‹ Les derniers corsaires DunkerqueChapitre 30 sur 58 · MÈRES · texte numérisé non relu

MÈRES

droit « à la reconnaissance et à l’estime de la Répu-

blique » (10 avril 1793) (1).

, Le grand nombre des croiseurs ennemis le long de la côte rend le cabotage impossible. Les corsaires ne sont pas de taille à lutter : la plupart de vingt à cinquante tonneaux, un seul de cent cinquanté, et deux de cent. Gaspard Malo commence sa réputation sur un lougre de quatre tonneaux, l’Araignée. De jour en jour, la situation devient plus critique. Le nouveau ministre Dalbarade (2) annonce sa nomination et ses intentions aux membres du Tribunal de commerce : « Électrisons ce courage si connu de nos braves marins, de mes anciens compagnons d’armes. Que soumis à une «discipline qui sera le gage assuré de nos succès, que “certains de la reconnaissnce de la Patrie, ils multiplient leurs efforts pour écraser les ennemis acharnés de la République. » Sa proclamation du 26 avril est plus enflammée encore : « Citoyens, on se plaint, de toutes parts, qu'on ne voit pas, dans les travaux et les armements cette activité, cet enthousiasme qui, chez des hommes libres et dignes de l’être, s’accroissent toujours en proportion du danger et des difficultés. On ne voit pas, dans le service, cette subordination sans laquelle le courage même devient inutile : cepen- “dant le véritable amour de la Patrie, la vraie bravoure “ont toujours été dans l’âme de l’ouvrier et du matelot. « Quelle est donc la cause de cette langueur et de

(1) Par exception, 40 marins revenus dans un dénûment absolu sont autorisés par les représentants Carnot et Duquesnoy à s’embarquer sur un corsaire, — Arch. Mar. Dunk., Correspondance, 1790-1793. — Arch. Com. Dunk., 828. — Mancel, l’Arsenal de la Marine.., p. 293. — Arch. Nat., Marine, BB 8. — Chuquet, Jemmapes, p. 116.

(2) Ancien corsaire, né à Biarritz. Sa biographie dans Ducéré, Le port de Bayonne..., p. 317. 11 est nommé par décret de Ja Convention du 10 avril.

cette insubordination, si funeste à la République? N’existe-t-1l pas autour de vous des hommes pervers qui, sous l’extérieur même du patriotisme, ne cherchent. qu'à corrompre l’esprit du matelot et de l’ouvrier, et dont l’influence est d'autant plus dangereuse, qu'ils affectent d’embrasser l'intérêt de ceux qu'ils veulent égarer ? 10 Citoyens, nous devons tous être des sentinelles de la liberté. Arrachons le masque à ces traîtress montrons-les à découvert aux braves patriotes qu'ilss s'efforcent de tromper ; dénonçons-les aux tribunaux, et qu'ils cessent de souiller la terre de la liberté et de légalité. ; 0 € Apprenons aux vrais républicains qu'ils sont une grande famille ; que quand l’ennemi menace, il faut. abjurer les prétentions particulières ; il faut oublier tout intérêt personnel, pour ne se livrer qu’à la dé-. fense commune, Sans cet accord, sans cet oubli de soi même, on est indigne du nom d’homme libre ; on nes mérite que la honte et toute la barbarie de Tes vage. Vi «€ Pour moi, citoyens, vous me trouverez toujour prêt à vous seconder. Indiquez-moi les abus que vous apercevrez ; indiquez-moi les remèdes que les locæ lités et votre surveillance pourront vous faire con naître, et reposez-vous sur moi en tout ce qui dépen… dra du pouvoir qui m'est confié. Les récompenses, l’avancement et la considération seront le partage. du patriotisme, de la discipline, du zèle et de l’assi-, duité au travail : le mépris et le rebut seront pous l’aristocratie, la paresse et la lâcheté. Le fer de la 10m fera le reste; et la mort sera pour les corrupteurs et. les traîtres, » |

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