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Hevue historique, iSéb, t. II, 255, note

5. Dans les Actes de Saint-Savinien et de Saint -Potencien, que Mabillon attribuait faussement à Odoran, mais qui sont certainement de la fin du w siècle ou du commencement du xii«, on retrouve certaines expressions du Chronicon S. Pétri lïvi, soit que l'auteur les ait empruntées à Clarius, soit, ce qui est plus probable, qu'il ait copié quelques phrases dans ces Annales ecclésiastiques ^ qui sont la source de Clarius. Ainsi, à propos de l'archevêque de Sens, Ârchembaud, les Actes de Saint- Savinien mettent : « Praesulatus honore Archembald us « sustollitur, parentum potius quam Dei provocatus examine. » — Clarius : « Cui successit Archembaldus V. kl. julii parentum potius et a pecuniarum quam Dei provocatus examine. » — Actes de Saint- Savinien : « Abaunte illo tam crudeli interitu, etc. » — Clarius ; « Mortuo autera isto tam crudeli interitu, etc. » Voy. Bibl. kist, de l'Yonne, t. II, p. 361-362. Cf. Ibid.y p. 485 et 488.

[App. VII] h'mSTORlA FRJiNCORUM SENONENSIS 341

pas au delà de Tannée 956. A partir de cette date en effet ÏBist, Franc. Senon. donne des renseignements tout à fait originaux queClarius s'est borné à copier, et la mention suivante des Annales de Sainte-Colombe de Sens, relative â Tanaée ï>67, n'a été reproduite ni par VHist. Franc. Senon, ni par Odoran. Si, pour la période antérieure au milieu du x' siècle, VBht, Senon, n'est qu'un extrait d'annales plus développées, sa valeur n'est pas plus grande pour avoir été rédigée avant les chroniques d'Odoran et de Clarius ; car dans ces dernières, la source primitive est aussi exactement et souvent plus abondamment reproduite.

Il resterait maintenant à se demander quelle est la valeur de VBistoria Francorum Senonensis pour la tin du x° siècie et le commencement du xi*. Cette source ne peut avoir de valeur réelle que si elle a été rédigée au fur et à mesure des événements ; en un mot, si elle constitue des Annales. Or il n'en est pas ainsi : à partir de 877 jusqu'à Taii ICHX)*, elle perd à peu près complètement toute forme annalistique pour n'être qu'une maigre et jnexacte chronique. Nous allons le démontrer :

l** Les dates sont absentes ou vagues; la seule chronologie consiste en des expressions telles que : *< in ipso anno j>^ « secondo anno post hoc », « his temporibus », ft non muito post », « sub ipso tempore », etc., sans que les événements correspondent d'ailleurs à la première, seconde, etc, année annoncée. Ce manque de précision n'est pas le fait d'annales.

2** Examinons en outre quelques passages de ÏHistoria F'rancorum Senonensis.

Elle rapporte, après la mort d'Otton, frère de Hugues Capet (en 965), un siège de Sens par les ducs Helpon et Brunon, leur défaite à Villiers par Archembaud, archevêque de Sens, et le comte Rainard le Vieux. Pas d'autre date que ces mots : « sub ipso tempore ». Beaucoup d'érudits, entre

1. Il est à remarquer qu'à la date de 877 Clarius insère une immense addition sous forme de chronique, relative aux évpncments de 877 à 980, qu'il emprunte en grande partie à VHistorin Senon. Son récit reprend ensuite à l'année 878, et les mentions annalisliqaos qtîî suivent ne sont pas toujours d'accord avec les faits énoncés dans la chronique interpolée à Tannée 877.

Bi2 h'iUSTfJRIA FRASCOmWt i>EXONEXSlS [App. Vil]

autres M. d'Arbob de JubainviUe, ont été conduits par là à placer ce siège de Sens après la mort d'Otton, c'esl-à-dire on 965". Mais en réalité cette date est inadmissible. Brunon est resté à Cologne jusqu'au début de Tautomne de 965 et il est mort à Reims cette même année le 11 octob^e^ Le siège de Sens a eu lieu en octobre 959, six aBs auparavant'. Une erreur chronologique ausai grossière ne peut être le fait d'un annaliste. Ce n'est pas tout; le récit présente des éléments certainement légendaires : le duc Helpr^n est inconnu à l'histoire, ce trait de vouloir darder sa lance dans la porte de la vilie de Sens a tout Tair épique, enfin la parenté des vainqueurs, Archembaud et Rainard avec Helpon, la douleur qu*ils ressentent de sa perte, Tordre de sa mère Warna de reporter son corps dans sou pajs, l'Ardenne, tout cela a une couleur légendaire et par suite ne peut être rœuvre d'un contemporain. La source du rédacteur de VHistoria Framormn Senonemis n'est certainement pas écrite; c'est quelque poème célébraut la victoire des Sénonais sur les Saxons et les Lorraius. MM. Duminler et de Wiite, déjà frappés du caractère suspect de ce récit, lui ont refusé toute autorité* 0*est là une exagération : les détails nut quelque chuse qui sent k falde, mais le fond eat vrai ; Brunon a certainement subi un échec dans rexpédition qu*il dirigea en 059 de concert avec le roi Lothaire contre Robert de Troyes -.

S"" La narration de la guerre de 978 entre Lothaire et Ottou II n'est guère plus acceptable au point de vue purement historique. Tout d'abord elle est inexacte ; Lothaire n'a pas conclu Ja paix <( in ipso anno », mais deux ans plus tard. Il s*est rencontré avec Otton II h Margut-sur-Chiers et non à Reims; il lui a abandonné complétenient la Lorraine et non à titre de ilçf ;ni beneficio). Toujours des traits légendaires: un guerrier allemand, qui fut tué sous les murs de Paris \ devient le propre ueven de Tenipereur; lui aussi s'était vanté de dai^der sa lance dans la porte do Paiis. Dans sa retraite,

L flùtoire ihs comtes de Champagne^ t: 1. p. 140-141,

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