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Id. (ibid,, I, 100 et

386 SUR LE CHANGEMENT DE Dl^NASTIE [App. XI]

David Blondel prit à tâche de combattre point par point les allégations de Chifflet touchant les rois d'Espagne et à son tour il démolit ses généalogies \ Dominicy se préoccupa plutôt de légitimer la dynastie capétienne en la rattachant à la race carolingienne. Son imagination lui montra jusqu'à quatorze preuves que j'énumérerai brièvement, à titre de curiosité ^ Les Capétiens descendent de Charlemagne :

1° Par Adélaïde, fille de Louis le Pieux, mariée à Robert le Fort (5iV)(p. 17-23).

2° par Béatrix de Vermandois, femme de Rober.t I (p. 26).

3** Par Adélaïde de Poitou, femme de Hugues Capet (p. 27-31).

4° Par Isabelle de Hainaut, femme de Philippe-Auguste (p. 32).

5° Par Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, descendante de Berthe, fille de Mathilde, reine de Bourgogne et sœur du roi Lothaire (p. 34).

6'' et 7^ Par Béatrice de Bourgogne, femme de Robert, comte de Clermont (t). 36-37).

8° et 9"* Par Adélaïde de Maurienne, femme de Louis le Gros, et Anne de Clermont, femme de Louis II, duc de Bourbon (p. 38 et 39).

10° ]lo 12° Par Constance d'Arles, femme de Robert II, et une seconde fois par Béatrice de Bourgogne (p, 40).

13° 14" Enfin par Blanche de Castille (pp.40-42).

Ces excellentes démonstrations furent rendues encore plus convaincantes par les victoires de Turenne et de Condé. Les armées de Louis XIV prouvèrent à l'Espagne et à l'Empire la solidité des droits des Capétiens au trône de France.

Les historiens du xviii'' siècle ne font, que répéter ceux du xvir et du xvr siècle. Notons en passant les réflexions du P. Daniel sur Hugues Capet. Elles sont d'une absurdité amusante : « Il (Hugues Capet) avoit comme Pépin beaucoup (( de modération, de douceur et d'afl*abilité, qualités qui lui « avoient gagné le cœur, non seulement des François, mais en-

1. Genealogicae francicae plenior aisertio adversus Jo-Jac, Chifflttium. Amsterdam, 1654, 2 vol. in-fol.

2. Assertor gallicm contra Vindicias Htspanicas Jo-Jac, Chifflelii- Paris, 1646, in-4.

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« core du roi Lothaire {sic),.. L'on vit par la manière dont il a poussa Charles, son concurrent, tandis qu'illui disputa la « couronne et dans toute la suite de son règne, qu'il* n'étoit « pas moins grand capitaine que grand politique* ».

Les jugements portés par Montesquieu ne sont pas ceux qu'on pourrait attendre d'un aussi grand esprit. Il déclare qu'on déféra la couronne à Hugues Capet parce qu'il était seul en état de défendre le pays contre les attaques des Normands {sic). Il voit dans la royauté capétienne un « grand fief », idée absolument fausse qui fit fortune*.

Boulainvilliers combat de toutes ses forces l'idée « que ce « fut de la grâce de ce prince (Hugues Capet) que les seigneurs « obtinrent la possession de leurs terres et les droits attachés « à cette possession ». Une théorie superficielle expliquait" en effet la formation de la féodalité par un prétendu abandon des droits régaliens fait par Hugues Capet aux seigneurs pour obtenir la couronne de leurs suffrages. Le même Boulainvilliers prétend en outre que l'élection de Hugues fut due à la violence ; il s'appuie sur une lettre de Gerbert où l'on voit Hugues disperser une assemblée tenue à Compiègne. Mais cette lettre est en réalité de 985 et non de 987 *. Le reproche de Boulainvilliers est imaginaire*. Sans être exacts de tous points, les jugements de Mably sont beaucoup plus sensés : il démontre qu'il est faux que Charles ait été écarté du trône pour s'être rendu vassal de l'empereur Otton II ; il nie absolument que Hugues ait été élu par une assemblée de la nation. Son opinion est qu'il se fit nommer seulement par ses parents, ses vassaux et ses partisans. La royauté étant alors peu de chose, il ne trouva pas grande résistance. Mably déclare d'ailleurs que, bien qu'irrégulière, la royauté de Hugues Capet fut un événement heureux parce qu'elle fit cesser les compétitions *.

1. Histoire de France depuis rétablissement de la monarchie françoise dans les Gaules. Paris, 1729-55, 7 vol. in-4. Voy. t. III, p. 4 et 5.

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