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Mon. Germ., SS., XVK 154 et

2, Godefroi de Viterbe, Panthéon (Mon. G^rm., SS,, XXII, 203. Lt m^me récit versifié, donné par un manuscrit^ se trauve p. 167). M. Rajna (Z,e orifjini delV epopea francese, p. 21»-22l}, a voulu voir dans œs passagtïs de Godefroi le reflet d'un poème germanique composé en Franconie et remontant à l'époque de Charles Martel. Les épithètes

[App. I] ORIGINE ET SIGNIFICATION DU MOT CAROLINGIEN 307

N*est-il pas curieux de voir les Allemands du x° au xii** siècle, identifier la France, ses habitants, ses coutumes, sa langue même, avec la race carolingienne ? N'est-ce pas la réponse la plus éclatante qu'on puisse faire à ceux qui ont voulu voir des Allemands dans Charlemagne et ses descendants?

de Gaudini et de Gaudina appliquées aux Neustriens seraient outrageuses et suscitées par la jalousie des Francs des bords du Rhin contre les Francs romanisés. Cette hypothèse, comme la plupart de celles du savant et paradoxal Italien, nous paraît des pi us fantaisistes et absolument inadmissible. Nous avons tout simplement alTaire à une invention savante du xii« siècle composée dans le but de flatter la maison de Franconie. L'explication du Carlingi donnée par M. Rajna {ibid., p. 220, note 2), ne nous satisfait pas davantage : « Le Charles dont le mot tient son origine n'est ni Charles Martel ni Charlemagne, dont les États avaient une tout autre extension, mais bien Charles le Chauve. Au reste, il aurait été nécessaire que les Francs de la Gaule perdissent tout sentiment national pour qu'ils pussent adopter eux-mêmes cette dénomination. » Nous avons vu que l'épithète de Karolingien s'éisAi appliquée aussi bien aux Carolingiens de Germanie qu'à ceux de Gaule. Elle ne peut donc provenir de Charles le Chauve. Ce nom n'est jamais employé que chez les écrivains allemands pour désigner les Français. Le mot de Carolingie servant à désigner la France a même passé dans les poèmes épiques allemands. Dans l'un d'eux, le fameux Walther d'Aquitaine rencontre et combat Biterolf non loin de Paris « in Ker- Itngen ». Dans Dietrich's flùchi, Alphart, Rosengarlen, il est appelé « Walther von Kerlingen ». Voy. Jac. Grimm et Schmeller, Laieinische Gedichte des X. und XL Jahrhunderls, Gôttingen, 1838, in-8«, pp. 102-103.

APPENDICE II Les Carolingiens parlaient-ils français? Extension

DB LA langue FRANÇAISE AU X* SIÈCLE

C'est un fait bien connu, grâce à un passage de Richer\ que Hugues Capet ne connaissait ni la langue latine ni la langue teutonique, et que, par suite, il parlait ridiome vulgaire qu'il est convenu d'appeler langue romane. Les historiens n'ont pas manqué d'opposer les Capétiens, parlant r idiome national, aux Carolingiens qui sont censés n'avoir jamais parlé que le teuton. Freeman* va même jusqu'à qualifier de tï ville teutonique » Laon, leur capitale. Cette opinion repose sur un texte précis, mais dont nous croyons qu*on a tiré des conséquences très exagérées : Flodoard^ raconte que lorsqu'on apporta au concile d'Ingelheim, en 948, les bulles du pape Agapit, elles furent traduites du latin propier refjes, juxta Teutiscam lijiguam. Ces rois qui assistent au concile sont Otton P"" et Louis d'Outremer. On en a conclu que, non seulement ce dernier, mais tous les Carolingiens ne connaissaient que le teuton. Cette généralisation est excessive. Ri cher nous raconte plus d'une entrevue de Lothaire ou de Louis V avec Hugues Capet sans signaler le besoin d'un interprète entre eux. Qu'on ne dise pas que ce détail Tintéressait peu, le passage cité plus haut prouve le contraire. Pour nous il nous paraît à peu près certain que Lothaire, Louis V et Charles de Lorraine savaient aussi bien le roman que le teuton.

L Hit'hor. III, 85 : « dux (Hugo) etiam solus cum solo episcopo

ff (Vrîiulfo) introduceretur, ut rege (Ottone) latiariter loquente, epistf copus latîriitatis interpres, duci quidquid diceretur indicaret. »

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