Sur cette légende, voy. p
344 iJlIISTOBlA FBANCORUM SEiYO^ENSIS [App. Vil]
pontificum Remorum nous est d'ailleurs encore attestée par Clarius qui, à la date de 895, nous en donne un long extrait concernant Anségise, archevêque de Sens.
6** Quelques erreurs chronologiques telles que la date de la mort de Hugues Capet en 998 (pour 996), celle de l'archevêque Séguin en Tan 1000 (pour 999), celles du duc Henri de Bourgogne en 1001 (pour 1002), achèvent de prouver que, même pour la seconde moitié du x° siècle, VHistoria Francomm Senonensû n*émane pas d'un contemporain qui aurait soigneusement noté les événements au fur et à mesure qu'ils se produisaient.
En réalité, cet ouvrage a été composé d'un seul coup peu après l'année 1015 et certainement avant 1034. En effet, si dans les manuscrits de la deuxième rédaction de Hugues de Fleury on trouve une addition au texte de VHistoria Franconim Senonensis relative à cette dernière année, cette addition fait défaut dans la compilation interpolée à Saint- Germain-des-Prés à la fin du xi** siècle*. Elle ne fait donc pas vraiment partie du texte de VHistoria Fraficorum Senonensis, et par suite celle ci a été rédigée avant 1034.
En résumé, les sources de VHistoria Francorum Senonemis sont :
1® De 688 à 956 des Annales ecclésiastiques de Sens, aujourd'hui perdues.
2* De 956 à Tan 1000 (ou environ) des récits oraux, des souvenirs personnels d'ailleurs peu exacts, enfin les Gestes des Archevêques de Reims.
3° De Tan 1000 à 1015, l'auteur est contemporain et, si sa chronologie a encore besoin d'être contrôlée, son récit est intéressant parce qu'il a pu être témoin des faits qu'il raconte.
Cette dernière partie de VHistoria Francorum Senonensis est la seule qui présente une valeur historique réelle. Pour toute la période antérieure il ne faut se servir de cette source qu'avec prudence. Est-ce à dire qu'elle n'offre aucun intérêt? Loin de là, elle nous fournit au contraire quelques indices précieux sur la manière dont certains faits du x* siècle étaient envisagés au conimencement du xi° siècle. Ainsi, Lothaire n*a pas donné
1. Voy. l'étude de M. Siméon Luce citée plus haut, p. 338, n. 1.
[App. VII] L^HISTOJilA FRANCORUM SBNONENSIS 345
la Lorraine en fief à Otton II, mais cette erreur même nous fait pressentir qu'au milieu du règne de Robert II on s'imaginait en France qu'il en avait été ainsi et que les rois de Germanie tenaient la Lorraine à titre de fief du royaume de France. Le rôle de l'archevêque de Sens, Séguin, à propos des compétitions entre Arnoul et Gerbert, est singulièrement exagéré, mais, nous y trouvons la confirmation de certains passages des lettres de Gerbert et des Actes des conciles de Saint-Basle et de Mouzon, qui nous montrent dans la ville de Sens un foyer d'opposition contre la nouvelle dynastie et son serviteur dévoué, Gerbert. Les inexactitudes mêmes des récits des expéditions de Brunon contre Sens et d 'Otton II contre Paris, sont curieuses en ce qu'elles nous permettent de. soupçonner l'existence de poèmes épiques à ce sujet. Mais, nous le répétons, c'est là un intérêt légendaire; VHistoria Francorum Seiionensis ne fournit pas de renseignements rigoureusement exacts au point de vue historique. Il ne faut les accepter que sous bénéfice d'inventaire.