‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 101 sur 145 · LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LES VOYAGES

leur crédulité et non à la vertu de la relique. Ceci me rappelle une invention assez ingénieuse d'un savant géologue contemporain. Il était sur l'Etna, fort occupé à rassembler une collection des différentes laves formées par le courant igné de .cette montagne ; et les paysans lui étaient souvent fort désagréables, car ils supposaient qu'il cherchait des trésors. L'idée lui vint un jour de leur adresser l'allocution suivante : «J'ai fait le vœu, mes chers frères, d'emporter avec moi des morceaux de chaque sorte de pierres existant sur cette montagne; laissez-moi, je vous prie, faire mon devoir tranquillement, afin que je puisse recevoir l'absolution de mes péchés. » Ces paroles produisirent leur effet; les paysans se mirent à crier : Voilà un saint homme, un vrai saint ! et ils lui donnèrent toute l'assistance qu'ils purent pour l'aider à emporter tous les échantillons que son ambition de géologue convoitait. Par ce stratagème, il put faire sa collection en sûreté complète, et d'une façon très-agréable.

— Je n'admets pas la fraude pieuse, répondit l'Inconnu, môme dans le but de faire avancer la science. Mon chapelet n'éveille chez les autres qu'un sentiment de piété respectable, et quant à moi je continue de le porter en souvenir d'un

LA NATURE. 21n

tiques, Juliennes, et Styriennes, avec les Alpes de Salzbourg. La variété du paysage, la verdure . des prairies et des arbres, la hauteur des montagnes, la grandeur et la limpidité des fleuves et des lacs, donnent selon moi à ce pays une grande supériorité sur la Suisse. iLe monde y est beaucoup plus aimable; et, qu'ils soient Illyriens, Italiens ou Allemands, sous leurs costumes divers et malgré leurs mœurs variées, ils ont tous la même simplicité de caractère ; ils sont tous animés par un vif amour de la patrie, une grande ferveur et une profonde pureté de foi, une honnêteté exemplaire, et je puis dire, sauf quelques exceptions , une douce politesse envers les étrangers.

Dans l'été de la vie, j'avais déjà visité ce beau panorama en compagnie d'une personne qui m'avait fait goûter, en même temps que le plaisir d'une amitié intellectuelle, le bonheur ineffable d'une affection pure. Plus tard, j'y trouvai la fraîcheur, le repos et la tranquillité, après la violence d'une passion funeste, en sortant de l'atmosphère brûlante d'un été italien. A une époque plus avancée encore, j'y cherchai et j'y trouvai la consolation et la convalescence, après une maladie dangereuse qui était résultée d'un long travail et d'une surexcitation mentale. Là enfin j'avais

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