‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 114 sur 145 · LA CHALEUR VITALE · texte numérisé non relu

LA CHALEUR VITALE

son chimique où il y a absorption d'oxygène et formation d'acide carbonique, il y a de la chaleur produite; je pourrais en citer mille cas, depuis la combustion du bois ou de l'esprit de vin, jusqu'à la fermentation des fruits et la décomposition organique de la matière animale. Ce fait général, qu'on peut regarder comme une loi, est favorable au système du docteur Black. Une autre circonstance, également favorable à ce môme système, c'est ce fait, que les animaux qui sont doués de la plus haute température sont précisément ceux qui consument la plus grande quantité d'air ; et # en considérant l'état d'activité et l'état de repos, on reconnaît que la chaleur est en grande partie proportionnelle à la quantité d'oxygène consumée. Réciproquement, les animaux qui absorbent la plus petite quantité d'air sont les animaux à sang froid. Un autre argument encore en faveur de ce môme système, c'est le changement de couleur du sang, du noir au rouge, qui semble montrer qu'il y a une perte de carbone. Donc la chaleur vitale vient simplement de l'action chimique de l'air sur le sang.

L'Inconnu. — Malgré tout mon respect pour le savant docteur Black et les opinions de son élève, je répondrai à ses arguments. Je n'admets pas

qu'aucun fait ni aucune loi de l'action de la matière morte puisse s'appliquer aux structures vivantes ; le sang est un fluide vivant qui ne brûle pas dans la respiration. Les mots chaleur et froid, appliqués au sang des animaux, sont impropres dans le sens où l'on vient de les employer. Tous les animaux sont véritablement à sang chaud, seulement leur degré de température est approprié aux circonstances dans lesquelles ils vivent. Les animaux dont la vie est la plus active possèdent le plus de chaleur ; ce qui peut être le résultat de leur activité en général, et non pas un effet particulier de la respiration . D'ailleurs un physiologiste distingué 1 a démontré, comme probable, que la chaleur animale dépend plus des fonctions des nerfs que du résultat de la respiration. L'argument basé sur le changement de couleur est complètement faux. 11 n'est pas prouvé que, si le carbone est expulsé du sang, celui-ci doit devenir plus clair ; le soufre combiné avec du charbon devient un fluide transparent, et un oxyde noir de cuivre devient rouge lorsqu'on le combine avec une substance riche en carbone. De tels changements dans les qualités apparentes des corps n'indiquent pas précisément

i. Sir B. Brodie, do Londres,

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