imperatore tertio..... u Cette charte « sellée d'un <t seel rougeastre, ,.. pendant a des queîies de cuir blancq n est fausse.

L^ARCHEVÉQUE ARNOUL 2#|.

Nous n'avons pas à retracer ici la destinée de rarchevêque Arnoul. C'est un sujet qui rentre dans l'histoire des règnes de Hugues et de Robert*. Sa naissance et ses Ibuctious lui interdisaient en effet toute prétention au trône de France, En réalité, c'est le 30 mars 991 que finit Thistaire des derniers Carolingiens.

Il ne semble pas que les contemporains se soient beaucoup inquiétés du sort des derniers descendants de Charlemagne. Quelques dates de chartes ne doivent pas nous faii-e illusion ^

En effet Damase II est mort le 8 août 1048, après 23 jours dé pontificat; Léon IX a été intronisé le 12 février 10'i9. Henri ill a succédé à Conrad II en 1039 et a été consacré empereur par Clément H à Noël

1. Disons seulement que Hugues usa le reste de ses jours et tout son règne dans l'interminable querelle avec la papauté à propos de la légi* timité de la déposition d'Arnoul. Après la moii de Huguf^s. grâce à rintervention d'Abbon auprès de Grégoire V et du roi Robert, Arnoul fut remis en liberté en novembre 997; il reçut du pape le pallium et fut rétabli sur soii siège de Reims quand Uerbert s enfuit en Italie (Pfister, p. 54). Silvestre II oublia les injures de Gerbert. Il le confirma dans Texercice de ses fonctions épisctjpales (Havet, XXXI et 239). Arnoul faillit encore en 999 être la victime de la fourberie d'Ascelin. Après le siège de Laon parle roi Robert et Ilaudoîn ât* Flandre, Asçelîn avait promis de restituer au roi les tours de la ville do Laon. Suug ce prétexte il voulut emmener avec lui Tarelievèque de Reims, dans* le but secret de s'emparer de sa personne et de ie jeter en prison. Le coup manqua. Silvestre II, dans une lettre indignée, cita à Rome ce « Judas », tel est le nom bien mérité qu'il lui donne {Havet, p. 241). Depuis lors Arnoul resta fidèle au roi Robert. Le jour de la Penterôlet 9 juin 1017, ce fut le fils de Lothaire qui sacra roî, dans l'é^'liî^e de Saint-Corneille de Compiègne, Hugues, t][^ aîné de Robert H (Ptintcr, p. 71). — Arnoul mourut le 5 mars 1021 (PHster, 238), S'il faut en croire son épitaphe, il aurait donné l'exemple de toutes les? vertus chrétiennes (Histoire littéraire^ VI, 346). Quant à Aseeîin, il vécut puissant et honoré, se lia d'amitié avec le roi Robert et lui dédia un poème satirique. C'est à lui qu'est dédié l'ouvrage de Dudon de Saint-Quentin» qui lui prodigue des éloges extravagants.

2. Encore sont-elles bien peu nombreuses. Ce sont d'abord quelques notices du Cartulaire de l'église de Tulle : « Facia est notitia ista in « mense novembri die Mercurii an no régnante Karolo re^e (llio Ludoa vici. » — « Facta est elemosyna ista in merise septembri régnante a Ugone rege et Karolo sperante. » — h Facta est elemosyna ista in « mense martio, anno secundo régnante Karolo rege, etc, {nouscrip- « tiens), in mense januario, anno quinto fiperante Karolo rege. » (fialuze, Histoire de Tulle, App., p. 347-343 et 3S3'384). Ajoutons encore une charte par laquelle Achard le Grand donne à Bégon un moulin à

â92 CAUSES DB Ll CHUTE DES CAROLINGIENS

La souveraineté de Hugues Câpet fut biea vite reconnae, même dans Jes parties les plus éloignées du royaume \ Quand la résistance de Charles eut été brisée par la trahison d'Ascelin, quand Hugues eut établi un ordre de choses qui ne différait en rien de celui des Carolingiens ses prédécesseurs, f ersonne ne songea plus à ces derniers. Bas le premier tim

De vil, dans la vigtieriede SainWean-d'Angely, à condition qu'après la mort de ce dernier les moines de Saint-Cyprien de Poil i ers en deviennent possesseurs, charte datée ainsi : « l'go et Carlo de regno conten- « debant tune » (CarL de S^-Cyprien. Arch. Ilhtor. du Poitou, l III. p. 308» n*» 508). L'acte de rt^eption et d'ordination de Gauzbert, êvèque de Cahortij est encore daté ; « Acta sedula [lUJiL-^ inilaginis, a corporea ïc trabeatione Verbi divini an no 990, indictione X., fada electione ista « non as januarïi rsgnaïiie Karoio regt n (Gallia chrisliana, L 1» Instr., p. 28). Voyez encore Historiens dû France^ t. X, p- 543-548. — Luehaire, t. li, p. lî*9'-20L

1, Freeman prétcjid (I, 250-251) que « le changement de djnasiie, laîn d*augmenter tout d'abord le pouvoir rtjyal, le fit plutôt baisîier. Paris et Laon réunis ne valaient guère mieux que Paris tout seul. Les descendants de Robert le Fort ne possédaient pas le respect attaché à la race de CharleraajïJie. Aussi la Lorraine et la Mai^he d'Espagne se séparent; la Flandre et FAquitaine ne sont que dans une dépendance ïiamînale. Même les vassaux au nord de la Loire, ceux mêmes du duché de Paris {sic} semblent dans une moindre union avec la couronne que jadis. Kn un mut la division de la Gaule ne fait que s'accentuer ^ Kalckstein émet les mêmes idées (p. 391), Nous n'avons pas une sympathie exagérée pour les Capétiens; mais iî est îm{>ûssible de laisser passer sans les relever des paroles aussi manifestement erronées. U n'y a jiour ainsi dire pas un mot qui ne soît faux, La Lorraine n'avait pas k se séparer de la France; elle Tétait depuis 70 ans- La Marche d'Espagne fut aussi étroitement unie que jamais ^u royaume. Bien que Robert eut répudié la mère de Baudoin de Flamlret celui-ci n'en fut pas moins un vassal tidèle du roi. Les seigneurs du nord de la Loire ne se montrèrent ni plus ni moins dociles qu'auparavant. Les ducs de Normandie restèrent encore longtemps dans une étroite amitié avec ïe roi Robert. Quant à la séparation de T Aquitaine, c'est une légende. Nous avons montré que le duc Guillaume Fièrebrace reconnut immédiatement l'autorité de Hugues Capet (V, p, 210^ note 2)^ ainsi que Tévèque de Poitiers, l'archevêque de Bourges, le comte de la Marche, le comte d'Angoulrme, les vicomtes de Thouars» Chàtellerauh, Aunai, etc, — Dès le 25 juillet 987. Ermire, vicomte de Cardone, datait du règne de Hugues {Coll. Moreau, XiV, 3; ifist. France, X* 553. note 6), de rnème Guillaume, vicomte de Béziers, dès le 26 août 987 {Coll. Bout, 111, 267 v°, et 284 v"), en 988, .Adélaïde, vicomtesse de Narbonne (//. du Languedoc^ n. éd., t. V, n" 151. Cf. Doat^ \\\, L 105 et 106). le comte de Carcassonne (Histoire du Languedoc j nouv* éd*, V, 3G8), Cf^ Luchaire, U, 199, n. 4.

CAUSES DE LA CHUTE DES CAROLlNGtENS 293

du XI* siècle, ils étaient devenus aussi indifférents aux hommes de cette époque que pourraient Têtre des descendants des Stuarts aux Anglais du xix^ siècle.

Est-ce à dire que le sort des Carolingiens était réglé d'avance et qu'ils étaient fatalement destinés à disparaître à bref délai et à céder la place à une nouvelle dynastie ?

Nous ne partageons en aucune façon cette conception de l'histoire. Sans doute il serait absurde de nier qu'il j a certains grands mouvements qui se produisent d'une façon fatale, irrésistible. Telle est la formation de la féodalité ; elle point dès la fin de l'empire romain, se forme silencieusement sous les Mérovingiens, continue sous Charlemagne lui-même, comme un feu qui couve sous la cendre, et se manifeste avec une force irrésistible dès le milieu du ix^ siècle. Telle est la tendance à la centralisation et à la monarchie absolue qui se produit dans tous les pays de l'Europe du xiv^ au xYiii** siècle. Enfin qui ne voit, pour s'en féliciter ou pour le déplorer, que depuis deux cents ans le monde est entraîné vers la démocratie? Voilà les seuls événements, à propos desquels on puisse se laisser entraîner à ces considérations générales que l'on a baptisées: «Philosophie de Tbistoire ». Mais quand il s'agit d'une lutte aussi incertaine» aussi inslgnifiante en somme pour l'histoire générale que celle des Carolingiens et des Robertiens, on serait mal venu à condamner les premiers au nom d'une prétendue nécessité historique et nationale.

Les Carolingiens ne sont tombés, ni parce qu'ils étaient trop faibles, ni parce qu'ils représentaient la race et l'esprit germaniques.

Leurs ressources personnelles étaient bien limitées, VI est vrai; mais non pas aussi nulles qu^on veut bien le dire. Ils avaient d'ailleurs, pour suppléer à leur insuffisance, et le prestige de la naissance et l'autorité pei'sannelle. Il semble même que, durant la deuxième moitié du x' siècle, Tautorité royale ait été plus respectée que pendant les cent années pré* cédentes. L'archevêque Adalbéron, ennemi acharné de Lo* thaire et très puissant par sa situation et ses relations, n'osa jamais avouer son hostilité contre le roi. Il la dissimula soigneusement et dut même fournir à Lolhaire des troupes

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