‹ Les derniers CarolingiensChapitre 294 sur 376 · CAUSES DE LA CHUTE DES CAROLINGIENS · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA CHUTE DES CAROLINGIENS

de s'emparer de la couronne. Pour quMl parvint au trône, il fallut un concours extraordinaire de circonstances : que Lothaire mourût subitement dans toute la force de i'àge, qu'il eût pour successeur un adolescent irascible et inexpérimenté, mort lui aussi à Timproviste, sans postérité; que son héritier fût un soldat brave, mais brutal et borné, devenu depuis dix ans à peu près étranger à son propre pays, il fallut surtout qu*un hasard fatal eût fait choiJiir à Lothaire, pour les installer au centre de sa domination, les deux plus cruels ennemis de sa race, Adalbéron de Reiius et Ascelin* et que la destinée eût tiré d'un couvent du fond de T Aquitaine le jeune moine qui devait être Gerbert.

En vérité, quand on y réfléchit, ce qui étonne» c'est que les Capétiens aient pu parvenir au trône. Qu'une seule des circonstances que nous venons d'énliraérer eût fait défaut et Hugues Capet n'eût jamais été couronné. II est visible, en effet, que celui-ci n'a dû la royauté ni à son courage, ni à son habileté, ni à un mouvement enthousiaste d'opinion. Son courage, nous en avons eu la preuve, était des plus médiocres. Son habileté a été fort vantée par certains érudits V Nous la cherchons encore ; nous n'avons vu qu'un homme faible, incertain, n'osant faire un pas sans demander conseil, et dont la prudence dégénérait en pusillanimité. Enfin quelles idées, quels principes pouvait représenter Hugues Capet? Absolument aucuns. Ses partisans eux-mêmes ne voyaient pas qu'il pût régner autrement que ses prédécesseurs ; ils ne se faisaient pas une conception nouvelle de la royauté. Alors k quoi bon ce changement? Tout se réduisit à une question de personnes ot de circonstances. Adalbéron, nous Tavons dit, avait besoin d'un protecteur qui fût en même teml^s au mieux avec TAllemagne. Charles était pauvre et éloigné, Hugues riche d'argent et aussi de promesses. Voilà ce qui décida les seigneurs en faveur de ce dernier. Telles sont les cause?; de Télection du P' juin 987 dans toute leur mesquine vérité*

Si les circonstances, beaucoup plus que leur faiblesse ou la sagesse de Hugues Capet amenèrent la ruine des derniers Carolingiens, il faut avouer que leur politique vis-à-vis de

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