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DEUXIEME EXPEDITION DE BOURGOGNE SS

sembla d'abord que Texpédition fût en faveur des Robertîens, car, le 11 novembre, il se tint au village de Marzv, près de Nevers, un j)laid contre Guillaume Tête*d*Etoupes. Il est visible que Hugues Capet, à rinstigation de sa mère, avait repris les projets ambitieux de sQn père sur rAquiiaine, et que Lothaire avait la faiblesse d'y consentir. Il fut bien vite puni de ses concessions imprudentes, et le bon accord avec ses cousins cessa brusquement : Lothaire ayant mis la main sur un certain nombre de villes bourguignonnes, entre autres sur Dijon, et y ayant fait acte de souveraineté dès le 23 novembre \ le ressentiment des Robertiens éclata. La querelle fut si violente que Brunon dut accourir en Bourgogne avec une armée de Lorrains pour s'interposer entre ses neveux et tâcher de les accorder*. Il n'y réussit pas, et au commencement de l'année suivante (959), il revint à Compiègne continuer les négociations. Tout ce qu'il put obtenir, ce fut que ses neveux échangeraient des otages et feraient trêve à leurs discordes jusqu'à la prochaine assemblée^.

1. A cette date en effet il était en son palais de Dijon et soumettait à l'abbaye de Cluny, le monastère de Saint-Amand en Tricastiii (Provence). Ce diplôme est le plus souvent attribué à Tannée 959; mais à tort, puisque ce fut préciséuïent en cette année que Lothaire perdit Dijon. Il pourrait être encore Ue %0, en sacrifiant Tan du règne à Tindiction; le système inverse me paraît préférable (Histor. de France^ IX, 623). — Il faut bien admettre d'ailleurs que Lothaire ait pris Dijon à la fin de 958, puisque Robert de Troyes lui enleva cette ville Tannée suivante et qu'au début de cette même année Raoul, comte de Dijon, était encore vassal d'Otton (Voy. p. 24, n. 3). — Lothaire eut sans doute alors dej^ projets scrieux sur le royaume même de Bourgogne. Les moines de Cluny qui avaient obtenu déjà le 15 septembre (958) du roi Conrad cette abbaye de Saint- Amand (Chartes de Cluny ^ t. II, n* 1052) jugèrent prudent de la demander aussi à Lothaire. Ils soupçonnaient duncquH] pourrait s'emparer prochainement du royaume de bourgogne.

2. M. Aug. Bernard soutient que la querelle était, non entre Lothaire et les fils de Hugues le Grand, inaisî entrr Lothaire et son frère Charles, roi en Bourgogne. Or celui-ci était âgé de cinq ans. Conçoit-on que la colère de ce petit enfant eût forcé Brunon à accourir en Bourgogne avec une armé(> et à faire échanger des otages entre ses neveux? II suffit d'ailleurs de lire la suite du récit de Modoard(.4nrï. à 960-961) pour se convaincre que le débat était bien entre Lothaire et les Robertiens. Enfin rien ne prouve que Charles ait jamais été roi en Bourgogne (voir Appendice II/}.

3. Annales Niveini. : « et in ipso anno (95B) venit rex et mater sua

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