‹ Les derniers corsaires DunkerqueChapitre 6 sur 58 · TS · texte numérisé non relu

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de s’embarquer (1). Le corsaire l’Espérance (120 tonneaux, 14 canons, 86 hommes réduits à 47), capitaine Kempinck, rend le bord après avoir échappé à la chasse d’un vaisseau anglais : le premier prêt, ül appareille le 7 octobre, emmenant Drummond, Sheridan, Talbot, Boyer et Brown; puis le Hareng- Couronné (120 tonneaux, 12 canons, 4 pierriers, 5l hommes), capitaine Pierre Berlamont, se met en route (13 octobre) avec des ofliciers des régiments de Lally et de Fitz-James, mille deux cent vingt-quatre fusils et d’autres armes pour mille deux cents hommes ; le 22, part le Neptune de Bordeaux (90 tonneaux, 6 canons, 21 hommes), capitaine Valery Jolly, et le £ novembre, la Sainte- Geneviève (80 tonneaux, 6 canons, 21 hommes), capitaine François Loiseau. Ces quatre corsaires débarquent heureusement leur monde à Montrose et à Stonehire, en dépit de l’amiral Byng qui croise sur les côtes d'Écosse avec neuf vaisseaux. Les lettres qu'ils rapportent annoncent les succès foudroyants de Charles-Édouard; le chevalier Stuart a pris passage sur le Neptune pour aller à Versailles en faire de vive voix le récit. Louis XV récompense Kempinck, Berlamont et Loiseau en octroyant à chacun une épée d’honneur (28 novembre).

On précipite un nouvel armement extraordinaire pour l'Écosse. Dèux frégates du roi, commandées par le lieutenant de vaisseau de Saint-Allouarn et l’enseigne de Rosmadeec, prêtées à des armateurs du Havre, relâchent à Dunkerque, pour réparer leurs mâtures sérieusement endommagées dans un combat livré à la côte d’Yarmouth contre un vaisseau de cinquante

(1) Lettres de Marville, II, p. 167, 169, 196.

canons. Le roi les affrète à leurs armateurs. On procède en hâte aux réparations nécessaires. Elles embarqueront cinquante officiers passagers, des munitions, de l’argent, et escorteront cinq corsaires où bâtiments de charge (1), la Jeanneton, capitaine FHarimck, la Ste- Thérèse, capitaine Michel Cosyn, le Louis-Quinze, capitaine Joseph Billevelt, la Paix, capitaine Olivier Jolly, la Renommée, capitaine Nicolas Quéhen. L’Espérance, de retour depuis le 17 novembre, leur servira d’avant-varde et de découverte. Le S.-Bernard, capitaine Teste, est affecté aux bagages. Ces navires recevront cinq cents hommes du régiment Royal- Écossais, quatre cents hommes pris dans les divers régiments irlandais, commandés par lord Drummond, frère du due de Perth. On les fournira de beaucoup plus de vivres qu'il n’en faut afin de dérouterles soupçons sur leur véritable destination, et donner à supposer qu'on les dirige sur Saint-Domingue. Le départ aura lieu d’Ostende. Précautions passablement ridicules : le secret, comme toujours, fut immédiatement

éventé. Le consul anglais à Flessingue envoie des es-

pions dans tous les ports, détache des navires pouren surveiller les mouvements, et envoie paisiblement

ses dépêches à son gouvernement par les paquebots

de Flessingue à Douvres (2).

La levée des équipages offre des difficultés ; on enrôle une bande de déserteurs de l’Élisabeth, arrivés à point nommé. La Fine part la première (26 novembre) avec l’Espérance, et la Renommée. Elle évite habilement une frégate anglaise en reconnaissance

(1) De 80 à 190 tonneaux, 2 à 12 canons et 25 hommes d'équipage. | (2) Guerre, Arch. hist., 81154, n. 219.

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