Fiodoard, Annales, à %Û
[App. VIJl] LA GUERRE NORMANDE (959-058) 349
conférence avec Richard. Les relations de Tarchevôque de Cologne avec le duc de Normandie ne nous paraissent donc pas parfaitement établies*. En tous cas il faut rejeter comme incertaines et même calomnieuses les accusations de Dudon contre Brùnon et Gerberge.
§ III. L'échec de la conférence en Amiénois n'aurait fait qu'accroître la rage et les intentions perfides du comte Thibaud. A son instigation, Lothaire somme Richard de remplir ses devoirs de vassal et l'invite à se rendre à un plaid sous prétexte d'écraser Thibaud et de soumettre les Flamands révoltés. Richard obéit et se rend auprès du roi avec son armée. Lothaire se tenait sur les bords de TEaune* en compagnie des ennemis de Richard, Thibaud, Geoffroi d'Anjou, Baudoin de Flandre. Ils coururent sus à l'avant-garde détachée par le duc de Normandie; elle se replia et, à la nouvelle que le roi approchait avec plusieurs milliers dé guerriers, Richard donna le signal de la retraite. Il se porta au delà de la Dieppe' dont il voulait défendre les gués; il déploya la plus grande vaillance et sauva des mains de l'ennemi un de ses vassaux du nom de Gautier*, mais les vieillards réussirent à l'entraîner à Rouen. Il y rassembla des troupes dans le dessein de se venger du roi et de Thibaud".
Ici, par bonheur, Flodoard nous permet de contrôler Dudon. Ses Annales portent à la date de 961 : « Otto, filius Hugonis « quondam principis, adregem Lotharium, in ipsis festi Pas- « chalis diebus, Laudunum venit, sed et nonnulli tam Franciae « quam Burgundiae proceres. Placitum regale diversorumque
1. Ruotger {Vita BrunoniSj Mon. Germ. IV, 270) nous dit bien que les gens paisibles fuyant les Normands, trouvaient un sur appui auprès de Brunon ; mais par Nordmannorum gens ce biographe désigne les Danois de Danemark et non ceux qui s'étaient établis en France. Le Normand Harald dont il rapporte le baptême est Harald II, à la Dent- Bleue, roi de Danemark.
2. L'Ëaune est une des trois rivières qui, avec la Béthune et l'Arques, forment la rivière de Dieppe.
3. Étym., le mot germain diep (cf. ail. lief^ qui signifie « profond ». Le nom fut donné à la rivière avant d'être appliqué à la ville qui s'est formée à son embouchure.
4. Cet épisode se trouve considérablement amplifié dans le Homan de Rou (vers 4590-4886).