‹ Les derniers corsaires DunkerqueChapitre 13 sur 58 · L -êx ri. Le MIRE ne rt · texte numérisé non relu

L -êx ri. Le MIRE ne rt

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PIERRE-JIAN BART 59

-tudes au sujet de l’Harmonie ; il n’en savait rien, sinon qu'un pêcheur lui avait parlé le 31 mars ; elle était mouillée à 15 lieues du Texel, son grand mât brisé. Juin avait attemt Bergen le 5 avril ; il écrit aussitôt

“une lettre qui rassurera le ministre. Bien secondé par le consul français, 1l répare ses avaries. En dépit de la neige et de la grêle, 1l met à la voile le 6 juin. Al canonne, le 10 juillet, une frégate anglaise qui profite d’un calme pour s'éloigner à l’aviron, rase « une glace d’une énorme grosseur », manque se perdre à la côte de Labrador, évite plusieurs chasses de vais- Seaux ennemis, mais, parvenu devant le Saint-Laurent, ne peut y pénétrer, pas plus par le détroit de Belle- Isle que par le passage de l’Isle-Royale : des frégates anglaises gardent toutes les avenues. Il retourne vers la Norvège, ayant manqué sa destination. Il n’ose entrer dans aucun port de ce pays, par crainte d’une

petite division anglaise qui, sans scrupule, vient d’enlever l’Épervier, de Villeneuve, abrité dans l’un d’eux.

Sachant l’escadre de Thurot en rade et étroitement serrée par une escadre de blocus, 1l n’ose davantage rentrer directement à Dunkerque. Il se décide à

“ioucher à Blanckenberghe, puis à Ostende, d’où il

“annonce au ministre son retour avec 46.800 livres

“de rançons. Deux frégates et un cotre l’empêchent

le 7 septembre 1845. I1 mourut le 16 février 1855, ayant eu dix enfants d'un premier mariage et un d’un second. Deux filles du premier lit surm…vécurent. Le fils aîné, Jean-Pierre, né à Bordeaux le 11 septembre 1807, -sauva d’un naufrage sur la côte de Quiberon une femme et son enfant abandonnés par l’équipage : il avait treize ans. Entré à l’école de Brest, “il en sortit aspirant de 2° classe; à vingt et un ans, à Mers-el-Kébir, sa “grande bravoure lui valut sa promotion au grade d’enseigne (22 juin 1828). Licutenant de vaisseau le 197 janvier 1834, chevalier de la Légion d’honneur le 30 avril 1840, il fut envoyé en mission aux Comores sur la corvette la Sarcelle. Frappé d’insolation le 25 mai 1843, il mourut le 3 juin suivant, en rade de Nossi-Bé. Un petit monument marqua sa tombe.

de sortir, du 17 août au 17 octobre, et ne s’éloignent que le jour où l’escadre de Thurot sort de la rade et mouille entre Nieuport et Ostende. Juin rend enfin le bord à Dunkerque le 26 octobre ; la violence du courant chasse sa frégate sur les pierres de la jetée Ouest. à

On l’accueille mal. Le combat de la Danaé a produit une sensation profonde ; le public accuse Juin d’avoir abandonné son commandant. Des complaintes circulent, chantant le courage de Pierre Bart, et stigmatisant par contraste la conduite de Juin. Il se défend dans son rapport : (C’est là (à Bergen) où le déclarant apprit la triste nouvelle de la mort dudit sieur Bart, et ne péut trouver de termes assez forts pour exprimer la douleur qu’il a ressentie de la perte de son protecteur, de qui il avoit l’amitié et la confiance, personne ne pouvant .mieux que luy avoir connu la noblesse de ses sentiments, son grand cœur, ét sa va: leur. Le déclarant ayant lieu de croire que pendant son absence l’envie et la jalousie, dont personne n’est exempt, ont fait semer des discours à son désavan- ‘tage au sujet de la prise de la frégate dudit sieur Bart, mais n’ayant rien à se reprocher 1l déclare avoir suivi tout ce que l’expérience qu’il peut avoir acquise dans la marine, qu'il pratique depuis sa tendre enfance lui a pu apprendre, et pourroit se flatter que dans les occasions où 1l a pu se trouver, on ne l’a jamais vu manquer. Îl espère donc que sa conduite rapportée icy au naturel trouvera pour approbateurs toutes. personnes non prévenues et impartiales. »

La Cour se rendit compte qu’on l’accusait injustement. On pourrait peut-être lui reprocher le térme de « prudence », qui revient trop souvent sous sa

mo S.

plume (1). Il se battit pendant toute la guerre suivante, Après enquête, on lui accorda la croix de Saint-Louis, le 3 janvier 1784. Anguier fut chargé de la lui remettre, et de le recevoir chevalier de l’ordre. Juin mourut pauvre, en février 1785 : il avait 100.000 livres sur un navire revenant de Saint-Domingue, qui, pendant la guerre de l’Indépendance, fut perdu. Il était le doyen des lieutenants de frégate. Le commissaire de la Marine attira l'attention du ministre, Castriés, sur sa veuve, infirme, et son fils qui, fauté de très peu de jours de service qui lui manquaient, n’avait pu être reçu capitaine (2).

al FRANÇOIS THUROT

Né à Nuits en Bourgogne le 21 juillet 1727, élèvechirurgien à Boulogne, prisonnier des Anglais, second - sur la FRusée de Boulogne, capitaine Jean Dubois dit : Mazières en 1748, puis capitaine de la chaloupe la Levrette (6 tonneaux) de Boulogne, François Thurot, pendant la paix, s’installe en Angleterre, où ses opé-

{1} Arch. Nat., Marine, B° 861 f. 271, 273 ; PB 578 ; B4 75, 91 f. 20-36 : C7 17, 150 — Arch. Mar. Dunk., cart. 15, 16; Rapports de Guerre ,1759, Î. 160, 178, rapports de Juin et du second maître d'équipage dela Danaé. = Arch. Com. Dunk., 87, f. 170. — Chambre de commerce, Reg. des délib., 80 £. 16, 27, 140, 166. — Clowes, The Royal Navy, III-501. — Journal de … l'échevin Verbèke, pp. 51, 87, 103, 106, 108, 109, 113. — Mancel, Gaspard Bart et ses descendants ; le récit du combatest inexact. Guerre, Arch. … hist, 3532 n. 245, 250, 253, 275, 298, 299 contenant une copie de la Lettre de Jacques Gaspard relatant l'événement. (2) Arch. mar. Dunk, Registres de Corresp. 11, 14, 15 aux dates indiquées.

si

rations de commerce se confondent souvent avec la «

contrebande. Grâce à son charme personnel et à la droiture de son caractère, il y noue de solides amitiés.

Prisonnier à Londres en même temps que le maréchal de Belle-Isle, il avait supplié le maréchal de l’em-

mener lorsque ce dernier rentrait en France. Il essuya

un refus : en débarquant à Calais, Belle-Isle eut la surprise d’y trouver Thurot, qui s'était échappé et avait traversé le détroit sur un canot. Par ce trait d’audace, le Jeune corsaire s’assurait un protecteur. Au début de la guerre de Sept ans, le maréchal éerit de lui : « Il est difficile d’aveir plus de volonté, de

courage et d'intelligence. » Il obtient pour lui le com- «

mandement d’une petite corvette du rot, la Friponne

(mai 1756). À peine en mer, Thurot s'empare sous le « - canon de Douvres du Hawk, capitame Flunts, un cotre.

de seize pièces, excellent voilier, absolument neuf, gagnant du prix de Londres six semaines plus tôt.

Il chasse les petits corsaires ennemis, menace les .

navires de commerce Jusque dans les eaux anglaises, et dénombre les gardes-côtes : cimq de dix-huit canons en moyenne pour le secteur d’'Harwich à Douvres,

onze, dont un de vingt-six canons, de Douvres à

Béveziers. Au mois de Juillet, 1l s'approche assez près de la côte pour enlever un navire mouillé à abri de la pointe des Perrées : cinq gardes-côtes veulent lui

couper le chemin du large ; un calme le sauve, et 1l”

rame pendant vingt-huit heures pour s'échapper.

Trop connu de l’ennemi, qui évente sa corvette à cinq …

ou six lieues au large, 1] songe à opérer dans d’autres HAT HeRe

Il s'associe pour moitié avec Pierre Merlin, armateur de Saint-Malo ; . contrôleur général, le maréchal |

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de Belle-Isle prennent un intérêt dans l’affaire, et le roi avance 900.000 livres. Thurot, nommé capitaine de flûte, commande une escadrille : le Maréchalde-Belle-Isle (40 canons) qu'il monte en personne ; le Chauvelin (36 canons) capitaine Duhoux-Desages, un Malouim, et deux découvertes, le Bastien et le Gros- Thomas. La campagne est extrêmement rude.

Parti de Saint-Malo le 12 juillet, Thurot se voit enlever le lendemain à trois heures du matin le Bastien par deux vaisseaux anglais qui l’obligent à se retirer vers le cap Fréhel. Le 25, il est surpris au milieu de la nuit par une frégate anglaise de trente-six canons qui lui envoie trois bordées coup sur coup; le feu prend aux caisses de cartouches qu’il a disposées dans les hunes ; après une demi-heure de canonnade, la frégate anglaise n’a plus que deux canons en état de servir. Au moment de l’aborder, la drisse du grand hunier du Belle-Isle éasse, l'ennemi passe au vent sous son beaupré, lui envoie encore deux coups de canon, et fuit vent arrière, sans que le Chauvelin puisse le rattrapper. Thurot a neuf tués'et vingt-cinq blessés, Le lendemain, chassé par trois vaisseaux de guerre, Thurot profite du calme pour leur échapper en bordant ses avirons : « par humanité », il défend de tirer sur “les chaloupes envoyées contre lui. Ce jour-là, sa “seconde découverte, le Gros-Thomas, se sépare. Il débarque ses blessés à Calais. Le 17 août, à hauteur - de Blankenberghe, trois frégates anglaises l’attaquent, le mettent hors d’état de manœuvrer, lui tuent cinq hommes et en blessent douze; l'affaire dure trois heures, pendant lesquelles le Chauvelin se tient sur «l'arrière du Belle-Isle auquel il n’apporte aucun secours. Enfin, Thurot contraint l’ennemi à l’aban-

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