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LA PAIX INSTABLE 3
armés qui escortent les pêcheurs anglais coupent les filets des pêcheurs français ; un pêcheur de Dunkerque veut s’y opposer, et reçoit des coups de feu (1).
La malencontreuse et courte lutte contre l’Espagne (1719-1720) n’aflecte guère les Dunkerquois. Rien ne les désigne au nombre des Français qui arment en course sous pavillon espagnol, mais les défenses de servir à l'étranger ne les empêchent pas de s’engager à la Compagnie d’Ostende. Trois vaisseaux de la Compagnie, forcés de relâcher à Dunkerque en février
1724, ont pour capitaines des Dunkerquois : on les emprisonne comme sujets du roi engagés sans permission au service de l’Autriche, et coupables d’avoir enrôlé des matelots français. Le ministre autrichien à Paris intervient ; l'affaire n’a pas d’autre suite (2).
Le 3 novembre 1733, le tambour bat sur le port, annonçant la déclaration de guerre à l’occasion de l’ouverture de la succession de Pologne. L’émotion des négociants se calme, une fois assurés qu'aucune hostülité ne s’ensuivra contre la Flandre impériale.
"Ils ne profitent pas de l’autorisation d’armer en course.
- Parallèlement, la Cour de Bruxelles refuse des lettres -de marque aux gens d’Ostende et de Bruges. Il semble qu'on en ait été quitte pour des inquiétudes, du fait de
deux frégates d’Ostende de vingt-huit et quatorze canons, qui vont demander des comnussions à Fles-
singue (3).
(1) Arch. Nat., Marine, B1 1. 82, 2 f. 227, 320, 16 f. 284, 339, 27 £.15, 61, 200, 246, 98 f. 81, 263, 276, 289, 40 f. 16-18, 41 f. 245, 296, 5? f. 64 et eq. — Chambre de commerce, Reg. des Délib., 7 f. 62, 298, 11 f. 17.
(2) Arch. Nat., Marine, B1 45 f. 156, 249, 48 f. 344. — Chambre de com- -merce, leg. des Délib., 7 f. 238-240. — Michel Huisman, La Compagnie d'Ostende, p. 281, 282.
(3) Chambre de commerce, Reg. des délib., 16 f. 58, 61.
La succession d'Autriche déchaîne l'orage sur.
PEurope. Les puissances maritimes promettent leur neutralité tant que la France n’enverra pas un soldat
dans les Pays-Bas; promesse, sans plus, car même
avant l’ouverture des hostilités (octobre 1739), les vaisseaux anglais et espagnols se battent, et les coups retombent sur les bâtiments marchands et les pêcheurs français, indignement molestés et pillés. Depuis l’automne de 1736, et d’année en année, les Dunker-
quois en pâtissent sans riposte possible, jusqu'à ce.
qu’enfin le combat naval devant Toulon (22 février 1744) place la Cour de France dans l’obligation
de se mettre en état de guerre déclarée contre l’An- :
gleterre (1).
Le port s’est légèrement relevé de l’état d'anéantissement complet voulu par les traités d’Utrecht. Mais auprès du mouvement de navires de jadis, que sont les cent-vingt sorties environ, notées au cours dé l’année, de bâtiments dont trois seulement atteignent deux cents tonneaux? Les long-coursiers Jjaugent de cent à cent cinquante tonneaux; le reste ne
comprend que des barques de cabotage ou de pêche.
La nuit du 31 décembre 1720, une forte marée poussée par une violente tempête a rompu le grand bâtar-
deau fermant le chenal : l’ensablement n’en devient: que plus complet. Peu à peu, cependant, le jeu de.
l’écluse de Furnes chasse les sables et les terres provenant du bâtardeau, dont on détruit les fondations.
(1) Plusieurs corsaires espagnols, dont Pedro de Balparanda, entrent
des prises à Dunkerque ; on ne leur permet d'y rester que le temps stric-
tement indispensable. Des matelots de Dunkerque levés par un Flamand refusent l’embarquement à Rotterdam en s’apercevant qu'on veut les mettre sur un corsaire espagnol. — Arch. Nat., Marine, B° 46, 47. — Arch, Mar. Dunk., Cart. 8 — Chambre de commerce, Reg. des délib., 17 f. 68, 18 f. 1, 88, 20 f. 66, 150.
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Quelques travaux s’ensuivent ; le jour où se rompt lentente avec l'Angleterre, on rétablit et renforce les jetées et les quais. Sitôt Les Espagnols et les Anglais en guerre, quatre batteries s'élèvent sur le front de mer ;
* quand les soldats anglais prennent pied en Belgique, on ceinture la ville d’un rempart et d’un fossé (1). Quatre chaloupes carcassières veillent à la sûreté du port, prêtes à Secourir les navires serrés de trop près par les corsaires ennemis. Le commissaire de
… Givry assure la côte de Gravelines à Zuydcoote contre toute surprise ; 1l recense les hommes des villages riverains, ténus de se pourvoir d’un fusil, de poudre et de balles, à l’exclusion du petit plomb ; il dresse chaque demui-lieue dans les dunes un mât de vingt pieds de haut garni d’une botte de paille que les guetteurs allumeront sitôt l’ennemi en vue ; à ce signal, le tocsin sonnera à tous les clochers, et chacun courra à
son poste. Les préparatifs d’expéditions contre l’An-
- gleterre sur cette côte la rendent dangereuse à l’en-
- nemi, qui la menace à son tour (2).
IT
La mort de Louis XIV privait Jacques III de son . plus sérieux appui. La politique anglophile du Régent … ne devait pas lui faciliter une tentative de restaura-
(1) A. de Saint-Léger, La Flandre maritime... p. 318 et seq. (2) Arch. Nat., Marine, B° 499 f. 52, 143.— Arch. Mar. Dunk., cart. 8. “ — Affiche reproduite dans Bullet. Union Faulconnier, IX, 1904, p. 369,
tion ; il la risque cependant, dans des conditions qui
ne laissaient guère prévoir un succès. Le soir du 27 décembre 1715, il s’embarque avec quelques partisans sur une frégate qui l’attendait en rade de Dunkerque, prête à appareiller. Il touche à Peterhead, Dundee, Perth et Montrosé, constate la vanité de tout effort, et reprend le chemin de France. Il atterrit entre Gravelines et Calais, la nuit du 21 février 1716. Deux. lettres du commandant de cette dernière place portent, le 22, « cette fascheuse nouvelle » à Villars, récemment nommé président du Conseil de Guerre (1). Vingt ans durant, le roi Jacques semble renoncer
à l’espoir d’une restauration. L’état,des esprits outre- Manche, la nouvelle orientation de la politique fran-
çaise, le zèle de quelques partisans, le détermment à modifier son attitude (1737). Le complot jacobite
s'organise avec l’appui du gouvernement français. Le
protagoniste ne sera plus le roi Jacques, vieilli, qui demeure à Rome, mais, plein d’ardeur et de jeunesse, son fils aîné, le prince Charles-Édouard (2).
À François Bart, alors chef d’escadre et commandant de la Marine à Dunkerque, incombe la charge
des préparatifs maritimes, secondé par le commis …
saire de la Marine de Givry et le commussaire des Guerres Ségent. Pour détourner les soupçons du véritable but de l’entreprise, on donne Louisbourg
comme destination apparente aux navires quil -
affrète. Les armateurs flamands montrent d’autant moins de zèle qu'ils exigent des prix de fret, plus
\ (4) Guerre, Arch. hist, 2584 n. 183. -— Faulconnier, Descr. hist. de Dunk., Il, 198.
(2) Arch. Nat., Marine, B°? 822 ; B° 421; B* 56. — J: Colin, Louis XV et Les Jacobites, le projet de débarquement en Angleterre de 1743-1744, Paris, 1901, in-8, — Mémoires du maréchal de Saxe, E,, 54,
élevés. Ils ne se fient guère aux apparences. En signant son contrat, l’un d’eux dit à Givry : (Je vois bien que mon navire n'ira pas à Louisbourg ». Le secret est éventé. Le publie veut voir le prince Charles-Édouard dans tout étranger arrivant à Bergues ou à Dunkerque.
La marine affrète onze navires, flûtes ou gabarres de Dunkerque ; Rochefort, Nantes, Saint-Malo et le Favre en envoient vingt-six. Sauf deux, capitaines et navires de Dunkerque navigueront ensuite en corsaires (1). Fin février, les trente-sept navires sont prêts à embarquer dix nulle hommes de Maurice de Saxe. Le 29, une division de trois vaisseaux et une frégate, sous le chef d’escadre Du Barailh, touche à Calais, et mouille en rade de Dunkerque le 3 mars, avant-garde de l’escadre qu’amène de Brest le vieil amiral comte de Roquefeuil, pour assurer le passage du corps expéditionnaire. L’embarquement des troupes a commencé le 28 février ; le gros temps gène l'opération. La nuit du 6 au 7 mars, une effroyable “iourmente Jette à la côte sept navires de transport, un pêcheur et deux. bellandres chargés d’hommes
(1) Navires Tonn. Équip. Can. Capitaines Armateurs. … Hareng-Cou- ronné 110 12 Joseph Billeveldt Pierre Gillodts. Providence 120 12 Michel Féliers Pierre Dehau. Confiance 100 11 Franc. Bernaert B. Vandenbroucque. - Phénix 100 12 Nicolas Looten Jean Vautrée.
S.-Anne 109 11 Jean Rombout Jean Hendrick.
Solide 150 20 14 Franc. Lambert Dominique Morel. S.-Francois 130 15 8 Martin Maes Charles Nottebart,. … S.-Thérèse 120 19 René Flahaut Jean Fitzjames. … Galère-du-Détroit 95 13 10 Godefr. Bachelier Dominique Brack. Bourbon 220 26 12 Charles Lemoine Pierre De La Ruelle,
Royale 180 25 18 Charles Harinck Jacques Coppens.
prêts à embarquer, et l’une des chaloupes carcas-
sières du port. Le reste est plus ou moins désemparé, les vivres trempés d’eau de mer, les chaloupesperdues.
Incertain des positions des escadres de Roquefeuil et de l’amiral Norris qui a quitté Spithead depuis une
huitaine de jours, François Bart détache un de ses capi-
taines en reconnaissance, avec ordre de pousser Jusqu'à Béveziers s’il le faut. De retour le 8, cet éclaireur a reconnu aux Dunes l’escadre anglaise avec un vaisseau amiral, celui de Norris sans aucun doute.
Le 11 mars, une recrudescence de la tempête cause l’échouement de trois nouveaux navires. Le 13, on en compte encore douze en rade; dix sont rentrés au port, que cinq autres n’ont Jamais quitté.
Avant même de connaître ces désastres, le Cabinet de Versailles prescrit successivement l’ajournement, puis l’abandon de l’entreprise (6 et 8 mars). Bart choisit ses deux meilleurs pilotes, Nicolas Looten et Jean Rombout, et les envoie sur des bateaux-pêcheurs dans la direction des Dunes, à la recherche de Roque-
feuil (11 mars), pour lui porter les paquets de la Cour. -
Roquefeuil parvient à la Pointe des Perrées le 5 mars,
mais tellement inférieur en forces à Norris, qu'il réunit
son conseil : à l’unanimité, ses capitaines décident «de faire lPimpossible pour éviter l'ennemi ». L’escadre allait atteindre Brest, après avoir perdu son chef, mort en mer à près de quatre-vingts ans d'âge (8 mars),
quand Looten et Rombout, au lieu de la rencontrer,
donnent en plein dans les vaisseaux anglais. Conduits à Douvres, (als PRET être assassinés ». La nouvelle avait passé le Détroit qu’un capitaine anglais, retour de la Caroline, avait été pris et (tué de sang-froid » par des kate On le sait par le consul à Os-
NS
tende, qui tient le fait d’un réfugié anglais à Dunkerque, un nommé Norton. Sous peu, Norton sera expulsé par
les autorités françaises, le bruit reconnu faux, et Looten et Rombout renvoyés en France (fin avril).
Sur la côte flamande, la tourmente souffle avec violence jusqu’à la fin du mois de mars. Bart a débarqué les troupes, et fini de rentrer les navires au port, le 13.
Un projet complémentaire de descente en Écosse avorte du même coup.
Dans l’incognito le plus strict, Charles-Édouard suivit de Gravelines la marche des événements. Le jour où Maurice de Saxe lui annonce son départ pour Versailles (16 mars), le prince comprend que l’on abandonne définitivement l’entreprise. Il ne peut se décider à quitter cette côte. Il veut espérer que les efforts de Maurepas, d’Amelot et de lord Sempill, le premier instigateur du projet, détermineront lé ro1 à revenir sur sa décision. L’hostilité du maréchal
- de Noailles prévaut, et une lettre de Versailles engage - le comte de Saxe à éloigner le prince de cette région. Trois Irlandais établis en France vont jouer un rôle capital dans les affaires d'Écosse : d’Heguerty, presque toujours à la Cour, en rapports suivis avec Maurepas, auteur de projets d’entreprises contre l'Angleterre qui auront plus tard l’honneur d’être utihsés par Napoléon ; Ruttledge, installé à Dunkerque, “et Antoine Walsh, à Nantes (1). Tous trois arment en
- (1) Antoine Walsh et son frère François-Jacques Walsh, plus tard comte de Serrant, sont nés à Saint-Malo en 1703 et 1714. Antoine mourra à Saint-Domingue en 1763. Leur père accompagnait Doublet en 1691, “lors de sa mission en Écosse. — Une famille royaliste irlandaise et française et le prince Charles-Edouard, Nantes, 1901, in-4, série de pièces tirées des archives du château de Serrant et publiées sans nom d'auteur, — Charles
course, ou en guerre et marchandises, des vaisseaux. et frégates qui Le appartiennent, ou qu'ils affrètent au : roi (entre autres le fedoutable, Apollon, le Vain-. queur, V'Élisabeih). Leurs opérations ne manquent pas d'envergure. Fidèles aux Stuarts, 1ls avancent des
fonds au prince Charles-Édouard, ou lui concèdent des intérêts dans leurs navires (1). Ils correspondent mystérieusement entre eux et avec le prince. Il n’est pas toujours facile de distinguer les passages de leurs
lettres qui concernent les opérations de trafic au long cours, de ceux où ils projettent une expédition en
Angleterre ou en Écosse. Mais, très clairement, Mau-
repas examine avec la plus grande attention lé mémoire | où Walsh expose un plan parfaitement étudié ; si le ministre hésite à lui confier des vaisseaux du roi et des troupes, c’est que les armateurs veulent en donner. le commandement à leurs capitaines corsaires. Ils
n’ont pas confiance dans les officiers du roi. Ils con-
naissent l’état d’esprit de ces aristocrates qui cause-
ront la mort de Thurot en 1760 et l’insuccès de son. expédition, et manqueront causer en 1782 la perte de Suffren : en tous cas, ils feront perdre à ce grand. marin les plus beaux fruits de son admirable campagne. Ces événements donnent le ton d’une prophé-. tie à cette phrase d’Héguerty (13 mars 1745) : «Soyez \ persuadé que les officiers de la Marine qu'on employe- ; roit dans cette expédition seroient au désespoir de se voir commandez par des particuliers tirez du com-
Bréard, Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur, pp. 152-159. ne à
Laceur Davor La Marine militaire sous Louis XV, n. 45. — Henri Malo, * Les Corsaires Dunkerquois et Jean Bart, II, p. 220. — Le Prétendant \ entretenait comme représentant incognito un autre Irlandais, O’Brien. —
Lettres de Marville, Paris, 1896-1905, in-8, IT, 167, note 4. (1) Au début de février 1745, la frégate d Héguerty fait pour 200. 000 à 4
de prises,
merce, et serolent capables, sy le succès dépendoit d’eux, de la faire eschoüer ».
Pour Pinstant, « cette seule difliculté » est la pierre d’achoppement du plan de Walsh. Maurepas n’y renonce pas tout à fait : « Le ministre, dit Heguerty, verra avec une secrète satisfaction les vaisseaux du Roy qu'il nous destine pour le grand projet passer insensiblement sous le commandement d'officiers qui savent la carte et leur métier. »
En présence de ces atermoiements, Charles-Édouard brusque les événements. Le 12 avril, il envoie Ruttledge tränsmettre de vive voix à Walsh une communication qu'il juge prudent de ne pas confier au papier. Il recommande le secret inviolable et une diligence extrême. Avec son dévoûment habituel, Walsh entre dans les vues du prince (22 avril): « Ce que vous vous engagez de faire à cette occasion, est le service le plus essentiel que l’on puisse jamais me rendre », répond Charles-Édouard (27 avril). |
Le 2 juillet suivant, à cinq heures du matin, la frégate de Walsh le Du Terllay (18 canons, 24 pierriers, 67 hommes), après avoir descendu la rivière de Nantes, levait l’ancre de la rade de Mindin (1), en même temps . que trois frégates et six gabarres du roi escortant vingt-quatre barques pour la côte de Bretagne. Son capitaine, Claude Durbé, est connu pour l’un des meilleurs corsaires de Nantes. Laissant filer Je convoi, il Va mouiller à la Bonne-Anse, et attend : bientôt des barques se détachent du rivage ; elles amènent l’une - après l’autre à son bord six personnes. À sept heures … du soir, son canot embarque les trois derniers passa-
(1) Devant Saint-Brévin (Loire-Inférieure).
gers attendus, Antoine Walsh, Sheridan, écuyer du prince, et Charles-Édouard en personne. Durbé met le cap sur Belle-Isle; le 13, l’Élisabeth (500 tonneaux, 64 canons, percé pour 74, et 590 hommes) le rejoint en rade. Vaisseau du ro armé, à Brest par Ruttledge (1), son capitaine et son capitaine de pavillon sont deux enseignes de vaisseau de fraîche date : ils ont recu leur brevet pour la circonstance. Tous deux corsaires de Dunkerque, 1ls se nomment Pierre Dehau et Pierre Bart : le premier, originaire de Bergues, et fils d’un armateur,
Jacques Dehau ; le second (2), fils de Gaspard Bart,
l’ancien corsaire devenu armateur, le frère du chef d’es-
cadre de Louis XIV ; Pierre Bart a donc pour cousin germain le chef d’escadre commandant de la Marine à Dunkerque.
Pierre Dehau et Pierre Bart, l’un comme capitaine, l’autre comme second, ont navigué ensemble depuis le début de la guerre. Partis le 8 avril 1744 pour une première croisière sur la Soctété (25 tonneaux, 6 pierriers, 47 hommes), ils prirent quatre bâtiments, dont le premier, un senau de cent vingt tonneaux, sept canons et treize hommes, à l’abordage. Une deuxième croisière commencée le 24 septembre sur le’ Matou (80 tonneaux, 14 canons, 14 pierriers, 120 hommes) rapporte trois prises ; l’une chargée de fer et armée de huit canons de six, résiste trois heures : eriblée de
(1) Rôle d'équipage ouvert à Brest le 22 juin ; Pierre Bart y est arrivé avec sa compagnie fin avril. — Arch. Nat., Marine, B? 895 f. 214.
(2) Pierre-Jean Bart, né à Dunkerque le ‘22 octobre 1712. Par sa première femme, Marie- There Lefebvre, fille de J.-B. Lefebvre, sieur des Halumières, capitaine au régiment de Boufflers et marié lui- -même à Dunkerque avec Thérèse- Cornille Demeulebecq, Pierre-Jean Bart est le
beau-frère de Ruttledge, qui a épousé la seconde fille de Lefebvre dès"
Halumiéres. — Note fournie par M. Couplet-Beaucourt.