‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 102 sur 145 · LE LAC .DE TÎIAUN · texte numérisé non relu

LE LAC .DE TÎIAUN

s'élèvent en ondulations gracieuses, et la perspective n'est bornée que par les hautes montagnes, ici couronnées de pins et de mélèzes, là perdant au delà d'un voile de nuages leurs cimes d'albâtre argentées des neiges éternelles. La partie inférieure du lac de Traun est toujours transparente, môme pendant la saison des pluies. Du lac azuré le fleuve descend, se précipitant sur des masses de roches, sur une imposante largeur, restant limpide comme le béryl, et du même teint verdâtre. La chute de la Traun, à trois lieues à peu près de Gmûnden, était un de nos lieux de prédilection. C'est une cataracte qui, à l'époque où la rivière est pleine, peut se comparer avec celle de Schaff-

1. Nous préférons personnellement de beaucoup la chute du Rhin près de Schaffouse à celle de la Traun près de Gmiinden. On sait que cette chute magnifique, à quelques heures en amont de Bâie, tombe d'une hauteur de près de cent pieds, sur une largeur de près de trois cents qu'offre le Rhin en cette région (à Lauûen). C'est un des beaux spectacles de la Suisse orientale. — La Traun est une rivière des Étals autrichiens, qui naît dans le N.-O. do la Styrie, forme le lac qui porte son nom, et en sort à Gmiinden, pour se jeter dans !o Danube non loin de Lintz. Cette cataracte, ou plutôt cette cascade, est moins grandiose que la première, mais encadrée de paysages paisibles, silencieux et solitaires, c. F.

house; elle offre le même caractère grandiose dans la descente violente et imposante de ses flots, aussi bien que dans les teintes de ses eaux et de son écume, dans les formes des rochers au-dessus desquels elle passe, et dans les falaises et les bois qui la dominent.

Le modeste passe -temps de la pêche à la ligne était à cette époque (comme aujourd'hui encore) un plaisir fayori pour moi. Il m'a donné lieu de faire de patientes observations sur les variations des eaux suivant celles de l'atmosphère, sur les habitudes et les instincts si curieux des petits êtres qui habitent au sein de l'élément liquide. Je passais de longues heures h pêcher le saumon et la truite (qui frayent au commencement de l'hiver), la carpe, le brochet, la tanche (qui frayent au printemps et au commencement de l'été), les prenant en compagnie des petits poissons, soit à la ligne, soit au filet. Les ruisseaux qui se jettent dans la Traun, le canal qui y aboutit, ont été le théâtre principal de mes pêches, ordinairement faites avec le docteur dont j'ai parlé plus haut et avec quelques rares amateurs

1. Nous ne pouvons nous empêcher de signaler ici, à ce propos, le travail que notre savant auteur a écrit lui-môme sur la pêche, les poissons et les eaux. Nous devons nous

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