‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 110 sur 145 · LA CAVERNE D'ADELSBERG · texte numérisé non relu

LA CAVERNE D'ADELSBERG

aussi fidèlement que ma mémoire me le permettra.

Eubathès. — On doit être ici de plusieurs centaines de pieds au-dessous de la surface ; cependant la température de cette caverne est bien agréable.

L'Inconnu. — .Cette caverne a la température moyenne de l'atmosphère, ce qui est la condition générale de toutes les cavités souterraines situées hors l'influence solaire. Au mois d'août, par un temps de chaleur comme aujourd'hui, je ne connais pas de manière plus salutaire ni plus agréable de prendre un bain froid, que de descendre à des profondeurs établies à l'abri de l'action des températures élevées.

Eubathès. — Àvez-vous déjà visité ce pays •dans vos nombreuses périgrinations scientifiques?

L'Inconnu. — Voilà le troisième été que j'en fais l'objet d'une visite annuelle. Indépendamment des beautés naturelles de ces régions charmantes de rillvrie et des sources variées d'agrément que l'amateur des curiosités de l'histoire naturelle peut y trouver, il a eu pour moi un objet d'intérêt tout particulier dans les animaux si

extraordinaires qui se trouvent au fond de ces cavités souterraines. Je fais allusion au proteus anguinus, lequel est incontestablement plus merveilleux à lui seul que toutes les autres curiosités zoologiques de la Carniole, dont le baron Valvasor a entretenu la Société royale, il y a un siècle et demi, avec ua enthousiasme un peu romanesque pour un savant.

Philalétuès. — En voyageant dans ce pays, j'ai déjà vu ces animaux; je serais désireux cependant de mieux connaître leur histoire naturelle.

L'Inconnu. — Nous allons entrer tout à l'heure dans les solitudes de la grotte où ils se tiennent. Je vous ferai part volontiers du peu que j'ai pu apprendre sur leur caractère et sur leurs mœurs.

Ecbathès. — À mesure que nous avançons dans cette vaste et silencieuse caverne, je sens mon âme plus impressionnée devant ces constructions géologiques si longtemps cachées au regard de l'homme. Ces piliers naturels, ces voûtes qui se soutiennent d'elles-mêmes prennent maintenant — voyez ! — des proportions gigantesques. Je n'ai vu aucune caverne souterraine réunissant de pareils traits de beauté et de magnificence. L'irrégularité de sa surface , la gran-

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