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GUERRE DE LA SUCCESSION D’AUTRICHE

LA PAIX INSTABLE

L’un après l’autre s’éteignent les acteurs des grandes guerres de Louis XIV. Quinze ans après la paix, le commissaire des guerres Ségent compte encore à Dun-

» kerque cinq ou six de ces capitaines qui accomplirent «des actions de valeur prodigieuses. » En cas de guerre, «1ls serviroient encore avec distinction (1) ». = Éventualité à envisager : le désir de paix de quel- -ques-uns ne suffit pas pour l’imposer à tous. La menace de guerre couve, et le commerce sur mer manque de sécurité.

Malgré la paix d’Utrecht, les corsaires hollandais continuent à saisir des bâtiments français sur l'Océan et la Méditerranée. Le Conseil de Marine refuse aux

“propriétaires des lettres de représailles, qui « pourroient avoir des suites » ;il se contente à peu de frais

(1) Ségent, Mémoire concernant la ville de Dunkerque, dans Bullet. Union Faulconnier, X, 1907, p. 107.

ÿ LES DERNIERS CORSAIRES des assurances fournies par le Pensionnaire, qui laisse espérer à notre ambassadeur à La Faye que justice sera rendue un Jour ou l’autre aux armateurs lésés. Sur les mers du Nord, Suédois et Danois rendent le trafic impraticable : 1ls arrêtent les navires français qui entrent et sortent de leurs ports, même à vide. Les Suédois confisquent deux navires appartenant à Tugghe et à Vermere ; on en refuse la restitution réclamée par le Régent, qui ordonne à l’Amirauté de Dunkerque d’arrêter au port deux bâtiments suédois. L’ambassadeur de Suède obtient mainlevée de ces navires sous promesse de restitution des navires dunkerquois : promesse platonique ; en définitive, les armateurs perdent plus de 105.000 livres. Quatre autres se trouvent dans le même cas. Et cependant les corsaires danois et suédois ne se gênent nullement pour entrer dans les ports français avec des prises

neutres. L’un d’eux, de vingt-deux canons et quatre- .

vingts hommes, relâche à Dunkerque avec une prise d'Amsterdam ; son capitaine est un Anglais, porté sur sa commission en guerre avec un nom suédois. Un autre relâche à Paimbœuf ; une partie de l'équipage

se compose de marins français qui y servent sans

permission : on les emprisonne. Il faudra la mort du

roi de Suède pour que le Sénat de Stockholm ordonne

à ses corsaires de ne capturer que des bâtiments ennenus et de laisser passer les neutres.

À la côte de Guinée, aux Anulles et sur le Grand

Banc, des forbans, insoucieux des promesses d’amnis-

tie, continuent à tenir la mer. En Méditerranée, ’amiral Byng «traite les sujets du roi en ennemus »; les |

capitaines Roux et Audibert se voient arrêter (décembre 4718). Sur la mer du Nord, les brigantins

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