‹ Les derniers CarolingiensChapitre 362 sur 376 · Histoire des François, t. IV, 41. Cf. t. ÏII · texte numérisé non relu

Histoire des François, t. IV, 41. Cf. t. ÏII

5. Id., IV, 36. L'appréciation du caractère de la nouvelle dynastie n'est pas exacte. Voy. Luchaire, Institutions, t. I, ch. i.

[App. XI] SUR LE CHANGEMENT DE DYNASTIE 389

Au moment même où Sismondi écrivait ces lignes (1820), Augustin Thierry reprenait et développait les idées de Du Haillant et de Belleforest sur l'expulsion de la deuxième dynastie. On sait que pour ce brillant historien les Carolingiens sont les descendants des conquérants germains et les Capétiens les représentants de l'opinion nationale. L'élection de Hugues Capet « n'eut point lieu avec des formes « régulières : ce fut un coup d'entraînement, et Hugues Capet « devint roi des Français parce que sa popularité était « immense. Quoique issu d'une famille germanique, l'absence « de toute parenté avec la dynastie impériale ', l'obscurité « même de son origine dont on ne retrouvait plus de trace « certaine après la troisième génération, le désignaient (( comme candidat à la race indigène dont la restauration « s'opérait en quelque sorte depuis le démembrement de « l'empire. Tout cela n'est point formellement énoncé dans « les histoires contemporaines', mais Ton ne doit pas en <c être surpris. Les masses populaires lorsqu'elles sont en « mouvement ne se rendent point un compte bien net de « l'impulsion qui les domine ; elles marchent d'instinct et « tendent vers le but sans chercher à le bien définir. A ne « les considérer que d'une manière superficielle on croirait a qu'elles suivent en aveugles les intérêts particuliers de a quelque chef dont le nom seul fait du bruit dans l'histoire ; « mais cette importance môme des noms propres vient de « ce qu'ils ont servi de mot de ralliement pour le grand « nombre qui, en le prononçant, savait ce qu'il voulait dire et c( n'avaitpas besoin, pour le moment, d'une façon de s'exprimer « plus exacte. . . C'était une opinion répandue parmi les gens « de condition inférieure que la nouvelle famille royale sortait « de la classe plébéienne ; et cette opinion qui se conserva « durant plusieurs siècles ne fut point nuisible à sa cause ^ ». Il n y a pour ainsi dire pas un mot dans tout ce passage qui ne soit une erreur et ne dénote les illusions les plus singulières sur l'état social du x° siècle. Augustin Thierry,

1. On voit par cette assertion qu'Augustin Thierry n'avait qu'une connaissance imparfaite de l'histoire du x« siècle.

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